La seigneurie de Jouy-sur-Morin, appartenant en partie à
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On attend le Roi vendredi5. Il a voulu demeurer pour voir la suite du mal de Mme de Bourbon6. Il a envoyé cependant Monseigneur et Mme la Dauphine, qui arrivèrent hier "' .
Je salue Mme d'Armainvilliers, et les deux petites poupées8.
J. Bénigne, é. de Meaux.
Suscription : à Madame l'abbesse de Faremoutiers, à Faremoutiers.
2e adresse, sur le côté opposé: Chez M. le Premier.
M. de Bonneval et en partie aux Dames abbesse et religieuses de Faremoutiers, devait être une source de conflits entre ses possesseurs.
5. La Gazette dit que, le Roi était attendu le vendredi i5 novembre au soir à Versailles, et que, le 18, il se fit faire une opération destinée à assurer sa guérison. C'est la fameuse opération de la fistule faite par le chirurgien Félix (Voir Journal de la santé du roi Louis XIV, édit. J.-A. Le Roi, Paris, 1862, in-8, p. 17^ et 175 ; Dr Corlieu, la Fistule de Louis XIV, Paris, 187^, in-8).
6. Mlle de Nantes, fille de Louis XIV et de Mme de Montespan, avait épousé, le l(\ juillet i685, le duc de Bourbon, petit-fils du grand Condé. Le 9 novembre 1686, à Fontainebleau, elle fut atteinte de la petite vérole ; le i3, elle eut une crise que l'on crut mortelle et qui amena la guérison (Et. Allaire, La Bruyère dans la maison de Condé, Paris, 1886, 2 vol. in-8, tome I, p. ^76 et suiv.).
7. Cependant la Gazette dit que le Dauphin et la Dauphine revinrent de Fontainebleau à Versailles le i3 novembre, le même jour que Monsieur et Madame.
8. Deux nièces de Mme de Beringhen. Elles étaient filles de Jacques-Louis de Beringhen, premier écuyer de la petite écurie, et de Madeleine Fare d'Aumont, nièce de Louvois, qu'il avait épousée en 1677, et dont il eut beaucoup d'enfants. Les deux petites « poupées » étaient : i° Anne-Marie-Madeleine-Généreuse Fare de Beringhen, à qui Bossuet donna l'habit à Faremoutiers le g juin 1697, et qui fit profession le n juin 1698, à 17 ans : elle fut plus tard abbesse de Saint-Julien du Pré-au-Mans ; 2° Louise-Charlotte-Eugénie Fare-Thérèse de Beringhen de Sainte- Victoire, qui fit profession à Faremoutiers entre les mains de Bossuet le 26 octobre 1699, âgée de
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4 12. — A Louis -Roland de Vernon.
Il n'y a rien de plus important que d'empêcher les assemblées1, et de châtier ceux qui excitent les autres2 : ainsi je ne puis que louer votre zèle, et vous
seize ans : elle fut nommée, le Ier avril 1721, coadjutrice de sa tante, à qui elle succéda le 9 octobre de la même année ; elle mourut de la petite vérole le 28 octobre 172I), et son abbaye fut alors donnée à l'une de ses sœurs, Olyrape-Félicité-Thérèse-Sophie de Beringhen du Plessis. Lettre 412. — Publiée pour la première fois dans l'édition de Versailles, tome XLII, p. 077, sur l'autographe communiqué par un descendant de M. de ^e^Iion. — Louis-Roland de Vernon était procureur du Roi au bailliage et présidial de Meaux. Fils de Louis de Vernon, élu en l'élection, il avait épousé, dans l'église Notre-Damede-Chaage de la même ville, Marguerite de Vernon. Ledieu (t. IV, p. 60, année 1707) mentionne M. de '\ ernon, procureur du Roi, qui doit être le même que celui à qui Bossuet s'adresse ici.
1. Les assemblées clandestines des nouveaux catholiques, qui se réunissaient pour pratiquer la religion qu'ils avaient officiellement abjurée.
2. Ceci semble mal s'accorder avec ce qui est raconté dans le cardinal de Bausset : « Ln ancien chanoine de Meaux (le sieur Payen) rapportait comme témoin oculaire, « qu'après la révocation de l'édit « de iSantes, Bossuet, informé des différents lieux où se réunissaient « les protestants répandus dans son diocèse, allait, au moment où « l'on s'y attendait le moins, les surprendre charitablement, faisait « arrêter son carrosse loin du lieu où ils s'étaient réunis, s'y rendait à « pied, frappait k la porte, et entrait tout à coup. Un étonnement mêlé « de crainte se peignait sur tous les visages. Mais Bossuet s'empressait « de les rassurer, en leur disant avec douceur : Mes enfants, là où sont « les brebis, le pasteur doit y être. Mon devoir est de chercher mes bre- « bis égarées et de les ramener au bercail. De quoi est-il question au- « jourd'hui ? Après avoir écouté leurs raisons, il entrait en matière et « les instruisait. » {Histoire de Bossuet, livre \ II, § vin). Il n'y eut point à Meaux, au moins du vivant de Bossuet, de chanoine du nom de Payen. Le fils de Nicolas Payen, ordonné prêtre en 1708, fut chanoine de Paris et non de Meaux. (Ms. Payen, à la Bibl. de Meaux, n° lai, t. II, p. 36'i).
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remercier de l'avis que vous me donnez de ce qui se passe.
Pendant que vous prenez tant de soin de réprimer les mal convertis, je vous prie de veiller aussi à l'édification des catholiques, et d'empêcher les marionnettes3, où les représentations honteuses, les discours impurs, et l'heure même des assemblées porte au mal. Il m'est bien fâcheux, pendant que je tâche à instruire le peuple le mieux que je puis, qu'on m'amène de tels ouvriers, qui en détruisent plus en un moment que je n'en puis édifier par un long travail.
Je suis de tout mon cœur, comme vous savez, etc.
A Paris, 18 novembre 1686.
/jl3. MlLOKD PeRTH A BûSSUET.
Edimbourg, ce 3o novembre 1686.
Si je pouvais vous exprimer ma reconnaissance pour tant de bontés que vous avez témoignées à mon fils, je me hasarderais de l'aller faire moi-même, nonobstant tous les périls imaginables auxquels il faudrait m'exposer : car je ne croirais pas en pouvoir trop faire pour vous donner des preuves convaincantes de ma reconnaissance. Mais je vous suis redevable de tant de choses, et je sais si peu comment m'acquitter, que les paroles me manquent sur ce sujet. Je me dois moi-même à votre charité, qui vous a excité à donner au public un livre de controverse ' le plus instructif qui ait paru en ce siècle, et dans lequel les vérités divines sont expliquées avec tant de
3. Cf. la lettre de Nicolas Payen, du 2& novembre 1687. Lettre 413. — 1. L'Exposition de la doctrine catholique.
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netteté, et les erreurs des ennemis de l'Église si bien représentées selon leur diilbriiiité naturelle, avec leurs terribles conséquences, qu'au lieu de s'étonner du grand nombre de conversions que cet excellent traité a produites, je m'étonne qu'il n'en fait pas encore davantage. Je regarde comme pour moi seul le bien que vous avez fait au public par cet ouvrage, et je mets comme à un second rang toutes les autres choses qu'on en peut dire. En cela vous ne pouviez m'avoir en vue plutôt que tous les autres qui sont assez malheureux que d'être hors du sein de l'Eglise. Mais les obligations particulières que je vous ai depuis ma conversion me font voir que, non seulement vous pensez à moi, mais que vous prenez de ma personne un soin qui est fort au-dessus de mon peu de mérite. Mais si mon extrême reconnaissance des obligations que je vous ai pouvait m'en acquitter au moins en partie, et si des prières pour mon généreux bienfaiteur et des vœux pour lui souhaiter une longue et heureuse vie pouvaient avoir quelque proportion à mes obligations, j'oserais dire que j'ai fait sur ce sujet tout ce que je suis capable de faire.
Il était de mon devoir de commander à mon fils d'aller se jeter à vos pieds, pour vous témoigner mon extrême reconnaissance de la plus grande obligation qu'on puisse avoir, et qui lui est commune et à toute ma famille, qui est devenue présentement toute catholique, ou qui est prête à le devenir, fort peu ayant résisté à la vocation de Dieu, qui a paru si clairement en ma conversion, et pour vous prier d'avoir pitié de ces tendres plantes qui se trouvent dans une terre si ingrate.
Je prétendais bien qu'il vous demandât vos prières et votre bénédiction pour lui et pour nous ; mais je ne prétendais pas vous demander autre chose, sinon la bénédiction qu'il vous demandait, et que vous jetassiez les yeux sur le fils de celui qui se fait un grand honneur d'être le vôtre, et qui s'estime très heureux et ressent tous les jours une nouvelle joie d'avoir connu votre mérite par vos écrits, qui me paraissent tels que s'ils avaient été dictés du ciel par un ange.
J'ai de la confusion que vous ayez pris tant de peine à
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l'occasion de mon fils, ou qu'il ait paru devant vous autrement que pour vous demander votre bénédiction. Un enfant élevé au collège, à la campagne et en Ecosse, ne méritait pas que vous lui témoignassiez tant de considération ; mais votre bonté vous a fait passer par-dessus toutes les raisons qui le rendaient indigne de tant de faveurs et de tant de marques de bonté. Il est fils d'un homme qui vous honore parfaitement ; il est catholique par votre moyen, aussi bien que le reste de ma famille ; il est étranger au pays où il est : ce sont les raisons qui lui ont attiré les marques de votre amitié. La récompense des actions dont la charité est le principe doit venir du ciel, de même que la charité qui les produit. Ainsi tout ce que nous pouvons faire pour y répondre est de tourner les yeux vers le ciel, afin d'obtenir qu'elle vous soit accordée.
J'ai commencé à chercher quelques mémoires sur ce qui concerne l'origine et le progrès de l'hérésie en ce royaume, pour vous les envoyer. Mais les protestants ont pris de grandes précautions, pour empêcher que la postérité ne pût être informée des ressorts secrets qui ont fait mouvoir la maudite machine par laquelle la religion a été renversée dans ce pays, qui était autrefois appelé le pays des saints, et par laquelle ce royaume, autrefois si heureux, est devenu le théâtre de tant d'horribles tragédies, et une maison pleine de fous, où chacun prétend être seul inspiré pour l'instruction des autres, où personne ne veut entendre ni la raison ni la vérité, mais où l'on a seulement grand soin de nous tenir dans l'ignorance des moyens qu'on a mis en usage pour perdre la postérité. Ainsi, à l'exception de Spotswood2, archevêque de Saint-André,
2. Jean Spotswoode (1 565-1 63g), fils de Jean Spotswoode ou Spottiswoode, l'un des réformateurs en Ecosse. Il fut d'abord, après son père, pasteur à Calder, puis archevêque de Glascow. Transféré au sièjje de Saint-André et devenu ainsi primat d'Ecosse, il sacra Charles Ier à Holyrood-House. Il fut nommé chancelier d'Ecosse en i635. L'ouvrage dont parle Vlilor I Perth est intitulé : History of the Chnrrh and State of Scotland beginning the year of our Lord ao3 and continued lo the end of the reign of King James VI (Londres, if)55, in- fol.).
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qui, nonobstant sa dignité de primat, a écrit comme un prédicateur fanatique qui ne mérite aucune créance, nous n'avons aucune bonne histoire de ces affaires. Plusieurs personnes néanmoins m'ont promis des mémoires sur ce sujet; et si je puis avoir des informations authentiques, je ne manquerai pas de vous les envoyer par celui qui me sert d'interprète 3. Je vous écrirais plus souvent, si je ne craignais de vous être importun : ainsi je ne vous le serai pas davantage, si ce n'est pour vous demander votre bénédiction paternelle ; et pour cela, je me jette à vos pieds, comme étant, Monseigneur, votre très obéissant, très obligé et très fidèle serviteur.
Perth.
l\\[\. — A P. Daniel Huet.
[Paris], Jeudi.
Je dois aller ce soir à Luxembourg ' ; au sortir de là, je passerai chez vous ; il sera peut-être un peu tard. Je tâcherai de faire en sorte que ce soit à huit ou neuf heures.
J. B., é. de Meaux.
Suscription : Pour Monseigneur de Soissons.