Rymer, t. VIII
18. En 1673, un bill du Parlement obligea tous les fonctionnaires et officiers anglais à prêter le serment du test, qui fut aboli seulement en 1828, et qui écartait tous les catholiques des emplois publics.
19. Modeste, modéré. Pierre Heylin (1600-1662) fut chapelain de Charles Ier et de Charles II. Il passa en Angleterre pour trop favorable au catholicisme. Ses principaux ouvrages sont : History of the Reformation of the Church oj Scotland, Londres, i644, in-fol. ; Cyprianus Anglicus, or the history of the life and death of William [Laud], lord Archbishop of Canterbury, Londres, i644, in-fol. ; Ecclesia restaurata, the History of the Reformation of the Church of England, Londres, 1661, in-fol.
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avait promises, et qui furent supprimées, parce qu'apparemment il ne jugea pas à propos de les publier. Je transcrirai 20 ici l'article xxvm d'Elisabeth, avec la différence de celui d'Edward VI.
Caena Domini non est tantum signum muluœ benevolentiœ christianorum inter sese ; verum potius est sacramentum noslrœ per mortem Christi redemplionis. Edward, idem.
Atque adeo, rite, digne et cum fide sumentibus, panis quem frangimus est communicatio corporis Christi; similiter poculam benedictionis est communicatio sanguinis Christi. Edward, idem.
Panis et vini transsubstantiatio in Eucharistia ex sacris Litteris probari non potest ; sed apertis Scripturœ verbis adversatar, sacramenti naturam everlit, et multarum superstilionum dédit occasionem. Ces paroles sont ajoutées, et ne sont point dans l'article d'Edward, où suivent ces paroles supprimées entièrement dans Elisabeth :
Cum nalurœ humanae veritas requirat ut unius ejusdem hominis corpus in multis locis simul esse non possit, sed in uno aliquoet dejînito loco esse oporteat : idcirco Christi corpus in multis et diversis locis eodem tempore prsesens esse non potest. Et quoniam, ut tradunt sacrœ Litterse, Christus in cœlum fuit sublatus, et ibi usqueadjinem sœculi est permansurus, non débet quisquam fidelium carnis ejus et sanguinis î^ealem et corporalem, ut loquuntur, prœsentiam in Eucharistia vel credere vel profiteri.
Elisabeth poursuit par ces paroles, qui ne se trouvent point dans Edward :
20. Renaudot a dû emprunter le texte latin aux publications dont il est question plus haut; car, du moins dans l'édition de 167^, que nous avons pu consulter, Heylin donne seulement les textes en anglais. Les articles d'Edouard VI sont intitulés Articles agreed upon by bishops and other learned men in tlie conoocation held at London in the year 1 552 for the avoiding of the diversities of opinions and stablishing consent touching true religion, published by the King's authority ; et ceux d'Elisabeth: Articles agreed upon by the Archbishops and bishops ofboth provinces and the whole clergy in the convocation holden at London in the year i562 for the avoiding of diversities of opinions and stablishing consent touching true religion, published by the Queen's autho rity.
oct. 1687] DE BOSSUET. d3y
Corpus Christi datur, accipitur et manducatur inCxna, lantum cœlesti et spiritali ratione. Médium autem quo corpus Christi accipitur et manducatur in Caena, jides est.
Sacramentum Eucharistise ex institutione Christi non servabatur ; circumferebatur, elevabatur, nec adorabatur. Cet article est dans tous les deux.
Impii et fide viva destituti, licet carnaliter et visibiliter, ut Auguslinus loquitur, corporis et sanguinis Christi sacramentum dentibus premant, nullo tamen modo Christi participes ejfîciuntur ; sed potius tantœ rei sacramentum seu symbolum adjudicium sibi manducant et bibunt. Cet article manque entièrement à ceux d'Edward VI.
Cela vous fera voir, Monseigneur, quelle est l'effronterie ou l'ignorance de Burnet, qui, dans son Histoire, rapporte les paroles21 latines que vous avez lues, et que vous trouverez conformes dans le sens à cet article supprimé par celui d'Elisabeth, sans marquer que c'était le sens de celui d'Edward : d'où l'on peut juger de la vérité de la conséquence qu'il en tire, qui est toute contraire à celle que tire Heylin dans sa Préface de la Vie de William Laud, archevêque de Cantorbéry —.
Burnet dit : « Cela fait voir que la doctrine de l'Eglise, souscrite par toute la convocation ou assemblée du clergé, était alors contraire à la doctrine de la présence réelle ou corporelle dans le sacrement. » En quoi il commet une insigne falsification, en donnant à entendre que réelle est la même chose que corporelle. Or Heylin établit et prouve que l'Eglise anglicane n'exclut que la présence corporelle, et tient la présence réelle. Il cite Ridley23, qui dit que dans le sacrement del'autel est le corps et le sang naturel de Jésus-Christ [et] Alexan-
21. G. Burnet, The History of the Reformation of the Church of England, ire édit., Londres, 1881 (Dans la 4e, Londres, 1715, t. II, 2e part., p. 197, les paroles sont en anglais).
22. Cypricnus anglicus, etc. Introduction, p. 19 et 20 de l'édit. de Londres, 1671, in-fol.
23. Heylin. p. 19 et 20. Nicolas Bidley (mort en i555, évèque de Londres) eut une grande part à la rédaction du Common Prayer Book.
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dre Nowel2i, prolocuteur delà convocation de i562, où la transsubstantiation fut déclarée contraire à l'Ecriture, qui dans son Catéchisme dit : Question : Cœlestis pars et ab omni sensu externo longe disjuncta, quxnam est ? — Réponse : Corpus et sanguis Christi ; quse Jidelibus in Cœna Dominica prœbentur, ab Mis accipiuntur, comeduntur et bibuntur, cselesti tantum et spirituali modo, vere tamen atque re ipsa. Il en cite encore d'autres, et surtout ce passage d' Andrews23, évêque de Winchester, qui, écrivant contre Bellarmin, dit : Prœsentiam credimus non minus quam vos veram ; deinde de prxsentise modo nihil temere dejinimus26.
Je vous ai extrait l'article de l'Eucharistie ; si vous avez besoin de ceux de la justification, je vous les enverrai : ils sont aussi purement calvinistes. Voilà pour ce qui regarde la Confession de foi.
Pour Molinos, je crois, Monseigneur, que vous avez vu le décret21 par lequel ses propositions sont censurées au nombre de soixante-huit 28, qui est imprimé. Il y a outre cela le procès entier, qui tient plus d'une main de papier, que j'ai lu: mais on ne me l'a pas envoyé, et je n'ai osé prier mes amis de ce pays-là29 de me faire une si longue copie. Mais j'ai un extrait de tout ce long procès 30, fait de main de maître, avec
ll\. Heylin, p. 22 et 23. Alexandre Nowel (i5û7 ?-i6o2), doyen de Saint-Paul, prolocutor, ou principal orateur.
a5. Heylin, p. 23. Lancelot Andrews (i565-iÔ26) écrivit en 1609 Tortura Torti, contre Rellarmin, qui, sous le nom de Tortus, avait combattu les idées de Jacques Ier touchant les prérogatives royales.
26. L'édition de Heylin, 1671, donne à tort: deinde prœsentise nil temere dejinimus, omettant les mots de modo, comme on le voit par la traduction anglaise qui suit : but we détermine nothing rashly of the manner of it.
27. Du 28 août 1687 ; mais la bulle ne fut publiée que le 19 février suivant. Molinos, condamné à une prison perpétuelle, dut abjurer solennellement ses erreurs dans l'église de la Minerve, le 2 septembre 1687.
28. Ces propositions peuvent se lire dans l'Histoire ecclésiastique du XVIIe siècle, Paris, 171/i, t. III, p. 626 et suiv.