‹ Correspondance de Bossuet (volume 3)Chapitre 141 sur 308 · L'Apologie de la Confession d'Augsbourg, par Mélanchton · texte numérisé non relu

L'Apologie de la Confession d'Augsbourg, par Mélanchton

22. L'Eglise catholique n'a jamais modifié les articlesde sa croyance ; les articles crus autrefois par elle le sont encore aujourd'hui, quoique les fidèles soient tenus à croire explicitement un plus grand nombre d'articles, qui tout d'abord n'avaient pas été formellement définis par l'autorité suprême, et qui par conséquent ne demandaient à l'origine qu'une foi implicite.

23. Le symbole dit des Apôtres, est le plus simple ; il est en douze articles. Celui qui est dit de saint Athanase est placé dans le bréviaire pour être lu le dimanche à prime. Quant au symbole de Constantinople, c'est celui qui se récite ou se chante à la messe.

24- Cette addition, destinée à marquer la foi en la procession du Saint-Esprit rejetée par les Grecs, se fit d'abord en Espagne, puis elle passa en Gaule au ve siècle, et fut officiellement reçue dans le symbole à Rome par Benoît \ III, au xie siècle. (Cf. Conciles de Lyon et de Florence.)

23o CORRESPONDANCE [mai 1686

ment VIII dans sa préface23, le Canon de la messe 2fi, la Profession de foi2", où ils soutiennent que la foi du concile de Trente est altérée par des additions, comme par exemple de jurer l'obéissance au Pape, et par des changements, comme doit être celui de l'article de l'invocation des saints, que la Profession veut faire passer pour nécessaire, quoique le concile ne l'ait proposée que comme utile 28 ; que la doctrine du concile de Constance a été changée par celui de Latran, touchant l'autorité des Papes sur les conciles29 ; qu'il ne sert de rien de dire que leur Confession a été changée dans les diverses éditions30, attendu qu'ils ont toujours publié hautement qu'ils se tiendront inséparablement à l'exemplaire qu'ils

25. Clément VIII publia en i5q2 une édition de la Vulgate, qui présente avec celle de Sixte-Quint (i58g) certaines différences. Celles-ci ont été relevées, dans un esprit de dénigrement, par Thomas James, Bellum papale sive Concordia discors Slxti Quinti et démentis Octavi circa Hieronymianam editionem, Londres, 1678, in-12. Clément VIII, dans sa préface, dit que son texte est « summis laboribus ac vigiliis restitutus et quam accuratissime inendis expurrjatus ».

26. Le Canon de la messe a reçu plusieurs additions au cours des siècles. Voir M8r Duchesne, Les origines du culte chrétien, Paris, 1903, in-8, 3e édit., cb. 11, ni et iv ; Dom F. Cabrol, l'article Canon dans le Dict. d'archéol. chrétienne, Paris, 1909, in-4, t. II, col. 1898.

27. La profession de foi de Pie IV, imposée à tout ecclésiastique prenant possession d'un bénéfice.

28. Cf. la consultation donnée par Rossuet à l'évèque d'Angers, le IO avril i685, plus haut, p. 69 et suiv.

29. Les théologiens aujourd'hui s'accordent à dire que les sessions IV et V du concile de Constance, relatives à l'autorité du Pape, ne satisfaisant pas aux conditions d'un concile œcuménique, les décrets rendus dans ces sessions ont bien pu être réformés (\oir notre t. II, p. 3i8, et N. Valois, Le Pape et le concile (i4i8-i/|5o), Paris, 1909, 2 vol. in-8, p. vu et suiv.). Le cinquième concile de Latran se tint de i5i2 à 1517.

30. Rossuet, dans VHistoire des Variations, s'est étendu sur les changements apportés à la Confession d'Augsbourg. Il s'est inspiré d'Hospinien, Historia sacramentaria, Zurich, i5g8, in fol. ; mais il ne paraît pas avoir connu la Catholicorum Tremonensium (de Dortmund) advarsus luthcranse factionis prœdicanles defensio, par Georges Rraun, archidiacre de Dortmund, Cologne, i6o5, in-8 (Cf. Rayle, Dictionnaire, aux mots Rraun et Hospinien).

mai ifiSfi] DE BOSSUET. 201

ont présenté à Charles V31, et qu'ils n'ont jamais refusé de laisser juger leur doctrine selon cet exemplaire-là, sans se prévaloir d'aucun des changements qu'on leur oppose.

J'espère que M. Le Correur32 aura fait son devoir : il y a déjà du temps que je l'en ai averti. Il demeure dans la rue Montmartre, vis-à-vis de la Jussienne 33, chez M. le commissaire Fleury.

J'ai reçu les excellents ouvrages31 que Votre Grandeur m'a envoyés par le coche, et j'ai rendu les exemplaires où ils étaient destinés. En mon particulier, je lui en ai une obligation infinie, et ne souhaite rien au monde si passionnément que d'avoir l'occasion de témoigner réellement avec combien de vénération et de respect je suis, Monseigneur, de Votre Grandeur le très humble et très obéissant serviteur.

Obrecht.

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