Charles Ier, mort sur Péchafaud en 16A
i3. Au logis, dans leur pays; en anglais, at home ; en latin, domi.
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d'exciter l'Angleterre. Ce royaume est moins facile a émouvoir, parce que, considérant ses lois, qui sont assez favorables aux sujets, les peuples y sont plus soigneux à ne pas passer les bornes que ces mêmes lois donnent aux devoirs des sujets envers leurs rois. Ainsi ils ne se laissent pas aisément émouvoir par des suggestions mal fondées de crainte et de jalousie, pour commencer une rébellion de laquelle les Ecossais espéraient un si grand avantage. Néanmoins, pour essayer si ceux qui ont dessein de faire leur devoir en servant les catholiques, peuvent être détournés de bien faire, ils mettent en usage toutes sortes de menaces, et ils disent que, s'il arrive quelque notable changement, aucun catholique n'échappera, parce que, selon les lois, entendre la messe et travailler à convertir quelqu'un à la foi catholique, sont crimes de haute trahison.
Les choses étaient en cet état, lorsque le Roi jugea à propos de convoquer son Parlement d'Ecosse14, afin que, par son moyen, il pût abroger les lois contre les catholiques, et leur assurer au moins ainsi leurs biens et leurs vies. J'étais d'un avis contraire, et je m'opposais à cette convocation par des raisons qui n'ont encore été réfutées par personne. Je savais que le Roi, par ses prérogatives, avait assez de pouvoir pour faire plus qu'il ne demandait au Parlement ; qu'un acte du Parlement déciderait ce qui était actuellement en question ; et que tous les actes qui établiraient seulement quelque repos aux catholiques et rien davantage, étaient autant d'exceptions par lesquelles la règle était confirmée de plus en plus, en tous les points qui n'étaient pas compris dans cette même exception ; qu'un prince protestant renverserait bientôt un acte semblable, au lieu qu'aucun prince n'était propre à disputer si l'usage que quelqu'un de ses prédécesseurs avait fait de quelque point contesté de ses prérogatives royales était légitime ou non, parce que la possession en est trop douce pour être abandonnée comme n'étant d'au-
i4- La session s'ouvrit le 29 avril (vieux style) c'est-à-dire le 9 mai 1686 (Voir La Gazette de France du 25 mai 1686).
agd CORRESPONDANCE [juill. 1686
cune utilité. Ainsi je ne fus pas fâché lorsque le Parlement refusa de consentir à ce qui lui était proposé. Présentement le Roi est convaincu de la vérité de ce que je lui disais, et l'Ecosse est effrayée de voir que Sa Majesté fait beaucoup plus que ce que le Parlement lui a refusé.
Je vous rends compte de tout ce détail, afin de vous faire voir en quel état j'étais lorsque j'ai reçu votre lettre. Depuis ce temps-là jusqu'à présent, que le Roi mon maître m'a mandé pour recevoir ses ordres touchant le gouvernement du royaume pour l'avenir, mon emploi a été beaucoup au-dessus de mes forces. Car Milord grand Commissaire15 étant un homme peu versé dans les affaires de cette nature, et ayant plus de réputation par son zèle pour le service du Roi que par sa capacité; l'Avocat du Roi, qui est chargé de soutenir les intérêts de Sa Majesté dans les débats et conférences du Parlement, ayant par sa mauvaise conduite obligé le Roi de lui ôter sa charge 16 ; Milord Greffier, autre officier très nécessaire et le principal homme d'affaire pour Sa Majesté, étant tombé malade17, je me suis trouvé chargé du poids de toutes les affaires : ainsi je me suis vu obligé d'étudier toutes les nuits ce que j'avais à faire le lendemain. J'ai eu à répondre à toutes les objections proposées contre nous, et à donner tous les ordres nécessaires. C'est pourquoi il m'a été impossible avant ce temps-ci d'avoir l'honneur de m'acquilter de ce que je vous dois.
Si je vous rends compte de tout le détail des occupations
i5. Le grand commissaire (High Commissionner), chargé, de représenter le roi aux séances du parlement d'Ecosse, était alors le comte Alexandre de Murray.
16. George Mackensie perdit sa place d'avocat du roi en février 1686, et fut remplacé par John Dalrymple, premier comte de Stair (1648-1707), qui, à la mort de Sir James Foulis, lui succéda comme lord greffier (justice clerk) le 19 janvier 1688; alors l'office d'avocat du roi fut rendu à G. Mackeusie. Celui-ci fut un des trois premiers qui abandonnèrent le parti de Jacques II pour celui de Guillaume d'Orange.
17. Sir James Foulis, lord Colinton, remplissait son office depuis le 22 février 168/4.
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que j'ai eues ces derniers mois, c'est que je suis sûr que personne de ceux qui me connaissent n'aurait cru que j'eusse pu soutenir un si grand fardeau d'affaires aussi fâcheuses, ni en venir à bout parmi la contradiction et la malice des uns, jointe à la négligence et aux fourberies des autres. Car, si on en excepte le duc de Gordon 1S, en Ecosse, et, en Angleterre, mon frère19, qui est votre très humble serviteur, je n'ai eu aucun secours de personne. Mais espérant que ce queje vous ai dit servira à justifier mon silence, je commencerai à vous rendre de très humbles grâces du souvenir charitable que vous avez eu d'un pauvre malheureux comme moi. Je vous ai déjà dit, et je ne puis le répéter assez souvent, que vous ne pouvez me donner de plus grandes marques de votre bonté que de prier souvent pour moi et de me donner votre bénédiction avec un cœur aussi plein de tendresse : ce qui m'est tellement cher, que je ne puis vous l'exprimer.
Je n'ai pas encore reçu votre excellente Lettre pastorale'20, ni l' Oraison funèbre "2I , que vous m'avez envoyée, parce que, le paquet étant trop gros pour la poste, il a été envoyé par une autre voie et qu'il n'est pas encore arrivé. J'ai néanmoins à présent la Lettre en anglais-2 : elle m'a donné une grande joie et une pareille édification. Je l'ai déjà fait imprimer à Edimbourg, car tous vos ouvrages font un tel effet