‹ Correspondance de Bossuet (volume 3)Chapitre 108 sur 308 · Ici, à Meaux · texte numérisé non relu

Ici, à Meaux

2. M. de l'Jsle, peut-être un parent de Nicolas Pajot, abbé de Saint-Jacques de Provins (1712-1781) et d'Elisabeth Pajot de l'Isle, abbesse de Notre-Dame à Meaux en 1729.

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lument que tout le monde s'y confesse à l'ordinaire, ne pouvant en aucune sorte souffrir cette diversité qui vous rejetterait dans de nouveaux troubles. Déclarez donc à vos Sœurs que c'est un ordre général et irrévocable, et lisez-leur cette lettre.

Plus je connais ce prêtre, plus je le trouve saint et éclairé ; et Dieu m'a fait ressentir qu'il fera un grand bien à la Communauté. Je lui ai parlé de certaines choses qui pouvaient faire de la peine : c'étaient de bonnes pratiques en elles-mêmes, mais que je ne croyais pas bonnes pour votre Communauté. Il en connaît les raisons ; et il n'aura pas encore été trois mois dans cet exercice, que vous ressentirez que la grâce de Dieu est en lui.

Mais je suis bien aise de vous dire (vous voyez, ma Fille, que c'est à la Communauté que je parle), qu'il y a un manquement essentiel parmi vous ; c'est que chacune rapporte à sa compagne ce qu'on lui dit et ce qu'on lui ordonne dans la confession, tant par conseil que par pénitence. C'est une mauvaise et très injuste pratique : mauvaise, parce qu'elle est contre la révérence due au sacrement et à son ministre ; injuste et très injuste, parce qu elle expose au blâme un confesseur à qui il n'est pas permis de se défendre3. Il est juste que l'Eglise, qui lui ferme la bouche, la ferme aussi à celles qui pourraient parler contre lui. Qu'on ne le fasse plus, par considération de mon juste désir1, et qu'on ne m'oblige pas à des défenses

3. Attendu qu'il est tenu au secret sacramentel. 4- C'est-à-dire : que, par considération de mon juste désir, on ne le fasse plus.

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absolues. Ne souffrez pas, ma Fille, que vos Sœurs aient de fréquentes et longues conversations avec les directeurs que je tolère. Si je n'apprends à mon retour qu'on est sur ce point dans la modération nécessaire, je serai contraint à révoquer tous les pouvoirs.

Pour vous, ma Fille, qui, Dieu merci, êtes exempte de toutes les choses qui font le sujet de cette lettre, rendez-en grâces à Dieu, vous et celles qui sont aussi dans la même pratique que vous, et inspirez ce sentiment aux autres. En votre particulier, suivez sans crainte votre attrait, qui est bon. J'ai fait beaucoup de réflexions sur tout ce que vous m'avez dit de votre état ; et très content de ce récit, je n'ai qu'à vous exciter à vous perfectionner dans cette voie, qui est simple et droite.

Je remercie la Communauté du présent que M. Morin5 m'a apporté de sa part, et suis, ma Fille, bien persuadé que mon portrait est dans les cœurs, gravé par les saints sentiments que Dieu m'a fait la grâce d'y porter selon mon ministère.

A vous de bon cœur.

J. Bénigne, é. de Meaux.

J'oubliais de vous dire que je parlerai à toute la Communauté avant les élections6.

5. L'un des frères de Mme de Sainte-Agnès, Charles Morin, médecin et élu en l'élection de Meaux, ou Pierre Morin, docteur en théologie et chanoine de Meaux.

6. M. Lebarq (OEuvres oratoires, t. VI, p. 33i-3/|5; cf. Histoire de la prédication de Bossuet, p. 34a) donne une instruction sur le silence, prononcée aux Ursulines de Meaux, et qu'il conjecture annoncée ici.

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