‹ Correspondance de Bossuet (volume 3)Chapitre 192 sur 308 · D'abord, tout d'abord, à première vue · texte numérisé non relu

D'abord, tout d'abord, à première vue

k. C'est la lettre de Bossuet à Vrillac, du 3 avril 1686. Elle a été, en effet, critiquée par Jurieu dans la seconde de ses Lettres pastorales, datée du i5 septembre de la même année.

5. Bossuet écrit Coloredo. Leandro Colloredo, prêtre de l'Oratoire de saint Philippe de Néri, à la Chiesa nova, grand pénitencier, fut créé cardinal par Innocent XI, en septembre 1686 ; il n'accepta cette dignité que sur l'ordre formel du Pape. Il mourut le n janvier 1709.

3o8 CORRESPONDANCE [sept. 1686

rendue le lendemain de la promotion, en lui répondant sur les choses qu'il lui demandait, il lui parle de la dignité qu'il a refusée, de la manière que vous verrez. Le P. Mabillon revenant de Rome6, sans aucune vue de ce qui devait arriver, nous en a parlé comme du meilleur esprit et de l'homme le plus sincère et le plus humble qu'on pût voir. Il me semble qu'on ressent son humilité dans cette lettre, toute tissùe de paroles de l'Écriture, mais encore plus pleine, cerne semble, des sentiments qu'elle inspire1 V A. en jugera, et me renvoyera, s'il lui plaît, cet extrait à sa commodité. Le Pape usera de commandement, comme il fit sur un semblable refus du feu

cardinal Ricci8.

Je rends mille humbles grâces à V. A. S. de toutes ses bontés, et suis, avec respect, de V. A. S. le très humble et très obéissant serviteur.

J. Bénigne, é. de Meaux.

A Germigny, mardi a4 septembre [1686] 9.

6 Mabillon avait fait en Italie nn voyage de recherches, dont le journal a été publié sous le titre de Musœum itahcum. Pans, it>87-

'^'Cetle^ieurt datée du 5 septembre 1686, se trouve, avec plusieurs lettres du même auteur, dans les Ouvrages posthumes de Mabillon, Paris, 172/,, 3 vol. in-/,, t. I p. 486-

8 Sur le cardinal Ricci, voir t. II, p. 00.

q. Bossuet n'a pas écrit l'année. C'est donc à tort que F oquet a dit que, par inadvertance, le prélat avait mis la date de ib85 .

sept. 1686] DE BOSSUET. 809

/io5. — Claude Devert a Bossuet

Monseigneur, Votre lettre du 22 de juillet ne fait que de m'être rendue; ce que j'impute à sa fausse adresse. J'eus pu en ce temps-là me donner l'honneur de vous aller joindre ou à Meaux ou à Paris. Présentement quelques commissions importantes de Mgr le cardinal de Bouillon1 me retiennent en ce pays-ci. Cela n'empêche point, si vous le souhaitez et s'il est encore temps, que je ne vous envoie ce que je pense et ce que je sais de la consécration par le mélange2 ; et comme cette question me paraît de la dernière conséquence, si vous le désirez, j'en ferai une manière de dissertation, où je tâcherai de faire tout entrer, et à laquelle, si vous voulez bien vous donner la peine de répondre, comme je sais que vous le ferez aisément 3, vous aurez satisfait à tout, et détruit par conséquent tout le livre du ministre, qui ne roule que là-dessus.

Je. crois que vous aurez reçu une seconde fois l'extrait du manuscrit de Corbie, que j'ai adressé, il y a près de deux mois4, à votre hôtel, à Paris3. A l'égard de celui deSenlis, il

Lettre 405. — L. a. s. Archives de Saint-Sulpice.

1 . Emmanuel Théodose de La Tour d'Auvergne (i643-i7i5), neveu de Turenne. Il fut cardinal en 1668, grand aumônier [de France en 167 1. Il possédait à la fois les abbayes de Gluny, de Saint-Ouen de Rouen, de Saint-Vaast d'Arras, de Saint-Martin de Pontoise, de Tournus, etc. Son nom reviendra souvent dans la Correspondance de Bossuet. Il fut chargé des affaires de France à Rome, mais tomba dans la disgrâce de Louis XIV, en 1700 (Saint-Simon, édit. de Boislisle, t. VII, appendice VIII, p. 48o-5io).

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