Deforis : attestations
18. C'est Sébastien Mabre-Cramoisy. Voir plus haut la lettre 373.
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rite de l'Eglise, avec des réflexions sur les réponses de ce ministre.
Dans ces traités, je tâche de prévoiries objections principales, et d'y donner des réponses dont les gens sensés soient contents. Après cela, de multiplier les disputes, et de composer livres sur livres, pour embrouiller les questions et en faire perdre la piste ; ni la charité ne me le demande, ni mes occupations ne me le permettent.
Vous pouvez envoyer cette lettre en Angleterre : le Révérend Père qui a désiré ces éclaircissements, en prendra ce qu'il trouvera convenable. S'il trouve qu'il soit utile de dire qu'il a appris de moi-même ce qui regarde ces faits et mes intentions, il le peut ; et il peut aussi assurer sans crainte qu'il n'y a rien qui ne soit public et certain. Je lui suis très obligé de ses travaux ; s'il désire quelque autre chose de moi, je le ferai avec joie.
Donnez-moi les occasions de servir votre sainte Communauté, que j honore il y a longtemps, et suis avec beaucoup de sincérité19, mon Révérend Père, votre bien humble et très affectionné serviteur. J. Bénigne, é. de Meaux.
19. Cette phrase finale ne se lit pas dans le volume anglais, mais seulement dans Deforis.
222 CORRESPONDANCE [avril 1686
38o. — Au P. Abel-Louis de Sainte-Marthe.
A Germigny, 22 avril 1686.
Mon Révérend Père, je ne puis assez vous remercier de m'avoir donné pour la mission de Claye * d'aussi honnêtes gens que ceux que vous m'avez donnés. Ils ont attiré le respect de tout le monde et même des malheureux convertis, et, s'ils ne les ont pas encore réduits, ils ont jeté dans leurs cœurs des semences qui avec le temps auront leur fruit, s'il plaît à Dieu2. Je suis ravi d'avoir fait connaissance
Lettre 380. — L. a. s. Archives Nationales, M 232. Publiée d'abord par le P. H. Colombier dans les Études des P. P. Jésuites, novembre 1877, p. 745. — La lettre est adressée au Général de l'Oratoire, qui était alors le P. Abel Louis de Sainthe-Marthe.
1. Claye, sur l'Ourcq, est aujourd'hui un chef-lieu de canton de l'arrondissement de Meaux. Autrefois, cette petite ville était un prieuré-cure appartenant aux Chanoines réguliers de Sainte-Geneviève. A la suite de la révocation de l'édit de Nantes, il s'y fit d'assez nombreuses abjurations de protestants. Rossuet ne se dissimulait pas le peu de conviction des nouveaux convertis. Pour les éclairer davantage, il fit donner à Claye une mission, qui dura du 3 mars au 21 avril 1686, c'est-à-dire du premier dimanche de Carême au dimanche de Quasimodo, et qui fut prêchée par des Pères de l'Oratoire. C'étaient les P. P. Aveillon, Alexis du Pollet, Louis Perdrigeon et Jean Prestet, aidés du P. de La Rue, prieur-curé de Juilly. Au cours de cette mission, Bossuet fit plusieurs voyages à Claye, et adressa la parole au peuple (Voir Lebarq, OEuvres oratoires, t. VI, p. 348), et c'est de là qu'il data, le 24 mars 1686, sa célèbre Lettre pastorale aux nouveaux catholiques de son diocèse. 11 revint à Claye le
18 avril pour la clôture de la mission, et y resta jusqu'au 21 (Revue Bossuet, 25 octobre 1900, p. 235 et suiv. ; E. Griselle, De rnunere pastorali, Paris, 1901, in-8, p. 5o).
2. Une lettre adressée le i3 mars à son Général par le P. Aveillon, chef de la mission, nous renseigne sur les dispositions des nou-
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avec le P. Aveillon 3, qui est un homme d'une sagesse et d'une capacité extraordinaire. Nous aurons souvent besoin d'un secours semblable, et quand j'aurai l'honneur de vous voir, je vous en entretiendrai. J'ai voulu amener ici le P. du Pollet4 et les autres Pères pour y prendre un peu de repos, et je vous assure qu'après un aussi grand travail, ils méritent bien que vous leur en donniez.
Je suis avec une estime et une considération particulière, mon Révérend Père, votre très humble et très obéissant serviteur.
Suscription : Au Révérendissime Père Général de l'Oratoire, à la maison de Saint-Honoré, à Paris.
veaux convertis :« Je voudrais bien, monR. P., être en état de vous rendre plus souvent compte de ce que nous faisons et de vous renouveler en même temps mes très humbles obéissances. Le travail augmentera de plus en plus, mais, pour le fruit, il ne paraît pas encore à l'égard des prétendus convertis. Ils sont le plus mal disposés du monde. Nous avons commencé des conférences particulières ; nous en attendons le fruit de la miséricorde de Dieu, que je vous supplie de bien prier pour cela. Je rends compte de tout à Mgr de Meaux, qui m'a fait l'honneur de me mander que l'indisposition du Roi l'empêche de venir si tôt. » (Publiée par M. A. Gasté, dans Bossuet, lettres et pièces inédites, Caen, 1893, in-8, p. 22.)
3. Jean-Joseph Aveillon (né au diocèse de Lyon en 1620, entré à l'Oratoire en i653, mort à Paris le 29 mai I7i3) était alors visiteur de sa Congrégation et supérieur de la maison de Paris. Il a publié des Exercices spirituels pour une retraite de dix jours, Paris, 1699; 2e édition, Paris, T73o, in-12.
4- Le P. Robert Alexis Pollet ou du Pollet était né à Dieppe en i646. Entré à l'Oratoire en 1 665, il avait quitté la Congrégation, puis y était rentré en 1681. Il mourut à Rouen, le 5 décembre i6g3.
Les autres oratoriens employés à la mission étaient les P. P. Perdrigeon et Prestet.
Louis Perdrigeon devait mourir curé de Montmorency, le 19 août 1735, après avoir été supérieur de Juilly, de 1688 à i6q3.
224 CORRESPONDANCE [avril 1686
38i. — J.-B. Seignelay a Bossuet.
3o avril 1686.
Monsieur, Après avoir rendu compte au Roi de ce que vous m'avez écrit au sujet des enfants des nouveaux convertis de votre diocèse que les pères et mères négligent d'envoyer aux écoles et aux instructions qui se font dans les paroisses, Sa Majesté a résolu d'écrire sur ce sujet aux intendants pour leur dire d'obliger les pères et mères de les y envoyer, et vous pourrez agir de concert avec M. de Menars1 sur tout ce qu'il y aura à faire à cet égard dans votre diocèse. Je suis...
Jean Prestet, né à Chalon-sur-Saône en 16^8, de François Prestet, huissier au bailliage, et d'Elisabeth Boulin, entré à l'Oratoire en 1675, fut un des plus habiles mathématiciens de son siècle. Il mourut à Marines, le 8 juin 1690. Ses Eléments de mathématiques publiés d'abord à Paris, 1675, in-4, furent réimprimés en 1689, et formèrent 2 vol. in-4 (Voir Batterel, Mémoires, t. IV, p. 432-437).
Lettre 381. — Copie dans les registres de la secrétairerie d'Etat, Archives Nationales, O^o, f° iAg v°. Publiée dans Bossuet dévoilé par un prêtre de son diocèse, éd. Ch. Read, Paris, 1875, in-8, p. 28.
I. Voici la lettre qui fut, en conséquence, envoyée, le 2 mai 1686, à M. de Menars, intendant de Paris, à Antoine Bossuet, intendant de Soissons, et à M. de Morang-is, intendant de Caen.
« J'ai été informé que plusieurs nouveaux catholiques négligent d'envoyer leurs enfants aux écoles du lieu de leurs demeures et aux instructions et catéchismes qui se font dans leurs paroisses, en sorte qu'ils pourraient rester sans être instruits de leur religion s'il n'y était pourvu, ce qui m'oblige de vous écrire cette lettre pour vous dire que mon intention est que vous fassiez savoir à mes sujets nouveaux catholiques que je veux qu'ils envoient régulièrement leurs enfants aux écoles et instructions et catéchismes qui se font dans leurs paroisses, et, en cas qu'ils y manquent, mon intention est que lesdits enfants soient mis, de l'ordonnance des juges des lieux, savoir les garçons dans des collèges et les filles dans des couvents, et que leur pension soit payée sur les biens de leurs pères et mères, et, en cas qu'ils n'aient point de bien, qu'ils soient reçus dans les hôpitaux des lieux les plus prochains, voulant que vous fassiez savoir à tous les juges de votre départemeut mes intentions sur ce sujet et que vous
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