‹ Correspondance de Bossuet (volume 3)Chapitre 207 sur 308 · Le Secrétaire d'État a Bossuet · texte numérisé non relu

Le Secrétaire d'État a Bossuet

17 avril 1687.

Monsieur, sur le compte que j'ai rendu au Roi de ce que vous m'avez écrit au sujet du Sieur de La Charmoie l, prisonnier à Guise, S. M. m'a commandé d'expédier les ordres nécessaires pour le faire mettre en liberté, et je les envoie aujourd'hui à M. de La Fitte2.

Lettre 423. — Inédite. Archives Nationales, O1 3i.

1. M. de La Charmoie avait été par un ordre du 22 août 1686 conduit des prisons de Provins au château de Guise, et non à Sens (Arch. Nationales, O1 3o, f° 2g3). Le Journal de Rochard nous donne quelques détails sur ce personnage : Après les vêpres, le 6 janvier 1686, « le sieur Séguier La Charmoix, esprit des plus séditieux, avec sa femme, se trouvèrent à l'évêché. M. l'Évèque leur parla à l'un et à l'autre. Ce La Charmoix avait des dragons chez lui, par ordre de M. l'Intendant, parce qu'il s'était mutiné et ne voulait se convertir. Sa femme, par les mêmes ordres, était aux Filles de l'Instruction chrétienne, faubourg Saint-Nicolas. Cette femme, comme une mégère en furie, entra en la chambre de M. l'Evèque, qui lui parla de se convertir. Où étant et entendant de tels propos, elle faisait des cris et hurlements effroyables, qui s'entendaient de tous les appartements. Elle fit l'évanouie, et il fallut lui apporter du vin. Cette scène dura jusqu'à huit heures sans qu'on pût rien gagner sur eux ; ils abusaient tout à fait de la patience de M. l'Evèque. La Charmoix lui demandait sa femme ; il répondit qu'il ne pouvait toucher à l'ordre de M. l'Intendant. » (Journal de Rochard, dans Réaume, Histoire de Bossuet, t. II, p. 517. Reproduit de la Rev. Bossuet, 25 juillet igo4, p- 162.) Ces documents permettent de rectifier le récit de Ledieu, t. I, p. 189.

2. Jean-Francois-Paul de La Fitte, seigneur de Pelleport, était entré au service en i645. Il fournit une carrière brillante et fut créé, en 1688, maréchal de camp. Il avait le gouvernement de la ville et du château de Guise, dont il se démit en 1689. Il mourut en 1690 (Voir l'abbé Le Pippre de Nœufville, Abrégé chronologique de la maison du Roi, Liège, 1734, 3 vol. in-4, t. I, p. 218 et suiv. ; Pinard, Chronologie historique militaire, t. VI, p. 45g).

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