A UN DISCIPLE DU P. MaLEBRANCHE
A Versailles, 21 mai 1687.
Je n'ai pu trouver que depuis deux jours le loisir
Cardinal de Bausset, Histoire de Bossuet ; A. Floquet, Études sur la vie de Bossuet, 1. 1, p. 555-585 ;Ch. Beaugrand, article de la Revue d'histoire littéraire de la France, janvier 1901 ; le Chanoine Davin, Étude critique sur Bossuet, Paris, igoi, in-8 ; Ch. Urbain, Bossuet et Mlle de Mauléon, étude critique sur le prétendu mariage de Bossuet (Extrait de la Revue du clergé français), Paris, 1906, in-8; Th. Delmont, article de la Revue de Lille, décembre 1906; (le R. P. Constant) Lettres de Y àZ, troisième série, le Livre de l'abbé Davin, Paris, 1907, in-8; J. Gaignet, le Prétendu mariage de Bossuet, Paris, 1907, in-12 ; X*** Autour d'une brochure, lettres sur le prétendu mariage de Bossuet (Extrait de la Revue du Monde catholique), Paris, 1908, in-8 ; Revue Bossuet, juillet 1904, p. 191 ; décembre 1906, p. 317, et octobre 1909; l'Ami du Clergé, du icr juillet 1909).
Lettre 428. — Cette lettre a été publiée sur la minute de Bossuet par Deforis, avec quelques variantes négligées par les autres éditeurs. Elle semble n'avoir pas été envoyée (Voir plus loin, p. 3g3). Deforis ignorait que le destinataire en était M. d'Allemans, ami à la fois de Bossuet, de Malebranche, de Fénelon et de l'abbé de Catelan, et aussi distingué, dit Saint-Simon, par son esprit que par son caractère. Armand Joubert du Lau ou du Laux, marquis d'Allemans, était né à Montardy, paroisse de Grand-Brassac, en Périgord, le8 mars i65i, d'une famille originaire de Biscaye, longtemps protestante, alliée aux La Cropte, dont était la mère de Fénelon. Il était fils d'Isaac Joubert du Lau et de Gabrielle Jaubert de Saint-Gelais. Il avait épousé, le
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de lire le Discours que vous m'avez envoyé avec votre lettre du 3o mars ' . Je suis bien aise de peser
19 janvier 1675, sa cousine Suzanne du Lau, demoiselle de Champniers, qui lui donna treize enPants. Il fut écuyer de la reine Marie- Thérèse à partir du 10 mai 1677 ; mais, à la mort de cette princesse, il quitta la Cour. Il mourutà Champniers, non pas en 17 19, comme le dit Saint-Simon, mais le 16 janvier 1726. Il a écrit un Eloge de Malebranche publié par V. Cousin dans ses Fragments philosophiques, philosophie moderne, 2e partie. Paris, 1866, in-8, p. A73 et suiv. La même famille a produit Jean du Lau, curé de Saint-Sulpice, de 17^8 à 1777, et Jean Marie du Lau, archevêque d'Arles, qui fut victime des massacres de septembre 1792 (Voir Bibl. Nationale, Dossiers bleus ; le Mercure, octobre 175g, t. I; Saint-Simon, à l'année 171g ; A. Dujarrier Descombes, le Marquis d'Allemans, sa vie et ses écrits, Périgueux, 1890, in-8).
1. Cette lettre est perdue ; en revanche nous en avons une, écrite le même jour à Malebranche, par M. d'Allemans, de Champniers, en Saintonge. « M. le comte de Boursac vous rendra ce paquet, mon Très Révérend Père ; il contient l'écrit depuis si longtemps promis à M. de Meaux et une lettre que je lui écris, où il semble que je lui fais assez bien voir ou qu'il n'a pas su ce qu'il a dit dans son Discours sur l'histoire universelle, ou qu'il faut qu'il soit de votre sentiment. Si j'avais simplement écrit pour des philosophes, mon écrit serait bien plus serré, plus fort et par conséquent plus court ; mais écrivant pour qui vous savez que j'écris, j'ai cru devoir employer l'autorité, et faire voir qu'on peut parler le langage de l'Écriture et de saint Augustin, et dire pourtant tout ce que vous dites : voilà mon dessein. J'aurais pu facilement, en l'exécutant, faire un ouvrage plus étendu, mais j'ai cru encore le devoir faire de sorte qu'il fût facilement lu, et, en même temps, ne le devoir pas tout à fait dépouiller du caractère philosophique, quoique je m'y servisse d'autorité. C'est à vous à en juger, mon Très Révérend Père, et surtout à voir si j'expose fidèlement vos sentiments. Il me semble l'avoir fait ; mais je m'en rapporte entièrement à vous, et vous pouvez le supprimer ou tout entier ou en partie, tout comme vous le jugerez à propos. S'il n'y avait que quelque chose à refaire, vous n'avez qu'à le raccommoder vous-même ou à me le marquer, et à me le renvoyer : ce sera bientôt raccommodé. Que si vous le trouvez en état d'être montré et d'être vu, comme j'espère que vous l'y trouverez assez, vous n'aurez qu'à fermer le paquet, le remettre à M. le comte de Boursac, afin qu'il le remette à M. de Meaux. Si vous voulez, il saura que vous l'avez lu, approuvé et avoué; sinon, il ne saura pas seulement qu'il ait passé par vos mains ; en un mot, il ne saura sur cela que ce qu'il vous plaira... Si cet écrit pouvait tourner à bien, ce
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ces choses avec une liberté tout entière, et sans être distrait par d'autres pensées ; et si jamais j'ai apporté du soin à la compréhension d'un ouvrage, c'est de celui-là. Car, comme vous autres Messieurs, lorsqu'on vous presse, n'avez rien tant à la bouche que cette réponse : On ne nous entend pas, j'ai fait le dernier effort pour voir si enfin je pourrai venir à bout de vous entendre. Je suis donc très persuadé que je vous entends autant que vous êtes intelligible ; et je vous dirai ingénuement2 que je n'ai pas trouvé dans votre Discours ce que vous nous promettiez autrefois à Montceaux3 et à Germigny, c'est-à-dire un dénouement aux difficultés qu'on vous faisait. Vous nous dîtes alors des choses que vous vous engagiez de faire avouer à votre docteur '* ; et moi, je vous donnai parole aussi que, s'il en convenait, je serais content de lui. Mais il n'y a rien de tout cela dans votre Discours : ce n'est au contraire qu'une
serait à vous de voir le sort que vous voudriez lui donner. » (Bibl. Nationale, fr. a5688, publiée par M. l'abbé Blampignon, Étude sur Malebranche. Paris, 1862, in-8, 2e partie, page 89.) Le comte de Bourzac, qui servait d'intermédiaire entre le marquis d'Allemans et Malebranche, était François Isaac de La Gropte, seigneur de La Chassaigne et de Vaudoires, en Périgord, né vers i65i, de Jean Pierre de La Cropte et d'Isabeau Jaubert de Saint-Gelais. Il était parent à la fois de M. d'Allemans et de Fénelon. Il mourut à Vaudoires, en 1788, âgé d'environ quatre-vingt-sept ans (Voir la Gazette du 5 sept. 1729 et du 22 mars 1788 ; Bibl. Nationale, Dossiers bleus).
2. Var. : je vous dirai ingénument que je n'ai rien entendu dans voire discours de ce que vous nous avez dit autrefois à Montceaux et à Germigny, lorsque vous nous promettiez un dénouement.
3. Montceaux, village voisin de Trilport (Seine-et-Marne). Il s'y trouvait un château royal, bâti par Catherine de Médicis, où Henri IV fit de fréquents séjours (Th. Lhuillier, L'ancien château royal de Montceaux en Brie, Meaux, i885, in-8).