Les anciennes éditions de saint Ambroise
4- Claude Chevallon, imprimeur-libraire à Paris, de i5i3 à i542, année de sa mort. Il était l'un des plus habiles dans sa profession, et a donné des éditions de saint Augustin, de saint Jean Chrysostome, etc. Son édition de saint Ambroise, parue en 1029, comprend deux volumes in-folio. Il avait épousé, en i520, Charlotte Guillard, veuve de son confrère Berthold Rembold. Charlotte Guillard continua le commerce de Claude Chevallon et mourut elle-même en i556.
5. Didier Érasme, de Rotterdam (1^67-1 536), célèbre humaniste, fut en rapport avec les lettrés et les réformateurs de son temps. D'abord chanoine régulier de saint Augustin, puis prêtre séculier, on le voit séjourner à Paris, en Angleterre, en Italie jusqu'à ce qu'il se fixe enfin à Bàle en 1 52 1 . Il se fit remarquer par la hardiesse de ses idées non moins que par l'étendue de ses connaissances. Il publia de nombreuses éditions d'auteurs anciens et de Pères de l'Église. Les collections de ses œuvres complètes sont de Bâle, i54o-4i, en 8 vol. infol., et de Leyde, 1 703-1706, 10 tomes en 11 vol. in-fol. Sa principale œuvre critique est une édition du texte grec du Nouveau Testament, qui fut la première publiée (Bàle, i5i6, in-fol.). Elle est accompagnée de notes et d'une traduction latine faite par lui. Il en a donné cinq éditions différentes. De 1017 à i52^, il publia une paraphrase des livres du Nouveau Testament. Parmi ses autres ouvrages, on remarque une Méthode pour la théologie, i5iô; les Colloquia, Bàle, i5i8, in-4 ; l'Eloge de la folie (hlorise encomiutn), s. d., in-4 ; etc.
272 CORRESPONDANCE [juin 1686
donnée sur celle d'Érasme, n'a que : Qaod ubi accepit, emisitspiritum : ce qui fait croire que Costerius6, chanoine régulier d'Anvers, qui en est l'auteur, a, le premier de tous, changé cette leçon. Toutes les éditions qui ont paru depuis l'ont imitée ; au moins je n'en ai point vu d'autres de toutes celles qui sont ici depuis ce temps. Ceux qui ont donné les Vies des Saints se sont tenus dans l'ancienne leçon. Les deux éditions de Surius7 à Cologne, dont la première est de 1678, et la seconde beaucoup augmentée en 16 18, ont le mot de glulivit comme les manuscrits, aussi bien que Mombritius8, qui est le premier de tous qui ait donné les Vies des Saints, et peut-être le plus fidèlement. Comme il était de Milan, on peut croire qu'il a eu de bons manuscrits de cette illustre Église touchant cette Vie. Au reste, tous les manuscrits et les meilleures éditions ayant le mot de glutivit, nos Pères restitueront cet endroit; et je m'ensuis assuré d'eux-mêmes, après leur avoir fait remarquer cette uniformité si grande des manuscrits et des bonnes éditions.
Votre Grandeur ayant eu assez de bonté pour bien recevoir les remarques que je lui envoyai dernièrement9, j'ai cru qu'elle me permettrait bien d'y ajouter encore deux endroits de saint Cyprien, que j'ai crus pouvoir confirmer quelques
6. Deforis et ses successeurs ont imprimé à tort Cosserius. Jean Coster (i5i5-i55g), surnommé Columba à cause de la douceur de son caractère, fut prieur des chanoines réguliers du Val-Saint-Martin, à Louvain, sa patrie. Son édition de saint Ambroise parut à Bâle en i555, 5 vol. in-fol. On lui doit encore quelques autres ouvrages.