G. de Witte. Cf. p. 212, note
2l8 CORRESPONDANCE [avril 1686
quand cet homme se vante d'être condamné pour avoir nié ces erreurs que personne ne soutint jamais, il montre autant de malice que d'ignorance.
Pour le pasteur de Sainte-Marie de Malines, qu'on dit être un homme de mérite, j'ai vu un petit imprimé de lui intitulé Motivum Juris12, où il avance que le Pape est dans l'Eglise ce que le président est dans un conseil, et le premier échevin ou le bourgmestre, comme on l'appelle dans les Pays-Bas, dans la compagnie des échevins : chose très éloignée de Y Exposition, où je reconnais le Pape comme un chef établi de Dieu, à qui on doit soumission et obéissance. Si donc la Faculté de Louvain a censuré cet écrit, je ne prends point de part dans cette dispute. Et, d'ailleurs, mon Exposition est si peu rejetée dans les Pays-Bas, qu'au contraire elle y paraît imprimée à Anvers en langue flamande u, avec toutes les marques de l'autorité publique, tant ecclésiastique que séculière.
Pour ces prétendus passages qu'on prétend que j'ai corrigés dans une seconde édition, de peur de fâcher la Sorbonne, c'est, comme vous voyez, un conte en l'air ; et je répète que je n'ai ni publié, ni avoué, ni fait faire aucune édition de mon ouvrage que celle que l'on connaît, où je n'ai jamais rien changé.
12. Motivum juris seu justa defensio convivalis disputa tionis habita; cum medicis licentiatis die 8 Julii an. i685, per E. D. W. E. B. M. T. D. P. D., in-4.
i3. Voir t. II, p. 63. Une première édition parut en 1678, la seconde en 1681, une troisième en 1684 (Revue Bossuet, juillet 1902, p. 191).
avril 1686J DE BOSSUET. 2IQ
Il est vrai que, comme ce petit traité fut donné d'abord écrit à la main, pour servir à l'instruction de quelques personnes particulières, et qu'il s'en répandit plusieurs copies, on le fit imprimer sans ordre et sans ma participation11. Personne n'en improuva la doctrine ; et moi-même, sans y rien changer que quelques choses de nulle importance, seulement pour l'ordre et pour une plus grande netteté du discours et du style, je le fis imprimer comme on l'a vu. Si là-dessus on veut croire que j'aie été en quelque sorte contraire à moi-même, c'est être de trop facile croyance.
Mais, quand ainsi serait ,3, et que, pour mettre mon ouvrage hors de toute atteinte, je me serais en quelques endroits corrigé moi-même, ce que, Dieu merci, je n'ai pas eu besoin de faire, tant s'en faut qu'on en eût dû moins estimer l'ouvrage, qu'au contraire ce serait une preuve que je serais venu à bout de le mettre en si bon état que la Sorbonne ni qui que ce soit n'y pût rien trouver à redire, comme en effet aucun catholique n'y reprend rien16.
La dernière objection que me fait le ministre anglais, c'est que je suis assez fertile à faire de nouveaux livres, mais que je ne réponds pas à ce qu'on écrit contre mes ouvrages ; d'où il conclut que je
1^. A Toulouse. Cf. la Revue Bossuet, avril 1902, p. ia4i5. Quand ainsi serait, quand il en serait ainsi, quand cela serait vrai. Puis quand ainsi serait que, selon ta prière,
Elle aurait obtenu D'avoir en cheveux blancs terminé sa carrière, Qu'en fût-il advenu ?
(Malherbe, Consolation à M. du Perrier.") 16. Cet alinéa manque dans Deforis et dans ses successeurs.
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reconnais qu'on ne peut pas les défendre. Il est vrai que j'ai fait trois petits traités de controverse, dont l'un est celui de Y Exposition. Sur celui-là, comme on objectait principalement que j'avais adouci et déguisé la doctrine catholique, la meilleure réponse que je pouvais faire était de rapporter les approbations 17 qui me venaient naturellement de tous les côtés de l'Europe, et celle du Pape même, réitérée par deux fois. Cette réponse est sans repartie; et j'ai dit ce qu'il fallait sur ce sujet-là, dans un Avertissement que j'ai mis à la tête de l'édition de 1676.
Si le Père qui vous a envoyé les objections du ministre anglais n'a pas connaissance de cet Avertissement, je vous prie de le prendre chez Cramoisy 18, en vertu de l'ordre que vous trouverez dans ce paquet, et de l'envoyer à ce Père, comme il a été imprimé en 1686, parce que j'ai ajouté dans cette édition l'approbation du Clergé de France, et une seconde approbation très authentique du Pape.
Que si ce Père veut prendre la peine de joindre à la traduction de Y Exposition, celle de cet Avertissement et des approbations qui y sont jointes, il rendra son travail plus profitable au public, et il fermera la bouche aux contredisants.
Quant aux deux autres petits traités que j'ai composés sur la controverse, l'un est sur la Communion sous les deux espèces; et l'autre, c'est ma Conférence avec M. Claude, ministre de Charenton, sur l'auto-