Bossuet écrit : Obrect
Lettre 376. — Cette lettre a été imprimée dans la Séduction éludée, p. 22 et suiv. (Voir plus haut, p. 1^8) et dans les Mémoires de J. Rou, t. I, p. 229. Elle a aussi été insérée par Jurieu dans la pre-
avril 1686] DE BOSSUET. 2o5
réponse que vous avez faite à ma première lettre1. J'y ai trop reconnu un caractère étranger et un style de ministre2, pour vous l'attribuer: en un mot, j'ai senti qu'elle ne venait pas d'un esprit comme le vôtre ; mais, quand elle en serait venue, je ne cesserais pas pour cela de vous inviter au retour.
J'ai vu, dans une lettre que vous écrivez à Mademoiselle deVrillac3, que la vraie Eglise ne persécute pas. Qu'entendez-vous parla, Monsieur? Entendezvous que l'Eglise par elle-même ne se sert jamais de la force? Cela est très vrai, puisque l'Eglise n'a que des armes spirituelles. Entendez- vous que lesprinces, qui sont enfants de l'Eglise, ne se doivent jamais servir du glaive que Dieu leur a mis en main pour abattre ses ennemis? L'oseriez- vous dire, contre le sentiment de vos docteurs mêmes, qui ont soutenu par tant d'écrits que la République de Genève avait pu et dû condamner Servet4 au feu, pour avoir nié la divinité du Fils de Dieu? Et, sans me servir des
mière de ses Lettres pastorales, première année ; les remarques de ce ministre se trouvent dans sa seconde Lettre pastorale.