Guillaume : à Bourbon
7. C'est probablement à cette occasion que Bossuet reçut les compliments du corps de ville de Soissons présentés par M. Hébert, trésorier de France. Ce discours adressé à Bossuet se trouve à la p. 102 des Discours et harangues de M. Hébert, trésorier de France, de l'Académie de Soissons, Soissons, 1699, in-12 (Cf. dans la Semaine religieuse de Soissons, au 17 mars 1900, un article de M. Binet, directeur au Grand Séminaire, Les relations de Bossuet dans le Soissonnais).
4i8 CORRESPONDANCE [août 1687
/13g. — A Mme de Beringhen.
A Meaux, 23 août 1687.
J'accorde la permission1 que vous demandez pour le Père de La Tour2. Vous pouvez aussi, ma Fille, en cas pareil la tenir pour donnée aux gens que vous saurez bien approuvés, quand on n'aura pas le temps de recourir à moi. Vous voyez que je suis bien aise de ce recours, qui me donne des occasions de vous assurer de mon amitié et de mon estime.
Je ne manquerai pas de vous recommander aux prières du saint homme dont vous me parlez3. A ce que je vois, vous m'observez de près ; je ne suis pas en humeur de m'en fâcher : de telles prières nous peuvent tous sanctifier ; mais il faut nous-mêmes prier beaucoup, afin que les prières des saints nous profitent.
J. Bénigne, é. de Meaux.
Lettre 439. — L. a. s. Collection de M. Richard, doyen du Chapitre de Rennes.
1. La permission de prêcher ou de confesser dans le monastère de Faremoutiers.
2. Peut être le P. de La Tour, de l'Oratoire. Pierre François de La Tour, né à Paris en 1 653, était fils de Henri d'Arrères de La Tour, écuyer de Mlle de Montpensier, et de dame Sibille de Maleval. Entré à l'Oratoire en 1672, il fut nommé général de sa Congrégation, et nous verrons Bossuet, le 7 septembre 1696, à Juilly, applaudira cette nomination. (Voir cependant la lettre du 8 juillet 1697 à Mme de Beringhen).
3. Sans doute l'abbé de Rancé, que Bossuet allait voir à la Trappe.
sept. 1687] DE BOSSUET. ^19
44o. — Milord Perth a Bossuet,
Ce lt septembre 1687.
Monseigneur, J'avoue que j'ai été trop longtemps à répondre à votre divine lettre ; mais je ne différais à y répondre que parce que j'avais toujours quelque espérance de vous pouvoir rendre un bon compte des effets qu'elle avait produits. Cependant il faut que je me plaigne de ma mauvaise fortune, en ce qu'un si excellent moyen ne produira pas apparemment l'effet qu'il devait produire; car, si votre lettre eût été adressée à tout autre qu'à moi, il serait extraordinaire qu'elle n'eût pas porté nos supérieurs, de la volonté desquels nous dépendons, à nous procurer la salutaire bénédiction d'un bon évèque '. Mais cette affaire, après que j'y ai employé de ma part les plus pressantes instances, étant présentement assoupie, voici tout ce que j'en puis dire : c'est que le meilleur des évêques2, dont la plume inspirée d'en haut, car il faut que je le dise, dont la plume charmante a défendu si noblement et avec triomphe l'honneur delà doctrine apostolique contre les calomnies dont la malice des hérétiques tâchait de la noircir; celui qui, par sa dextérité à mettre la vérité dans son véritable jour, l'a fait embrasser à un si grand nombre de personnes qu'il a retirées de l'erreur ; celui dont l'exemple est un sermon continuel, auquel il est plus difficile de résister qu'à toute la force et l'énergie de cette éloquence avec laquelle il captive ses auditeurs; celui-là, dis-je, a trouvé parmi nous moins de docilité que parmi les hérétiques de France, malgré les mau-
Lettre 440. — Réponse à une lettre de Bossuet qui ne nous a pas été conservée.
t. C'est-à-dire à faire donner un bon évêque aux catholiques d'Ecosse. Le premier évêque fut sacré à Paris, le 27 février i6g5 : ce fut Thomas Nicholson, avec le titre de vicaire apostolique.