‹ Correspondance de Bossuet (volume 3)Chapitre 241 sur 308 · Celle dont Bossuet l'avait entretenu · texte numérisé non relu

Celle dont Bossuet l'avait entretenu

4- Les éditeurs donuent, à tort, i652. Il s'agit probablement de la confession de foi dressée par le synode de l'Eglise anglicane tenu à Londres en i5Ô2. Cf. Les XXXIX articles de la confession de foi de l'Église Anglicane formés au synode national des révérends évêques et députés du clergé de la dite Eglise en i5Ô2 et confirmés en un autre synode national, en l'an 1604, etc. (Bibl. Nationale, D2 4464, in-12). Peut-être faut-il lire i552, car on voit mentionné un Catechismus brevis christianœ disciplinœ summam continens omnibus ludi magistris, auctoritate regia commendatus, Londres, J. Payn, i5Ô2, in-8 (B. Watt, Bibliotheca britannica, Edimbourg, 1824, in-4).

5. Bévoltés contre Charles I, qui, en i638, parl'édit deconformité, avait voulu leur imposer la liturgie anglicane établie par Laud, archevêque de Cantorbéry.

6. 27 août (ancien style), 6 septembre (nouveau style); comme, plus loin, i3 janvier (nouveau style), 3 janvier (ancien style).

432 CORRESPONDANCE [oct. 1687

solennelle ou Convenant1, qui avait été arrêtée dès le mois de décembre i643. Les théologiens de l'assemblée de Westminster, qui commença en i644, avaient dressé des articles de religion, tous conformes à la créance des calvinistes presbytériens. Les commissaires d'Ecosse, tous presbytériens, travaillèrent ensuite avec eux, et en réglèrent la plus grande partie.

Cet ouvrage, qui fut d'abord proposé en diverses manières, toutes plus ridicules les unes que les autres, ne fut réglé et réduit à la forme qui est dans les éditions anglaises d'Edimbourg et de Londres, qu'en 1647. H contient une Confession de foi en trente-trois chapitres : le premier, delà sainte Ecriture; le trente-troisième, du dernier jugement; le grand Catéchisme, et le petit Catéchisme qui fut fait le dernier ; ensuite le Directoire pour le service public de Dieu, selon qu'il devait être pratiqué dans les trois royaumes8.

Ce Directoire fut ordonné par acte du Parlement rebelle9, le i3e (3P) janvier i644; mais il ne fut mis en lumière que longtemps après. Par cet acte, le Livre des communes prières 10, le Rituel de l'ordination et tous autres ayant rapport à l'épiscopat furent abolis; et tous les actes d'Edward VI, d'Elisa-

7. Le covenant, ligue formée en i586 pour la défense de leur religion par les presbytériens d'Ecosse; il fut renouvelé en i638, à la suite de l'édit de conformité, et, en i643, les covenanlaires se joignirent au Parlement d'Angleterre rebelle à Charles Ier et précipitèrent la chute de la royauté.

8. The Confession of faith and the larger and shorter catechism first aijreed upon by the Assembly of divines at Westminster and novoappointed by the gênerai assembly of the kirk of Scotland to be a part of uniformity in religion between the kirks of Christ in the three kingdoms first printed at Edimburg and novoreprinted al London for the compapany of stationers, i65i, in-16 ; avec un extrait du procès-verbal de l'assemblée tenue à Edimbourg le 27 août 1647. ®n Peut v0'r auss* l'édition publiée à Edimbourg, chez Georges Swintoun et Thomas Brown, i683, in-16 (Bibl. Nationale, D2 44Ô2).

9. 4 janvier i644 (i645). Rymer, Abrégé, t. X, partie IV, p. 120. 10. C'est le Common prayer book, règle fondamentale de là liturgie

anglicane ouépiseopalienne(Dans Fr. Aidan, Gasquet et Edm. Bishop, Edward VI and the Book of Common Prayer, Londres, 1890, in-8).

oct. 1687] DE BOSSUET. 433

beth, de Jacques et de Charles Ier, pour établir l'uniformité de la religion et du service, furent cassés. Cet acte, le Convenant, et par conséquent la Confession de foi, les Catéchismes grand et petit, et le Directoire furent depuis cassés par le grand acte de la quatorzième année de Charles IL 1662 n, par lequel tous les Anglais sont obligés à renoncer à tous ces actes précédents des rebelles, nommément au Convenant, et à tout ce qui fut fait en conséquence contre les actes d'uniformité, particulièrement contre ceux d'Elisabeth.

Le roi régnant n'a pas dérogé à ces actes par un autre acte solennel, qui porte avec soi le consentement de toute la nation assemblée en parlement. Mais ayant accordé par une proclamation et par des déclarations particulières, qui sont des actes du second ordre, émanés du pouvoir et prérogative royale de dispenser des lois, ces actes de 1662 et ceux d'Elisabeth subsistent encore, et ont une entière autorité à l'égard de l'Église anglicane établie par les lois.

Ainsi, Monseigneur, la Confession, etc. 12, imprimés depuis i645 jusqu'en 1660, à Cambridge et ailleurs, ne peuvent être considérés que comme des actes des rebelles, formés sur le même bureau où on dressa la sentence de mort contre Charles Ier et les sentences par lesquelles l'épiscopat et toute la forme de la religion anglicane fut entièrement renversée. Cela soit dit par rapport à l'État.

Par rapport à l'Église, vous avez très bien jugé que cette Confession et les Catéchismes sont purement calvinistes, et n'ont aucun rapport à la véritable croyance de l'Eglise anglicane. Aussi l'Université d'Oxford, quoique quelques-uns de ses membres fussent engagés dans le parti des Parlementaires, se contenta de céder à la violence en se taisant sur ces articles ; mais elle ne les adopta jamais avec les formalités solennelles, comme fit celle de Cambridge, qui était toute remplie de presbytériens, qui firent la traduction que vous avez.

Page 1