Deforis : Il ne me sera pas difficile
avril 1 686] DE BOSSUET. 2l5
mêmes, sans que j'aie eu besoin de me donner la peine de les combattre.
Cet auteur dit premièrement, que la Sorbonnen'a pas voulu donner son approbation à mon livre. Mais tout le monde sait ici que je n'ai jamais seulement songé à la demander. La Sorbonne n'a pas accoutumé d'approuver des livres en corps. Quand elle en approuverait , je n'aurais eu aucun besoin de son approbation , ayant celle de tant d évêques, et étant évêque moimême. Cette vénérable Compagnie sait trop ce qu'elle doit aux évêques , qui sont naturellement et par leur caractère2 les vrais docteurs de l'Eglise , pour croire qu 'ils aient besoin de l'approbation de ses docteurs ; joint que la plupart des évêques qui ont approuvé mon livre, sont du corps de la Sorbonne3, et moi-même je tiens à honneur d'en être aussi. C'est une grande faiblesse de me demander que j'aie à produire l'approbation de la Sorbonne, pendant qu'on voit dans mon livre celle de tant de savants évêques, celle de tout le clergé de France dans l'Assemblée de 1682, et celle du Pape même.
Vous voyez par là, mon Révérend Père, que c'est une fausseté toute visible de dire qu'on ait supprimé4 la première édition de mon livre, de peur que les docteurs de Sorbonne n'y trouvassent à redire. Je