Bossuet lui-même
420 CORRESPONDANCE [sept. 1687
vaises humeurs qui avaient régne si longtemps dans leurs esprits. Car, au moins à ce qu'il paraît, nous ne pouvons être convaincus qu'un évoque soit le plus propre remède de nos divisions 3 ; mais nous sommes contents de demeurer dans un état incommode, gémissant sous le poids de notre maladie, plutôt que de nous soumettre à une cure que quelques personnes trouveraient trop rude pour la pouvoir supporter aisément.
Je laisse l'explication de tout ceci à***4, qui en sera si pleinement instruit par un de mes amis, qu'il pourra vous satisfaire sur toutes les circonstances de cette affaire. J'espère que Notre-Seigneur aura quelque jour pitié de nous, et qu'il nous délivrera du malheur d'être à charge les uns aux autres, tandis que nous faisons tous profession d'être soumis à un même esprit, d'avoir en vue la même fin, et d'espérer d'être unis à Notre-Seigneur, et en lui les uns avec les autres par les liens d'une éternelle charité. Le saint Apôtre 3 a développé ce mystère de la cause des divisions, comme Salomon 6 l'avait fait longtemps auparavant ; et il nous a dit que notre gloire devait être à tâcher d'être assez humbles pour imiter l'exemple de Notre-Seigneur, et qu'ainsi nous ne trouverons que de légères tentations ' : de sorte que nous ne nous intéresserons pas plus qu'il ne faut8 à être sous un chef d'un corps séparé du reste des hommes9, borné par les limites de certaines règles et constitutions, et qui se prétend exempt de ses supérieurs naturels, ou à marcher dans l'ancienne voie en obéissant à nos pasteurs apostoliques10. Ce n'est pas que je croie que le
3. Divisions provenant de la rivalité entre les religieux et le clergé séculier.
4. Sans doute Renaudot, qui servait d'intermédiaire et d'interprète entre Milord Perth et Bossuet.