‹ Correspondance de Bossuet (volume 3)Chapitre 204 sur 308 · En effet, en réalité · texte numérisé non relu

En effet, en réalité

3. Infirmes, faibles dans la foi, faciles à scandaliser. Cf. saint Paul : « Videte autem ne forte haec licentia vestra offendiculum fiât infmnis. » (IC01., vm, 9).

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dans mon diocèse : car on ne peut recevoir parrains et marraines que ceux qui seront capables d instruire l'enfant dans les sentiments de l'Eglise, et le Rituel même prescrit qu'on leur fasse faire profession de la foi catholique; et, pour le mariage, ils sont trop certainement en mauvais état pour être capables de recevoir ce sacrement.

Ve Proposition. S'ils se fiancent, et après cela habitent ensemble sans la bénédiction nuptiale, est-il à propos de procéder contre eux par censure ?

Réponse. Il n'y a nul doute, en ce cas, qu'il faut procéder par censure, implorer le secours du magistrat comme contre un scandale public.

VIe Proposition. Pour les sépultures, on donne l'extrêmeonction, et on enterre en terre sainte ceux qui ont toujours parlé comme protestants, et n'ont fait aucun acte de catholique, pourvu qu'à l'extrémité ils aient appelé un prêtre, ce qu'on sait qu'ils font par intérêt, dans la crainte des peines de l'Ordonnance : cela est-il canonique ?

Réponse. La règle que je donne dans mon diocèse à l'égard de la sépulture en terre sainte, est de la donner ou de la refuser aux nouveaux catholiques dans le même cas qu'aux anciens. Si l'ancien catholique n'a pas satisfait au devoir pascal, et qu'il soit surpris de la mort sans avoir fait aucun acte, je lui fais refuser la terre sainte ; de même au nouveau catholique, quoique, en ce cas, il n'encoure point la peine de l'Ordonnance, et qu'il n'y ait à s'adresser au magistrat que pour éviter les inconvénients d'avoir recelé la mort. Que si on rapporte que l'ancien catholique a demandé un prêtre, je présume

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fort facilement pour le mort4, et j'en fais autant pour le nouveau catholique, quelque présomption que j'aie au contraire, parce que, la présomption de la pénitence étant la plus favorable, c'est celle qu'on doit suivre.

En général, j'évite autant que je puis de donner occasion à la Justice de sévir contre le mort, parce que je ne vois pas que ce supplice fasse un bon effet3. Il me paraît, au reste, non seulement que c'est la raison 6 que les évêques se rendent maîtres de toutes ces choses, mais encore que c'est assez la disposition de la Cour.

4i8. — Louvois a Bossuet.

A Versailles, 11 mars 1687.

La dépêche du Roi, qui sera ci-jointe1, vous explique si

tx. C'est-à-dire : je suis l'hypothèse la plus favorable au mort.

5. Le 23 septembre 1686, en vertu d'une sentence du Chàtelet rendue à la requête de M. de Menars, un exécuteur était venu de Paris à La Ferté-sous-Jouarre, pour faire déterrer et jeter à la voirie le corps d'une parente des Vrillac, nouvelle convertie, morte sans avoir voulu recevoir les derniers sacrements (Journal de Raveneau, à l'année 1686).

6. C'est la raison, il est raisonnable que. « C'est la raison de le défendre contre l'injustice. » (Bussy-Rabutin, Histoire amoureuse des Gaules, Préface).

Et c'est bien la raison, que, pour tant de puissance. Nous vous rendions du moins un peu d'obéissance.

(Corneille, Rodogune, II, ni).

Lettre 418. — Inédite. Archives du Ministère de la Guerre, t. 781,

p. 169. Minute. La même lettre fut aussi adressée à l'évêque de Noyon.

1. Celte dépèche est l'ordre suivant envoyé à M. de Menars par

mars 1687] DE BOSSUET. 33g

particulièrement ses intentions sur les femmes du Poitou qui ne sont pas encore converties, lesquelles Sa Mté fait transférer dans votre diocèse pour être mises dans les couvents que vous jugerez à propos, que je n'ai qu'à vous supplier de me mettre en état de rendre compte à Sa Majesté de ce que vous aurez fait en exécution de ses ordres, et à vous assurer que je suis...

^19. A Mme DE BeRINGHEïN.

A Meaux, 21 mars 1687.

J'envoie, ma Fille, pour apprendre des nouvelles de votre santé. Je vous prie aussi de m'en mander de la communauté.

Je me suis souvenu de ce que nous avions dit autrefois, et je destine à M. Jamet1 une cure dont il aura sujet d'être content, je lui mande de venir ici lundi, si vous l'avez agréable.

Louvois, de Marly, 11 mars 1687 : « Il a été encore arrêté en Poitou des femmes de la P. R. qui s'étaient jusques à présent cachées pour éviter de se convertir, lesquelles, bien loin de profiter des instructions qu'on leur donne pour les porter à faire abjuration, persistent à demeurer dans leur hérésie. Le Roi a jugé à propos d'en user à leur égard de même qu'il a été fait de celles de la même province qui ont été ci-devant transférées dans des couvents du diocèse de Beauvais, en les envoyant dans des maisons religieuses de celui de Meaux, pour les obliger à faire ce que Sa Majesté désire : de quoi elle m'a commandé de vous donner avis, afin qu'il vous plaise, de concert avec Mons. l'évêque de Meaux, auquel Sa Majesté en écrit, choisir les couvents les plus propres pour les enfermer. » (76id.)

Lettre 419. — L. a. s. Archives de Saint-Sulpice. Publiée pour la première fois dans l'édition de Versailles, t. XLIII, p. 12.

I. Bossuet écrit Jametz. — Claude Jamet était un des chanoines attachés à l'église du monastère et à la paroisse de Faremoutiers j il

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Madame de Notre-Dame2, à qui j'ai dit tous les bons sentiments que vous aviez pour elle, vous en est très obligée ; et si elle quitte son abbaye, ce que j'empêcherai de tout mon pouvoir, la retraite de Faremoutiers lui sera très agréable. Pour moi, j'opine fort à cela, et je suis très assuré que deux esprits aussi bien faits que vous êtes toutes deux, trouveront l'une avec l'autre beaucoup de douceur.

Je salue de tout mon cœur Madame d'Armainvilliers; je souhaite, ma chère Fille, que votre santé soit aussi bonne que la mienne.

J. Bénigne, é. de Meaux.

^20. — A. P. Daniel Huet.

A Meaux, ce vendredi saint [26 mars 1687 ?].

J'ai reçu, Monseigneur, avec la lettre dont vous

faisait aussi les fonctions de confesseur des religieuses. Bossuet ne donna pas suite, au moins pour le moment, au projet qu'il avait formé, de le nommer à une cure, car Jamet figure parmi les chanoines de Faremoutiers jusqu'en i6o,4 (Registres de l'état civil de Faremoutiers).

2. Notre-Dame, abbaye de chanoinesses régulières de Saint-Augustin, située sur la paroisse Saint-Martin, de Meaux. Elle avait alors à sa tète Aime Barbe Françoise de La Vieuville, qui avait succédé, en 1680, à sa tante Louise de La Vieuville, et qui voulait donner sa démission, ce qu'elle fit, comme on le verra, un mois après.

Lettre 420. — L. a. s. Bibl. Laurenziana. Publiée par M. Guillaume et par M. Verlaque (Voir t. I, lettre ^2, p. 208).

Lettre sans indication d'année, à placer entre 1686 et 1689, car c'est entre ces deux dates seulement que Huet eut le titre d'évèque de Soissous. Elle fut plus probablement écrite en 1G87, et par conséquent le 26 mars, puisque c'est ce jour-là que tomba le vendredi saint

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m'honorez, le présent de M. Grsevius, et je lui en ferai mes remerciements après les fêtes. Mais je n'ai pas voulu tarder davantage à vous faire celui que je vous dois, et en même [temps] à vous souhaiter un heureux voyage, votre prompte guérison ' et des bulles 2 pour le bien de l'Eglise et la consolation de vos voisins3.

Je suis, avec le respect que vous savez, Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur. J. Bénigne, é. de Meaux.

Au bas de la page : Mr. de Soissons.

de cette année. En effet, il y est fait allusion à un voyage que M. de Soissons devait entreprendre pour sa santé. Or, au printemps de 1 686, Huet fit un voyage, non pour aller prendre les eaux, mais pour connaître le diocèse auquel il avait été nommé au mois de novembre précédent ; et, en 1688, il ne paraît pas que M. de Soissons soit allé à Bourbon, comme il fit en 1687. Cependant on ne voit pas quel ouvrage de Graevius Bossuet aurait ici en vue, car c'est seulement le Ier avril 1687, que Graevius chargea Huet de remettre de sa part à M. de Meaux son traité De reqno Laconico ; tandis que, le 4 avril 1688 (et cette année-là, le vendredi saint tomba seulement le 16 avril) il fit présent de son édition du De Officiis aux évêques de Soissons et de Meaux (Cf. Huet, Commentarius, p. 36a ; le registre des dépenses de Huet, Bibliothèque Nationale, n. a. fr. 1197 ; Correspondance de Huet, ibid., f. latin 1 1 433, lettres de Graevius du Ier avril 1687 et du 4 avril 1688).

1. Le registre des dépenses de Huet mentionne un séjour de trente et un jours et demi à Bourbon, ayant pris fin le 11 juin (Bibl. Nationale, 11. a. fr. 1197, fos i44 et 1^7). On voit par les Registres de l'Académie française (Paris, 189D, 3 vol. in-8, t. I, p. 275) que, le ig avril 1687, Huet, indisposé, se préparait à partir « incessamment pour Bourbon, à cause d'une débilité du genou ».

2. Huet dut attendre ses bulles plusieurs années, tant à cause des difficultés pendantes entre la France et la Cour de Rome, que par suite de l'indélicatesse de son banquier (Commentarius, p. 363 et 364).

3. On se rappelle que Bossuet s'applaudissait de voir Huet pourvu d'un diocèse voisin de Meaux (p. i6i).

3^2 CORRESPONDANCE [avril 1687

^2 1. A Mme DE BeRINGHEN.

A Meaux, 3 avril 1687.

M. de Chevry1 est ici, Madame, qui m'apporte un blanc-seing de Madame de Bonne val, sur une difficulté qu'il dit rester encore entre vous et elle2. C'est à vous à voir ce que vous voulez que j'en fasse ; et tout ce que je puis vous dire, c'est que je serai bien aise que vous ne plaidiez pas ensemble.

Je suis à vous, Madame, de tout mon cœur. J. Bénigne, é. de Meaux.

Suscription : A Madame V Abbesse de Faremoutiers .

^22. — A l'Abbé de Rancé.

A Meaux, 6 avril 1687.

Celui qui vous rendra cette lettre, Monsieur, est

Lettre 421. — ■ L. a. s. Archives de Saint-Sulpice. Publiée pour la première fois dans l'édition de Versailles, t. XLIII, supplément, p. i3.

1. Bossuet écrit : Chevri. — Il s'agit de l'un des Chevry catholiques. (Voir lettre du 18 juin 1686, note 2). C'était Henri de Chevry, seigneur de Vaudoy, fils de Louis de Chevry et de Françoise de Cuigy. Il habitait le château du Plessis-Feu-Aussoux, à quelque distance de Jouy-sur-Morin. Il avait épousé, le 2 2 septembre 1679, Marie-Anne Belin, fille de Jacques Belin, sous-doyen des conseillers au Chàtelet de Paris. Une de ses filles, Marguerite de Chevry, devint la femme de Claude Henri, fils de Mme de Bonneval. Il mourut au Plessis le 23 janvier 1727, à l'âge de soixante-quatorze ans (Bibl. Nationale, Carrés d'Hozier ; Etat civil du Plessis-Feu-Aussoux.)

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