La Séduction : avons-nous eu part
28. En 1675, des soulèvements éclatèrent à Nantes, à Bordeaux et dans quelques autres villes de la Bretagne et du Midi, à la suite de la création de nouveaux impôts.
29. Le prince Louis de Rohan, connu sous le nom de chevalier de Rohan, né vers i635. Débauché et ruiné, il forma avec un cer-
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celle des empoisonneurs30, dans laquelle on peut dire que des milliers de gens de tout âge, de tout sexe, de tout rang et de tout ordre dans l'Etat, se sont trouvés compris, excepté les nôtres, dont il ne s'est trouvé pas un seul ? A-t-on jamais découvert aucun acte de nos consistoires ou de nos synodes semblable au décret que la Sorbonne donna du temps d'Henri IV31, portant permission à cbacun de se révolter et de prendre les armes contre lui ? Et dans ces légers brouillards qui avaient obscurci les premières années de la minorité du Roi, ne nous sommes-nous pas distingués par une fidélité qui ne s'est trouvée entière et à toute épreuve que parmi nous, et par des services32, qui seuls ont affermi sur la tète de ce prince une couronne qui, sans cela, en allait visiblement tomber, comme lui-même plusieurs fois, et par des actes authentiques, en est demeuré d'accord? D'ailleurs, Monseigneur, la question n'est pas si l'on doit punir les perturbateurs du repos public; nous sommes des premiers à en convenir, et nous l'avons pratiqué nous-mêmes contre nos propres frères, quand,
tain Latruaumont un complot, mal combiné, en vue de livrer Quillebeuf aux Hollandais. Il fut, pour ce fait, décapité le 27 novembre i6y4 ; et c'est Bourdaloue qui le prépara à la mort.
3o. Les empoisonneurs, pour la punition de qui fut instituée la Chambre ardente ou Cour des poisons, en 1679.
3i. La date de ce décret est du 10 février i5go. Voyez de Thou, liv. XCVIII, t. V, p. m. t\~j ; et la Chronologie novennaire, t. I, p. m. 35g ; item l'Abrégé de Mézeray, t. VI, p. m. 23 ; Mihi autem, t. VII, p. 37, édit. Paris (/Voie de J. Rou). Henri IV, avant sa conversion, n'était pas encore reconnu comme roi légitime dans la capitale.
32. L'histoire du service rendu à la couronne par M. de Belleau, père de M. de Jaupitre (Politique du Clergé, p. 166) (Note de J. Rou). ^ oici le passage de Jurieu auquel il est fait ici allusion : « Durant les troubles de sa minorité (de Louis XIV), on peut dire qu'il n'y a que les villes où nous avons été les maîtres qui soient demeurées fidèles. Quand on eut fermé les portes d'Orléans au Boi, il passa à Gien, et cette ville allait se rendre coupable du même crime, sans la vigueur d'un huguenot, qui perça l'épée à la main jusqu'au pont et le baissa lui-même. Cette action fut sue, elle fut récompensée, carie Boi fit donner sur l'heure des lettres d'anoblissement à celui qui l'avait faite. »
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par un emportement de zèle déréglé, ils ont pillé des églises et abattu des images, quoique, dans le fond, ces images soient condamnées par nous ; la question est si l'on doit envoyer aux galères, enfermer dans des fours et rôtir au feu, comme les dragons Font fait, de paisibles brebis, qui pensaient paître sûrement à l'ombre et sous la houlette de leur grand Prince, et qui, bien loin d'être des perturbateurs de l'État, étaient ses plus fermes colonnes et les plus incorruptibles sujets de Sa Majesté. La question est s'il faut faire un cercueil ou une prison de tout un vaste royaume, et cela à la face des nations, à la moquerie des unes, au gémissement des autres, et généralement à la condamnation de toutes ; car enfin, Monseigneur, il ne faut pas que vous vous imposiez33 là-dessus ; ce ne sont pas seulement nos frères d'Angleterre, de Hollande et de Suisse qui haussent les épaules de cette honteuse conduite34, ce sont les Espagnols et les Italiens qui s'en étonnent ; et je dirai bien plus, ce sont les païens et les infidèles, les Indiens et les Turcs, qui s'en scandalisent et qui de là prennent occasion de détester encore plus qu'ils ne faisaient ]a brutalité et l'extravagance d'une religion qui commet de telles barbaries ; je dirai plus encore : la France elle-même, qui est présentement dans les ardeurs de sa fièvre, lorsque cet accès de fureur qui la transporte sera passé, se cherchera elle-même en elle-même, aura son délire en abomination, et s'arrachera les cheveux d'avoir été capable d'une pareille frénésie. Je ne parle point des jugements de Dieu, qui, tôt ou tard, ne démentiront point sa vengeance ordinaire ; ce n'est pas à moi à marquer les temps et les jours.
Je viens, Monseigneur, au second chef que j'ai posé, et qui regarde les faits de l'histoire ; ce que j'ai à y dire servira en même temps de réponse à deux choses que vous prétendez dans votre lettre : l'une, qu'il y a eu de fréquents exemples de persécution par les princes temporels, sur quoi vous citez