La Séduction : qui ne le tiens pas
12. La Séduction : trembler et fléchir. i3. La Séduction : serait, Monseigneur
238 CORRESPONDANCE [mai 1686
qu'est-ce que cela fait à notre cause, nous qui ne sommes point hérétiques, comme je vous en convaincrai bientôt? Toute la conduite de Notre-Seigneur, pour revenir à mon sujet, et la pratique de ses bienheureux disciples et apôtres, font voir que le christianisme ne doit point s'établir par la violence. Notre-Seigneur est un prince de paix14, lui et ses fidèles témoins13 ont versé leur sang, bien loin de répandre celui de personne 16 ; son Évangile ne prêche que la débonnaireté et la patience ; il veut que l'on remette l'épée dans le fourreau, et il dit que celui qui tuera du glaive périra par le glaive17 ; et saint Jean, saint Jacques et saint Paul, qui ont tant parlé contre l'hérésie des nicolaïtes 18, des gnosliques19 et de ceux qui niaient la résurrection, en marquant les voies qu'il fallait tenir pour les abattre, n'ont jamais dit un seul mot touchant les armes, soit ecclésiastiques, soit séculières. Que si l'on objecte qu'ils n'en ont usé ainsi que parce que, de leur temps, les chrétiens n'étaient pas maîtres de l'épée, je répondrai avec un savant moderne 20 que, « puisqu'on ne peut pas nier que les Apôtres n'eussent l'esprit de prophétie, ils savaient bien qu'il y aurait un jour des princes chrétiens, et par conséquent ils devaient donner dès ce temps-là des directions pour l'Inquisition à venir. »
i4. Isaie, ix, 6.
i5. Témoins, les martyrs (p.àpxup£ç).