‹ Correspondance de Bossuet (volume 3)Chapitre 201 sur 308 · Sur Melford, voir p · texte numérisé non relu

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328 CORRESPONDANCE [janv. 1687

qu'il continuera aussi bien qu'il a commencé. Je suis obligé d'avouer que, si j'avais à proportion autant de bonnes qualités que lui, j'espérerais, avec la grâce de Dieu, faire ici quelques progrès : non seulement j'en suis fort éloigné, mais encore je suis honteux de me trouver comme le fou dont parle Salomon 3, à qui on a mis entre les mains quelque chose de grand prix, dont je ne sais pas faire tout l'usage que je pourrais. Que ne feraient pas quelques personnes dans le poste4 où je suis? Mais hélas ! quand je considère ce que je dois à Dieu, à ma patrie engagée dans l'erreur, au service du Roi et à cette sainte société de laquelle je suis3, quoique le dernier, et aux catholiques de ce pays-ci, je ressens une extrême confusion : si peu de zèle, si peu de forces, si peu de secours, tant d'oppositions et si peu de gens qui m'assistent, sont des considérations qui ne me donnent guère de consolation.

Les catholiques qui sont ici, peuvent dire avec saint Paul qu'ils sont exposés comme en spectacle6. Ils sont en petit nombre, et leurs saintes maximes sont si peu connues qu'on regarde comme des monstres ceux qui tiennent de semblables maximes. Ils ne s'accordent pas même fort bien ensemble, faute de s'appuyer l'un l'autre ; et nous avons assez de peine à nous maintenir tous dans une parfaite union7. Les uns veulent être de saint Paul, et les autres d'Apollo8. Nous en avons peu qui aient assez renoncé à eux-mêmes pour remercier Dieu de ce que personne n'a aucun juste sujet de se servir de son nom pour couvrir son attachement à ce qui passe pour une espèce de faction.

Le Roi a invité les bénédictins et les capucins de venir ici

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