L'abbé Renaudot
Lettre 414. — L. a. signée des initiales. Bibl. Laurenziana. Publiée par M. Guillaume et par M. "Verlaque (Voir t. I, p. 208).
Ce billet et le suivant, adressés à Mgr de Soissons, doivent être placés dans une des années qui suivirent l'élévation de Huet à l'épiscopat jusqu'à sa translation au siège d'Avranches (novembre i685octobre 1689). Mais aucun indice ne nous permettant d'assigner de préférence l'une de ces années, nous les plaçons à la fin de 1686.
1. Nous dirions aujourd'hui : au Luxembourg. Mais on supprimait alors l'article devant ce nom propre. « Nous allons aussi quelquefois à Luxembourg. » (Mme de Sévigné, lettre du 22 avril 1G71. Grands écrivains, t. II, p. 180.)
326 CORRESPONDANCE [janv. 1687
4i 5. — A P. Daniel Huet.
[Paris], Vendredi, à minuit.
Il était hier onze heures quand je sortis de Luxembourg, et je ne pus, Monseigneur, ni vous aller voir, ni envoyer chez vous pour mexcuser, tant le zèle de la maison de Dieu nous transporta tous1. Je vous attendrai aujourd'hui toute l'après-dinée jusqu'à six heures du soir; et cependant je demeurerai très parfaitement à vous.
J. B., é. de Meaux.
Suscription : Pour Monseigneur de Soissons.
[\ l6. MlLORD PERTH A BOSSUET.
Edimbourg, ce i5 janvier 1687.
Monseigneur, Les obligations que je vous ai sont, il y a déjà longtemps, au delà de tout ce que je pourrais faire pour vous donner
Lettre 415. — L. a. s. des initiales. Bibl. Laurenziana. Publiée par M. Guillaume et par M. Verlaque, avec quelques inexactitudes.
1. Le palais du Luxembourg était partagé par moitié entre Mlle de Montpensier et sa sœur, Élisabetli d'Orléans, duchesse de Guise et d'Àlencon. Celle-ci passait six mois d'hiver à la Cour et à Paris, et les six autres mois à Àlençon. « C'était, dit Saint-Simon, une princesse très pieuse, toute occupée de la prière et des bonnes œuvres. » Il s'agit probablement ici d'une réunion tenue chez Mme de Guise, en vue de quelque œuvre de charité, ou d'une mission à envoyer en quelque région de la France pour la conversion des protestants.
Lettre 416. — La lettre de Bossuet à laquelle celle-ci fait allusion n'a pas été conservée.
janv. 1687] DE BOSSUET. 327
des preuves de ma reconnaissance et du désir que j'aurais de vous la témoigner. Mais, puisque c'est pour l'amour de Dieu que vous continuez à me donner de nouvelles marques de votre charité et de votre tendresse, je prie tous les jours sa divine bonté de vous en récompenser mille fois au delà de ce que je pourrais faire pour vous témoigner combien je suis reconnaissant. Celui qui, par sa miséricorde envers moi, vous a inspiré pour moi une tendresse paternelle, peut seul donner la récompense de tout ce qu'il excite à faire pour lui ; et j'espère avec une entière confiance qu'il le fera, non seulement pour les offices de charité dont vous nous comblez tous les jours, moi et mon fils, mais encore plus pour les avantages que sa sainte Eglise reçoit tous les jours de votre savante, pieuse, judicieuse et éloquente plume.
J'ai fait tout nouvellement imprimer ici votre livre de l'Exposition de la Foi et votre Lettre pastorale1 . J'espère avoir tous les jours de quoi vous entretenir sur les bons effets de cette publication. Je souhaite que le premier de ces deux ouvrages ait ici le même effet sur les autres qu'il a eu sur moi. Je remercie Dieu tous les jours de ce qu'il est tombé entre mes mains, d'autant plus qu'il est fort remarquable que ce fut un ministre qui me l'envoya, comme un livre plus propre à satisfaire la curiosité qu'à déterminer le jugement en matière de religion. Mais lorsque les hommes ne songent qu'à leur divertissement, Dieu tout puissant le change quelquefois en quelque chose de plus sérieux; et saint Augustin, n'ayant d'autre dessein que d'écouter avec plaisir l'éloquence de saint Ambroise, remporta la semence des scrupules qu'il jeta dans son cœur et qui, par un miracle, étant venus à maturité, produisirent le fruit d'une parfaite conversion.
Mon frère Melford2 vous est infiniment obligé de la bonté que vous avez pour lui, et de l'espérance que vous témoignez
1. Ces éditions d'Edimbourg- ne figurent pas dans les bibliographies de Bossuet. Elles ne sont sans doute que des réimpressions des éditions de Londres données par Johnston.