‹ Correspondance de Bossuet (volume 3)Chapitre 175 sur 308 · Ceux des nouveaux convertis · texte numérisé non relu

Ceux des nouveaux convertis

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volontaire avec moi, vous vous en déferez quand il vous plaira. Mais il importe que je puisse lui parler en lieu sûr et commode ; et je vous en délivrerai aussitôt que vous le voudrez, la chose étant nuement11 entre vous et moi. Si vous pouvez la recevoir à ces conditions, vous me délivrerez d'une grande inquiétude. S'il y a quelque difficulté, vous me le direz franchement comme à un ami, qui au fond ne veut autre chose que ce que vous voulez vous-même. M. de Chevry 12, qui va lui-même vous porter ce billet, saura de vous vos intentions, et vous instruira de ce qu'il faudra que vous sachiez 13.

Tout à vous, ma Fille, de tout mon cœur. J. Bénigne, é. de Meaux.

A Coulommiers, [mercredi1] 26 [juin 1686].

Je serai, Madame, le i5 de juillet à Faremoutiers,

11. Nuement, purement et simplement. « En fidèle historien, je raconte nuement les choses comme elles sont » (Voiture, Lettre x).

ia. M. de Chevry semble ici avoir été mieux disposé que sa femme.

i3. Pour agir utilement sur l'esprit de sa femme.

Lettre 393. — L. a. signée des initiales. Archives de Saint-Sulpice. Publiée d'abord dans l'édition de Versailles, t. XLIII, p. 9.

1. Les éditions donnent mardi, comme Bossuet a écrit ; c'est sans doute par distraction, car, cette année, le 36 juin était un mercredi. Du reste, on a vu par la lettre du 18 juin qu'il avait dû arriver le lundi a4 juin à Faremoutiers et y passer la journée du mardi jusqu'à son départ pour Coulommiers

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et il ne tiendra pas à moi que ce 2 ne soit pour le seize, qui doit être un mardi. J'arrivai hier vers les dix heures3. Je dois être demain à la conférence des ecclésiastiques, à Meaux, commej'ai été aujourd'hui à celle de Coulommiers. Pour éviter le chaud, je prétends être eu carrosse avant quatre heures du matin. J'espère que Mme de Chevry verra et sentira enfin la vérité qu'elle cherche. Je lui envoierai chez vous mon carrosse, samedi soir, pour l'amener le lendemain à Germigny, avec M. son mari. Pour moi, j'y serai dès demain. Vous voilà bien instruite de ma marche. Si j'en étais toujours le maître, je vous prie de croire que je donnerais, ou plutôt que je prendrais volontiers plus que des quarts d'heure.

Madame votre sœur saura que je donne grande audience à la Sœur Subtil4.

J. B.,é. de M.

Suscription : Pour Mme de Faremoutiers.

1. La cérémonie de l'oraison funèbre de Mme du Blé. Voir plus haut, p. 27^-

3. Parti de Faremoutiers le mardi, à la fin de la journée, il était arrivé à Coulommiers à dis heures du soir.

4- Cette dernière phrase manque aux éditions. Il y avait dans la maison de la Congrégation Notre-Dame, de Coulommiers, deux sœurs Subtil. Celle dont parle ici Bossuet était la plus jeune, celle qui est connue sous le nom de Sœur de Saint-Antoine. Celle-ci, comme on le verra dans la suite, était en relations avec Mme d'Albert. Elle devait être fille d'Abraham Subtil, maître d'hôtel de la duchesse de Longueville et auditeur en sa Chambre des Comptes de Rouen, et de Jeanne Mégissier, dont un fils, Antoine Subtil, né à Coulommiers en février i6Ô2, fut auditeur en la Chambre des Comptes, à Paris, et épousa en janvier 168/i Marie Doujat, fille du célèbre Jean Doujat, mort le 18 janvier 17 10, doyen des conseillers au Parlement. Les registres de l'état civil de Coulommiers nous montrent la famille Subtil établie dans cette ville, dont le duc et la duchesse de Longueville étaient seigneurs.

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39^. — Jean Rou a Bossuet.

Ce 27 juin 1686.

Monseigneur, je prends la liberté de vous écrire ce mot au sujet de la réponse1 qui vous a été faite sur votre seconde lettre à M. de V[rillac]. Elle paraissait comme venir de lui, quoiqu'elle fût écrite d'une autre main ; mais celui qui se mettait en sa place2 a enfin appris qu'il s'était disculpé auprès de vous sur cette dernière réponse, dont il n'a pas jugé à propos de faire une adoption, comme il avait fait à l'égard de la première. On en juge à peu près les raisons et on ne les condamne pas ; mais cela ne faisant rien au fond de l'affaire,

Jeanne Mégissier s'était même retirée auprès de ses filles dans le couvent de Notre-Dame (Inventaire sommaire des Archives de Seine-et- Marne, supplément à la série H, p. 279). Quoi qu'il ensuit, la Sœur de Saint-Antoine fut honorée de la confiance de Bossuet, qui la dirigea de longues années ; mais nous ne possédons aucune des lettres qu'il lui adressa. Voici, en effet, ce qu'en écrivait à l'évèque de Troyes l'abbé de Saint-André : « Nous avons perdu un trésor par l'indiscrétion d'un homme que vous connaissez. Il y avait à Coulommiers une Mme Subtil, nommée Saint-Antoine, que notre saint prélat a conduite pendant plus de quinze ans et dont elle avait reçu plus de deux cents lettres. Après la mort de cette religieuse, sa sœur, que ce scrupuleux conducteur conduisait, lui écrivit pour savoir ce qu'elle ferait d'un gros paquet de lettres qu'elle avait trouvées dans sa cassette, et qu'elle n'avait pas voulu lire, qui étaient celles de M. de Meaux. Il lui manda sur-le-champ, en homme habile, qu'elle n'avait qu'à les jeter au feu, ce qu'elle fit. J'écris à Coulommiers pour prier Mme Subtil, l'aînée, qui vit encore, de voir s'il n'en resterait pas quelques-unes dans la maison. Je me souviens que M. de Meaux, quelque temps avant sa mort, me recommanda Mme de Saint-Antoine et Mme Cornuau. Je voyais la première toutes les fois que j'allais à Coulommiers ; c'était véritablement une sainte religieuse, ce qui me fait d'autant plus regretter les lettres brûlées » (Dans Deforis, Œuvres de Bossuet, t. XII, p. xlix).

Lettre 394. — Publiée dans la Séduction éludée, p. 75.

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