‹ Correspondance de Bossuet (volume 3)Chapitre 140 sur 308 · Fribourg-en-Brisgau, i63i, in · texte numérisé non relu

Fribourg-en-Brisgau, i63i, in

9. Leopold von Kollonitsch, évêque de Wiener-Neustadt de 1670 à i685, transféré à Raab, nommé cardinal en 1686, archevêque de Colocza en 1691, devint en i6g5 archevêque de Gran (Strigonium), primat de Hongrie, et mourut le 20 janvier 1707.

10. Ce livre anonyme parut à Vienne en 1681, in-4- J. Ghr. Adelung, Fortsetzung und Erganzungcn :u Chr. Th. Jôchers allgemeinem Gelehrten-Lexico, Leipzig, 1784, 6 vol. in-4, t. I, p. 443. L'expression

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M. l'Électeur de Saxe " a fait répondre par un professeur de Leipzig appelé Valentinus Alberti12. L'un et l'autre de ces deux ouvrages est écrit en allemand, aussi bien que la plupart de ceux qui les ont précédés.

A ce que je me souviens, on reproche aux luthériens principalement les changements qui paraissent dans l'édition qui a été faite de la Confession d'Augsbourg à Wittemberg, en l'an i54o, et la diversité qu'il y a entre cette édition et toutes celles qui lui sont antérieures, depuis celle de l'an i53o. En outre, on leur objecte que de plusieurs exemplaires allemands, même des plus authentiques, comme sont ceux qui sont dans la bibliothèque de l'Empereur et dans les Archives de l'Empire à Mayence, il n'y en a pas deux qui se ressemblent, non plus que l'édition allemande de l'an i58o et celle de 1628, dont ils font le plus de cas, et que les exemplaires latins en diffèrent encore davantage. Le nombre des passages où l'on leur montre cette discrépance13 est presque infini, de plus grande et de moindre importance.

d'Obreeht, tout nouvellement, doit s'entendre par comparaison avec les ouvrages précédents, beaucoup plus anciens.

11. Jean Georges III, électeur de Saxe en 1680, mort le 22 septembre i6gi.

12. Valentin Alberti (i635-i6o,7), professeur de théologie à Leipzig. Il composa de nombreux écrits polémiques contre Puffendorf, Thomasius, et surtout contre les adversaires de la confession d'Augsbourg. Nous citerons seulement : Examen professionis fidei Tridentinœ, necnon Exposilionis doctrinx catholicœ J.-B. Bossueti, in XXV disputationibus publiée institution. Leipzig, 1692, in-12, et Epistola apologetica ad J.-B. Bossuetum, in qua ostenditur quant frivole et inepte G. Hagemannus contra Albertum et pro Bossueto scripserit, Leipzig, 1696, in-12. La réponse de V. Alberti, demandée par l'électeur de Saxe, est intitulée : Griïndliche Widerlegung eines pâpstlichen Bûches Augustana et antiaugustana genannt, Leipzig, 168/î, in-4-

i3. Discrépance (latin discrepantia), divergence, désaccord. « Qui voudra bien considérer ceci, ne trouvera aucune discrépance en ce que icelui saint Jehan l'apôtre a écrit avec les autres trois » (Cl. de Seyssel, Hist. ecclés.). « Qui voudrait toutefois juger par les apparences, si c'est par toutes, il est impossible, car elles s'entr'empèchent par leurs contrariétés et discrépances » (Montaigne, Essais, II, xn).

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Les luthériens, dans leurs réponses, commencent par rejeter entièrement l'édition de Wittemberg de l'an i54o. Ils disent qu'elle est un effet delà faiblesse de Mélanchthon, qui s'est voulu accorder par là avec les Suisses14 ; qu'elle n'a jamais été reçue parmi eux ; qu'au contraire, l'auteur en a été repris sévèrement au nom de l'Electeur de Saxe15 par son chancelier nommé Pontanus16, et qu'il a été obligé de l'abandonner entièrement aux colloques de Worms et de Ratisbonne17.

Quant aux autres éditions, ils disent qu'il y en a qui ont été corrompues par les imprimeurs, et qu'ils ne reconnaissent que celles qui ont été données par autorité publique, comme sont celle de l'an 1626, in Pupilla A. C.18, et celle de i58o, in Formula Concordiœ 19 . Ils avouent que le texte

1/4. Partisans de Zwingle.

i5. Jean Frédéric II, duc de Saxe-Gotha. Ayant été fait prisonnier en i5^7, à la bataille de Mùhlberg, il fut dépouillé de l'électorat au profit de son cousin Maurice de Saxe.

16. En i54i, le chancelier Grégoire Briick (en latin Pontanus), l'ami le plus dévoué de Luther, avait vivement reproché à Mélanchton d'avoir, sans le consentement de son maître l'électeur Jean-Frédéric et sans celui des autres princes protestants, introduit plusieurs changements dans le texte de la confession d'Augsbourg.

17. A la diète de Ratisbonne (i54i), les luthériens représentés par Bucer, et les Zwingliens conclurent un accord qui ne dura guère. Au colloque de Worms (i55~), auquel prirent part les catholiques, les luthériens et les calvinistes, Mélanchton eut à subir les reproches de Flaccius Illyricus, défenseur du luthéranisme rigide.

18. Pupilla A[ugustanœ] C[onfessionis]. Auguste, électeur de Saxe, avait appelé la paix religieuse, « la prunelle de l'oeil », Aug-Apfel, Pupilla, qu'il fallait conserver à tout prix. Ce mot donna naissance à un grand nombre d'écrits. Le P. Forer répondit à quelques-uns. Le catalogue des écrits pour et contre la Pupilla Evangelica se trouve dans les Unschuldige-Nachrichten, 1780, p. 577 et 722.

19. La Formula concordiœ, livre destiné à terminer les controverses qui divisaient les luthériens, contient un grand nombre de pièces authentiques. Il parut à Berg en 1679, et non en i58o. Voir Hospinien, Concordia discors, seu de origine et progressu formulœ Bergensis, Zurich, 1607, in-8, et Hutterus, Concordia concors, seu de origine et progressu formulai concordiœ Ecclesiarum Confessionis Augustanx, Francfort, i6i4, in-fol.

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latin n'est pas tout à fait conforme à l'allemand quant aux paroles, mais qu'il retient pourtant le même sens ; que la Confession20 a été traduite de l'allemand en latin, et Y Apologie21 du latin en allemand ; que, dans l'une et dans l'autre, il faut examiner la traduction selon l'original, et non pas combattre l'original par la traduction ; que, dans les exemplaires qui se trouvent dans les bibliothèques et dans les archives, il y a des variétés, mais qui la plupart n'importent rien et n'altèrent pas le sens ; que s'il y a des changements, des additions, des omissions, c'est pour donner, non pas une doctrine nouvelle, mais plus nette et plus claire.

A ces faits ils ajoutent les réflexions suivantes : Que, dans l'Eglise chrétienne, il a toujours été permis de changer les Symboles et les Confessions de foi22 ; que cela a été remarqué même dans le Symbole des Apôtres, dans celui de saint Athanase, et principalement dans celui de Gonstantinople23, où l'Eglise latine a cru avoir la liberté d'ajouter le Filioque, qui n'était pas dans le grec 24 ; que l'Eglise romaine leur peut d'autant moins reprocher leurs additions et changements, qu'elle-même s'est servie d'une grande liberté à changer, par exemple, l'édition Vulgate, selon l'aveu de Clé-

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