‹ Correspondance de Bossuet (volume 3)Chapitre 187 sur 308 · Henri Howard, comte d'Arundel · texte numérisé non relu

Henri Howard, comte d'Arundel

30. John Belasyse (161^-1689) avait été impliqué, en 1678, dans le prétendu complot imaginé par l'artificieux Titus Oates ; et même il avait été enfermé dans la Tour de Londres. Il fut en grande faveur auprès de Jacques II, qui, en 1687, fit de lui son trésorier.

3i. Henri Jermyn, baron, puis comte de Dover (1636-1708). Très attaché à la foi catholique, il entra, le 17 août 1686, dans le conseil privé de Jacques IL

32. Les rois d'Angleterre ayant le droit de dispenser des lois, Jacques II voulait user de cette prérogative pour rendre ses sujets catholiques aptes aux fonctions publiques.

3oo CORRESPONDANCE [août 1686

longue lettre que de très humbles prières, pour vous supplier de me continuer vos bonnes grâces et votre charité, comme à celui qui est, Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur.

Perth.

De Windsor, ce 25 juillet [1686].

4oi. — Dom Claude Devert a Bossuet.

Monseigneur,

Voilà la copie du manuscrit de Corbie, c'est-à-dire la rubrique1 du Vendredi saint. Celui de Saint-Denis, qui est égaré, porte précisément les mêmes termes 2. Je crois qu'on vous aura fait voir ce que j'ai extrait d'un Pontifical romain, touchant la communion des enfants3.

Je suis avec un profond respect, Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur

Devert.

Abbeville, le 16 août [1686].

« Composito corpore Domini in corporali super altareetincensato, dicet dominus abbas : Confiteor, et incipiet cantare : Oremus, Prœceptis salutaribus moniti, et Pater noster, et Libéra nos, quœsumus, Domine. Fractio fiet ; et post fractionem dicet secundo : Per omnia secula seculorum ; Gonventus respondebit : Amen. Pax Domini, et A g nus Dei, et Hsec sacrosancta commixlio non dicentur ; sed frustum fractionis sinet cadere

Lettre 401. — L. a. s. Archives de Saint-Sulpice.

1. Les rubriques, ainsi appelées parce qu'elles étaient écrites en caractères rouges, sont les règles destinées à guider les officiants dans les cérémonies.

2. Sur les manuscrits de Corbie et de Saint-Denis, voir les lettres du 28 juin et du 20 juillet.

3. C'est l'extrait du manuscrit de Senlis (Cf. lettre du 20 juillet, note 5).

août 1 686] DE BOSSUET. 3oi

infra calicem, nihil dicendo. Domine Jesu Chrisie, Corpus Domini, Quod ore sumpsimas, dicentur ; sed sanguis non nominabitur. Placeat tibi non dicetur. Omnibus communicatis,capiet quisque de vino per fistulam, et post bibet, calicibus ante majus altare paratis. De corpore Domini nihil debebit remanere. Omnibus communicatis, et domino abbate devestito, sonabuntur Vesperi et dicentur. »

Cette autorité est précise pour marquer qu'on ne croyait pas dans Corbie, il y a huit cents ans, non plus qu'à Saint- Denis-en-France4, que le vin, le Vendredi saint, devint le sang de Notre-Seigneur par le mélange du pain, puisqu'il est dit expressément que sanguis non nominabitur, et ensuite que ce qu'ils prenaient par un chalumeau était du vin. On peut observer ici, en passant, qu'ils faisaient ce vendredi-là la même cérémonie que s'ils eussent communié sous l'espèce du vin, puisqu'ils prenaient ce vin avec le chalumeau et dans des calices préparés sur l'autel, quoiqu'ils crussent pourtant que ce n'était que du vin. La même cérémonie se pratiquait aussi à Cluny au commencement de ce siècle encore ; c'est-àdire on prenait du vin dans des calices ce jour-là, et avec le chalumeau, quoique les missels de notre Ordre nous marquent précisément que ce n'était que du vin ; et par là on répond au raisonnement de ceux qui concluent que l'on croyait que c'était le sang de Notre-Seigneur, parce qu'extérieurement on donnait les mêmes marques de respect que si effectivement ce l'eût été. On voit encore par là que le vin que l'on donne encore aujourd'hui à l'ordination5, et aux grands jours en quelques églises6, après la communion, n'est point,

4. Les éditeurs ont imprimé à tort : Saint-Remy-en-France. Il n'y avait point de Saint-Remy en France, c'est-à-dire dans l'Ile-de- France ; du reste, il n'a été parlé que du manuscrit de Saint-Denis, et non de Saint-Remy.

5. Aujourd'hui encore, les ordinands, après la communion, boivent un peu de vin dans un calice.

6. Au xvme siècle, à Notre-Dame de Paris, on le pratiquait aux communions générales de Noël, Pâque;, la Pentecôte, l'Assomption

3o2 CORRESPONDANCE [sept. 1686

comme on le croit, une ablution ni pour aider à avaler les espèces, mais une suite de l'ancienne communion sous l'espèce du vin ; c'est-à-dire qu'on a continué la même cérémonie, quoique ce ne fût plus que du vin.

Votre Grandeur pourrait en passant dire un mot de la communion du Vendredi saint, qui était commune à tout le monde, et non au prêtre seulement, comme elle l'est aujourd'hui. Elle ne trouvera pas un ancien cérémonial ni missel qui n'en fasse mention : Omnes communicant; c'est toujours ainsi qu'ils s'expriment. J'ai une dissertation toute prête là-dessus ; mais quand Votre Grandeur en aura dit un mot, ce sera encore une autorité pour moi. Gela se fait encore en plusieurs monastères de l'Ordre de Cluny, et on rétablit cette communion partout1.

4o2. — A l'Abbé de Rancé.

A Paris, i4 septembre 1686.

Toute la compagnie, Monsieur, arriva mercredi1

et la Toussaint. Cela se faisait également à Saint-Martin de Tours (Cf. Le Rrun, Explication littérale, historique et dogmatique des cérémonies de la Messe, t. I, p. 365 ; de Moléon, Voyages liturgiques de France, Paris, 1718, in-8, p. 127, 246). Dans l'Ordre bénédictin, on a encore cette coutume en quelques circonstances solennelles, aux professions, aux vêtures. D'ailleurs, les rubriques placées en tête du Missel romain (Ritus celebrandi Missam, X, 6, 9), supposent cet usage encore en vigueur.

7. De nos jours, le célébrant seul communie à l'office du vendredi saint. Mais autrefois les fidèles eux-mêmes communiaient à la messe des présanctifiés (Dom Martène, De antiquis Ecclesiss ritibas, ï\ , xxm, 5). Il existeune paroisse d'Allemagne (Delbrùck, du diocèse de Paderborn), où cet usage est encore suivi avec le consentement du Saint-Siège.

Lettre 402. — Collationnée sur la copie de la Ribliothèque Nationale, fr. i5i8o, f° 17.

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