‹ Correspondance de Bossuet (volume 3)Chapitre 203 sur 308 · Le fils de Milord Perth avait alors douze ans · texte numérisé non relu

Le fils de Milord Perth avait alors douze ans

12. Sans doute ce que Jacques II lui dit lorsqu'il quitta la Grande Bretagne pour venir étudier en France.

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faire, d'autant plus que j'apprends que M. Wallace13 fait de son côté ce que Sa Majesté lui a dit : il en aura tout le bonheur, et moi toute la joie. Je vous avoue que je tremble pour cet enfant, quoique ce ne soit pas pour sa conservation, puisque la vie du monde ne dure qu'un moment, mais c'est pour son âme. Que je m'estimerais heureux, s'il savait tout le prix de son innocence, et ce que c'est que d'être en grâce avec Dieu ! Mais sa divine puissance suffit à toutes choses.

J'ai bien de la joie de ce que vous approuvez le choix que j'ai fait en le mettant entre les mains de M. Innés14. J'ose dire que si vous pénétriez au fond du cœur de ce digne ecclésiastique, vous l'approuveriez encore davantage : car il a une piété solide sans affectation, et un si grand zèle pour la gloire de Dieu, que j'ai passé quelquefois cinq heures entières avec lui sans croire presque que la conversation eût duré un quart d'heure. Mais il est accablé des affaires de son collège, qui se trouve fort incommodé par les dernières répa-

i3. John Wallace, auquel fait ici allusion le duc de Perth, était le gouverneur de son fils. Dans le Calendar of State Papers, Domestic, 1689-1690, Londres, i8g5, in-8, on trouve, à la p. 383, une liste de pensions faites par Jacques II à des ecclésiastiques, au 3i décembre i685. On y lit : To John Wallace, lord Drummond's governor : ioo1. Né à Angus, au nord de l'Ecosse, de parents protestants, il fut amené à la foi catholique par l'étude des Pères, et suivit le duc de Perth à Rome et en France. Ordonné prêtre, il travailla quatorze ans à la mission d'Ecosse, et en 1720, devint coadjuteur du vicaire apostolique d'Ecosse, et mourut le n juillet 1733.

i4- Lewis Innés ou Innese (i65i-I738), étudia à Paris, reçut la prêtrise et fut, en 1683, à la mort de Robert Barclay, nommé principal du Collège des Ecossais, dans les bâtiments duquel est aujourd'hui installée l'Institution Chevallier, rue du Cardinal-Lemoine, 65; il donna sa démission à la fin de 17 13. Il fit partie du Conseil de Jacques II à Saint-Germain. Son frère cadet, Thomas Innés (1662- 17^4), fut aussi ordonné prêtre, remplit différentes fonctions en France et en Ecosse, se rît connaître par ses travaux historiques et mourut vice-principal du Collège des Ecossais à Paris. (Fr. Michel, les Écossais en France (Rordeaux), Londres, 1862, 2 vol. in-8, t. II ; Dom Bouillard, Histoire de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, Paris, 172/i, in-fol., p. 288; les Nouvelles ecclésiastiques, année i"]^5.~)

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rations de la rue15, qui en ont fort diminué les rentes et l'ont presque entièrement détruit. Si, par votre grand crédit, vous pouvez procurer à cette pauvre maison quelque grâce du Roi, qui a secouru avec tant de générosité et de bonté nos jésuites écossais de Douai16, ce sera une grande œuvre de charité, et un moyen de fournir à ce pays un secours de missionnaires prêts à tout événement.

Je vous demande très humblement pardon, Monseigneur, de vous avoir fait ma lettre si longue : je la prolongerai seulement encore pour vous demander, prosterné àvos pieds, votre bénédiction, étant, Monseigneur, votre très obéissant fds, et très fidèle et très humble serviteur.

Perth.

Ai 7. —A Guillaume de La Rrumetière.

A Versailles, 36 février 1687.

Ire Proposition. Si nous pouvons consentir qu'on amène par force aux mystères, c'est-à-dire à la messe, des gens qui disent tout haut qu'ils ne la croient pas.

i5. La rue des Fossés-Saint-Vietor, appelée aujourd'hui rue du Cardinal-Lemoine.

16. Dans les Records of thc Scols Collèges at Douai, Rome, etc. Aberdeen, 1906, in-8, t. I, p. 5 a 97, on trouve les noms des Écossais qui ont fréquenté le collège des Jésuites à Douai et les noms des Jésuites écossais, supérieurs ou recteurs de cette maison de 1 58 1 à 1772. Pour la période de 1680 à 1688, les recteurs sont les Pères Thomas Paterson, Thomas Robey et Gilbert Inglesy.

Lettre 411. — Revue sur l'original communiqué par M. N. Charavav.

Bossuet répond à des questions que lui avait adressées l'évêque de Saintes. Ce prélat était Guillaume de La Brunetière, qui occupa ce siège du 3o novembre 1677 au 2 mai 1702, date de sa mort. l\é au Plessis-de- Gesté, en Anjou, le -î!\ novembre ifi3o, il fit ses études à. Navarre et prit le bonnet de docteur le 27 juillet 1G06. Par la résignation de son oncle, Guy Lanier, il devint, le 4 mai 1607, archidiacre de Brie, dans l'Église de Paris. Attiré par son condisciple de Navarre, Léonard de I.amet,

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Réponse. Je crois, comme vous, qu'avec une telle déclaration, il les faudrait plutôt chasser de l'église que les y faire venir ; mais quand ils ne disent mot, et qu'ils sont contraints d'y venir par une espèce de police générale, pour empêcher le scandale des peuples, encore qu'on présume et même qu'on sache d'ailleurs qu'ils n'ont pas la bonne croyance, on peut dissimuler par prudence ce qu'on en sait, tant pour éviter le scandale que pour les accoutumer peu à peu à faire comme nous.

IIe Proposition. Si on peut donner les sacrements à ceux qui, ayant toujours dit qu'ils ne croient rien de la religion catholique, veulent bien pourtant se confesser, mais non communier près de la mort, pour éviter les peines de l'Ordonnance1, ne répondant jamais sur leur foi que par équivoque.

au Doyenné de Saint-Thomas-du-Louvre, il y fréquenta Bossuet. Nommé vicaire général par Péréfixe en 1661, il fut maintenu en fonctions par Fr. de Harlay. 11 prit part aux négociations engagées avec les religieuses de Port-Royal pour les amener à signer le formulaire (Cf. tome I, p. 88 et Sainte-Beuve, Port-Royal, t. IV). 11 présida aux conférences sur la réformation du Bréviaire de Paris, et se chargea d'en composer les hymnes nouvelles ; mais une fois élevé à l'épiscopat, il abandonna ce travail, qui fut achevé par Santeul. (Cf. Dom Guéranger, Institutions liturgiques, Paris, i84i, t. II, in-8 ; A. Gazier, de J.-B. Santolii hymnis, Paris, 1875, in-8.) Quand le Boi le nomma à l'évèché de Saintes, en 1O76, il dit : « Je viens de donner un évêché à un homme que je n'ai jamais vu, mais je ne parle à personne qui ne m'en dise du bien. » Il mourut avec une réputation de sainteté. Son oraison funèbre fut prèchée dans sa cathédrale, le i3 juin 1703, par le P. Voisin, jésuite (Saintes, 1702, in-4). On a aussi celle que prononça le P. Desforges, cordelier (Saintes, 1702 in-/l). Fénelon, qui avait été en rapports avec lui lors de la mission de Saintonge, l'appelle « un évèque plein de douceur et de bonne intention », mais « trop mou et trop crédule » (lettres du 16 et du 28 janvier 1686). (Voir Histoire des illustres d'Anjou par Cl. -G. -G. Pocquet de Livonnière, ms. i3oo de la Bibliothèque de la ville d'Angers).

1. L'ordonnance royale du 29 avril 1686, dont voici les disposi-

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Réponse. Il est certain déjà qu'on ne leur peut pas donner l'absolution, dont ils sont incapables ; pour la communion, on suppose qu'ils ne la demandent pas et qu'ils ne la veulent pas : reste donc à examiner pour V extrême-onction. Je réponds que, s'il parait qu'ils l'ont demandée et que depuis ils n'aient rien fait de contraire, s'ils viennent à perdre la connaissance, on ne leur peut refuser ce sacrement. La raison est que ce serait déclarer l'incapacité qu'on a reconnue par la confession : ce qui n'est pas permis. Que si, étant en pleine connaissance, ils refusent la communion, ce refus doit être réputé un acte

tions : « ... Nous avons dit et ordonné, et, par ces présentes signées de notre main, disons et ordonnons, voulons et nous plaît que si aucuns de nos sujets de l'un et de l'autre sexe, qui auront fait abjuration de la R. P. R., venant à tomber malades, refusent aux curés, vicaires ou autres prêtres de recevoir les sacrements de l'Eglise et déclarent qu'ils veulent persister et mourir dans la R. P. R., au cas que lesdits malades viennent à recouvrer la santé, le procès leur soit fait et parfait par nos juges, et qu'ils les condamnent, à l'égard des hommes, à faire amende honorable et aux galères perpétuelles avec confiscation des biens ; et, à l'égard des femmes et filles, à faire amende honorable et être enfermées avec confiscation de leurs biens; et quant aux malades qui auront fait abjuration et qui auront refusé les sacrements de l'Eglise et déclaré auxdits curés, vicaires ou prêtres qu'ils veulent persister et mourir dans la R. P. R., et seront morts dans cette malheureuse disposition, nous ordonnons que le procès sera fait aux cadavres ou à leur mémoire, en la manière et ainsi qu'il est porté par les articles du titre xxn de notre ordonnance du mois d'août 167g sur les matières criminelles, et qu'ils soient traînés sur la claie, jetés à la voirie et leurs biens confisqués, \oulons que, sur les avis donnés à nos juges par les curés, vicaires ou prêtres, auxquels les refus auront été faits, et sur la déclaration des malades, de vouloir mourir dans la R. P. R. nonobstant leur abjuration, et qui seront morts en cet état, nos juges dits informent desdits refus et déclarations... » (Recueil des édits, déclarations et arrêts du Conseil rendus au sujet des gens de la Religion prétendue réformée. Paris, 1714, in-ia, p. 358 à 3C2.)

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contraire à la demande de l'extrême-onction, puisque c'est une marque certaine d'incrédulité. On pourrait douter si la confession faite par un homme qui déclare à son confesseur qu'il ne croit pas la religion catholique oblige au secret, puisque, en effet, c'est plutôt une moquerie qu'une confession. Mais premièrement, un homme pourrait se confesser en celte manière : « Je voudrais bien pouvoir croire, mais je n'en puis venir à bout, et je m'accuse de cette faiblesse. » Secondement, quoiqu'il soit vrai qu'un incrédule qui ne veut jamais s'expliquer que par équivoque, et qui, dans la confession, vous déclare qu'il ne peut ni ne veut croire, en effet 2 ne fait pas une confession, et qu'au fond on ne lui doive aucun secret, néanmoins il faut agir avec beaucoup de prudence, et respecter, en quelque sorte, même l'apparence de la confession, pour ne point rendre un sacrement si nécessaire, odieux aux infirmes3.

Quant à ceux qui veulent bien recevoir l'extrêmeonction avec connaissance, et ne veulent pas s'expliquer précisément sur la foi, on ne peut point la leur administrer sans participer à leur sacrilège.

IIIe et IVe Proposition. Si l'on peut recevoir parrains et marraines ceux qui ont ces sentiments, et qui ne les dissimulent pas, ou qui répondent avec équivoque, et si on peut les recevoir à se marier.

Képonse. Je ne les reçois ni à l'un ni à l'autre

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