‹ Correspondance de Bossuet (volume 3)Chapitre 107 sur 308 · A Mme de Sainte-Agnès · texte numérisé non relu

A Mme de Sainte-Agnès

[A Meaux, du 1 4 au 2^] janvier 1686.

Je croyais, ma Fille, pouvoir vous voir avant mon départ, et dire à la Communauté ce que Dieu demande d'elle en cette occurrence : c'est de se dépouiller de toute vue particulière sous les yeux de Dieu, en sorte qu'on ait dans le cœur ce sentiment. Si cela est, Dieu donnera ses lumières, et le Saint- Esprit présidera à vos élections : ainsi soit-il. Je ne puis pas dire précisément quand je les ferai faire : des affaires peuvent me retenir plus ou moins ; tout ce que je vous puis dire, c'est que mon cœur me rappelle continuellement ici1, et que votre Communauté a beaucoup de part à l'attrait que je ressens.

J'apprends avec déplaisir qu'il y en a qui ne se confessent pas à M. de L'Isle2 ; je vous prie de déclarer de ma part à la Communauté que je désire abso-

Lettve 366. — Deforis n'indique ni le lieu ni le jour où cette lettre fut écrite. Elle le fut à Meaux, et le jour même ou la veille du départ de Bossuet pour Paris, où il prononça, le 25 janvier, l'oraison funèbre de Michel Le Tellier. On va voir, en effet, que le prélat dit : « Mon cœur me rappelle continuellement ici, et votre communauté a beaucoup de part à l'attrait que je ressens. » Donc il est encore dans la même ville que sa correspondante, c'est-à-dire à Meaux. Et, d'autre part, la lettre précédente nous montre que Bossuet était encore à Meaux le i3 janvier; celle du 5 du même mois, qui fait allusion à un départ, ne le donne pas comme prochain. — Sur Mme de Sainte- Agnès, nommée dans le monde Marguerite Morin, voir plus haut, p. 117. Ledieu (t. IV, p. 99) nous apprend que la Mère de Sainte- Agnès fut hostile à Mme de La Maison fort.

Page 1