Math., xxvi
18. Ils sont désignés deux fois dans l'Apocalypse, 11, 6, i4 (Mgr Duchesne, Histoire ancienne de l'Eglise. Paris, 1906, in-8, t. I, p. 76).
19. Le gnosticisme des temps apostoliques est loin d'être caractérisé comme les systèmes gnostiques du second siècle. Ce n'est encore qu'une combinaison mal définie d'idées chrétiennes associées à des doctrines juives et à des spéculations orientales. L'antiquité a regardé Simon le magicien comme le père de ces sectes. Les gnostiques tiraient leur nom de ce qu'ils prétendaient être les seuls à posséder la véritable connaissance (yvwai;) des choses divines.
20. C'est Jurieu, dont Bossuet rapporte les paroles dans son Sixième Avertissement, P. III, n° 86.
mai 1686] DE BOSSUET. 23g
Vous nous citez aussi, Monseigneur, notre propre conduite à cet égard, prétendant que le fait de Calvin contre Servet est un témoignage que nous supposons le même principe21. Mais j'ai à dire là-dessus qu'il y a bien de la différence entre le châtiment qu'on fait d'un particulier comme perturbateur du repos public, blasphémateur et rebelle aux ordres et aux lois de l'État, et les supplices cruels dont on martyrise des millions d'âmes innocentes, qui professent de bonne foi une religion qui leur est contestée, sans qu'on les ait jamais pu convaincre qu'elle fût fausse, et dont l'exercice leur avait été accordé par des traités et par des édits irrévocables et solennels ; on punit les blasphémateurs comme on punit les voleurs et les meurtriers, on les punit comme des pestes publiques qui troublent la société civile et qui la déshonorent, avec lesquels aussi on n'entre jamais en aucun traité, et à qui l'on n'accorde aucuns édits ; mais oserait-on bien nous mettre de ce rang-là ? Si cela était, pourquoi a-t-on traité avec nous ? pourquoi nous a-t-on favorisés, comme le reste de nos concitoyens, pendant plus de cent ans ? Pourquoi nos rois, dans la cérémonie de leur sacre, ont-ils toujours déclaré en termes exprès que, lorsqu'ils promettent de travailler à l'extirpation22 des hérétiques, leur intention n'est point de nous y comprendre, et qu'ils n'entendent point de parler de nous en cet endroit-là ? C'est, Monseigneur, la conviction que je vous avais promise.
Avant que de finir cet article, il est bon que je touche une autre accusation que vous nous faites, puisque naturellement elle le regarde : c'est, Monseigneur, que nous sommes, ditesvous, des séditieux et des perturbateurs de l'Etat, auquel cas vous prétendez qu'on pourrait toujours nous punir, supposé qu'on ne fût pas en droit de le faire en qualité d'hérétiques. Je vous avoue, Monseigneur, que cet endroit de votre lettre m'a étrangement surpris, et je n'en suis pas encore bien revenu. Je recevrais cela sans beaucoup d'étonnement
21. Voir plus haut, p. ao5,et Sixième avertissement, P. III, n° 84-