IV. 5(j
Quand vous m'enverrez la liste de vos amis, accompagnez-la de notes.
Si j'en connais pas un, je veux être pendu.
besoin et rienï » il dit, d'un ton mcconlenl : Je liai besoin de rien du tout : qu'on me laisse en paix! Ayant dit : Madame! \,\ nièce crut qu'on rappelait : il dit : ]Son. Sur sa demande si c'est la i;arde qu'il voulait, il dit : Oui. IJenri Martin et Carnot rentrèrent dans le cabinet de travail. Ouand vint madame de Grandville, elle s'approcba du lit et dit : « Je suis Antoinette; me reconnaissezvous? » 11 dit : Parfaitement; je suis bien aise devons voir... Mais f ai affaire avec mes amis. La nièce et son amie ayant promis de ne plus faire de tentatives, elles restèrent au bout du. canapé à prier. !\I. Lamennais se sentait mourir ; il dit à l'un de nous : Ce sera pour cette nuit ou la prochaine.
« A cinq heures moins un quart, Armand Lévy étant près du lit. Lamennais lui dit : Il faudrait aller trouver M. ÉmileForrjues, rue de Touriion, 2, pour lui dire de venir tne voir demain matin ou plutôt ce soir. krmanàLéyy râtela cette parole à Auguste Barbet, et Carnot partit pour la rue de Tournon avec Henri Martin, et revint avec Emile Forgnes sur les cinq heures et demie. Auo^uste Barbet ayant prévenu le malade de l'arrivée de M. Forgnes, celui-ci entra, se pencha près du malade; M. Lamennais lui parla de la publication de ses œmTes, dont il le charjreait par ses testament et codicille, et dit entre autres choses : Soyez ferme ! on essayera de vous circonvenir; publiez tout, saris changer 7n retrancher ! Forgues dit : « Vos volontés seront exécutées complètement, sans qu'il y soit changé un point ou une virpi^ile, je vous le jure ! » Alors, se retournant vers nous, et rentrant dans le cabinet de travail de M. Lamennais, près la cheminée, Forgnes répéta : u M. Lamennais m'a dit : « Soyez ferme ! on « essayera de vous circonvenir. » Je l'ai juré, je publierai tout ce que je trouverai. «
« Dans la soirée, Armand Lé\^i s'approcha de la nièce de M. de Lamennais et de madame de Grandville qui étaient au salon. Elles lui dirent : « 11 est bien triste devoir mourir et mourir comme cela. Car, enfin, ajouta la nièce, c'est lui qui m'a faite chrétienne ». Armand Lévy répondit : « La chose première, c'est que la volonté du mourant soit respectée )>. La nièce dit : « C'est vrai, et sa volonté est malheureusement trop évidente ». Il ajouta : « Si M. Lamennais eût voulu un prèlre, nous eussions été le chercher aussi vite que nous avons couru chez M. Forgnes ». La nièce paraissait touchée de l'empressenient qu'avait mis M. Barbet à la faire prévenir, et elle le disait. Cette conversation fut répétée à 1 mstant aux personnes qui étaient dans l'autre ])ièce.
« La lucidité de M. Lamennais fui parfaite toute cette journée du dimanche. Sa niain consena longtemps de la force. A dix heures du soir, il buvait avec une cuiller, sans renverser, s'iinpatieiitant si on voulait soulenir sa niain. Le docteur Jallat qui, le matin, était venu sur les huit heures et demie et était reparti, revint sur les deux heures et resta jusou'au soir. La garde-malade, (pii veilla M. Lamennais depuis le jeudi t>5 février jusqu'à la fin, l'autre garde étant tombée malade, est madame Valleton ; elle ne le quilta i)as. Tout le dimanche soir. clia(]ue personne qui se présentait put entrer; il entra même une personne qui n avait jamais vu M. Lamennais. Entre antres personnes (|ui vinrent ce soii-ii
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