J« ROU (SOLS LE NOM DE P. DE VrILLAc
A La Haye, le 8 mai 1686.
Monseigneur, Votre lettre m'a fait deux honneurs tout à la fois, et parla peine qu'il vous a plu de prendre, et par l'obligeante pensée que vous avez eue que la mienne était de main de maitre. Je puis vous protester, Monseigneur, que ce que vous pensez là-dessus n'est point ; mais sans vous importuner de cet éclaircissement, puisque je suis comme engagé à vous repartir encore une fois, permettez, s'il vous plaît, que, pour ne pas abuser de votre patience, j'entre d'abord1 en matière.
1686, in-12. — Réponse fraternelle, au nom des nouveaux catholiques de France, à une lettre prétendue pastorale attribuée au ministre Claude. Paris, 1686, in-4. — Le P. Denis de Sainte-Marthe, Réponse aux plaintes des protestants louchant la prétendue persécution de France ; oh l'on expose le sentiment de Calvin et de tous les plus célèbres ministres sur les peines dues aux hérétiques, etc., Paris, 1688, in-12.
Lettre 384. — Cette lettre est une réponse à celle que Bossuet avait écrite à P. de Vrillac, le 3 avril 1686. Elle a été insérée dans la Séduction éludée, p. 33, et dans les Mémoires de J. Rou (éd. Fr. Y\ addington, t. I, p. 233), qui nous apprend que c'est lui qui l'écrivit sous le nom de P. de Vrillac. L'évèque de Meaux ne paraît pas avoir répondu à cette lettre; mais, dans son Histoire des l ariations et dans son Sixième avertissement aux Protestants dirigé contre Jurieu, il réfute les objections présentées ici.
1. D'abord, tout d'abord, immédiatement. Cf. lettre 3o3, p. 36.
236 CORRESPONDANCE [mai 1686
Il me suffirait déjà, Monseigneur, de vous voir tomber d'accord que les persécutions ne sont pas du droit de l'Église 2, pour en tirer cet avantage contre la communion romaine, qu'elle n'est donc point la véritable Eglise, comme elle s'en vante, n'y ayant rien de plus avéré qu'elle persécute en chef et par elle-même, les princes de l'épée desquels elle se sert ne la dégainant qu'à l'instigation de son clergé et de ses suppôts ; les violentes requêtes 3 présentées au Roi en si grand nombre contre nous l depuis tant d'années ayant été les seuls soufflets qui ont excité l'ardeur dont ce prince, naturellement paisible et ennemi du sang, parait aujourd'hui allumé et embrasé5 contre nous6.
Mais, quand je vous accorderais, Monseigneur, que ce n'est pas votre Église qui persécute et que c'est seulement le Roi, ce que vous en prétendez se trouverait tout à fait sans fondement, puisqu'on ne saurait montrer aucun titre valable pour autoriser les rigueurs qu'on emploie contre les fidèles sous le prétexte affecté de les regarder comme des hérétiques ; je soutiens avec votre permission, Monseigneur, qu'il n'y en a au-