‹ Correspondance de Bossuet (volume 3)Chapitre 25 sur 308 · Voir t. Il, p. 212, note · texte numérisé non relu

Voir t. Il, p. 212, note

13. Millot : qu'il aime la paix autant qu'il le veut paraître. i4- Lâchât : point.

i5. Lâchât : les demandes.

Lettre 305. — L. a. s. Archives de Chantilly, Papiers de Condé, t. 98, f° 68. Publiée par A. ['"loquet, t. III, p. 544- — Cette lettre

oct. i684] DE BOSSUET. £i

V. A. S. du secours quelle m'adonne par son fontenier1. 11 n'a cessé de travailler, et nous a appris bien des choses, que ni moi, ni mes fonteniers ne savions pas. Notre ouvrage est à présent en bon train2.

J'ai reçu la lettre3 que V. A. me faisait l'honneur de m'écrire. Je ne puis, Monseigneur, assez vous remercier de tant de bontés.

Je n'ai encore aucune nouvelle de Fontainebleau sur ce que j'avais proposé pour la famille de M. de Cordemoy. Je pars pour mes visites.

Je suis avec le respect que vous savez, Monseigneur, de V. A. S. le très humble et très obéissant serviteur.

J. B., é. de Meaux.

a dû être écrite à Meaux (et non à Germigny, comme l'a conjecturé Floquet), et le lundi 23 octobre. En effet, Bossuet dit : « Je pars pour mes visites » ; et, dans une lettre à Bancé, de Meaux, a3 octobre l684, il dit : « Je pars dans deux heures. » Et le 20, il écrivait à Mme de Tanqueux : « Je pars lundi pour Crécy, où j'achèverai la fin du mois. » Or cette année-là, le 23 octobre était un lundi.

1. Ce fontenier se nommait Guillaume Thierry; il mourut le 10 février 1687, à quarante-deux ans (Archives de Chantilly).

2. Bossuet faisait faire des travaux d'amélioration aux jets d'eau de Germigny. On voit, par l'oraison funèbre de Condé, qu'à Chantilly, il avait été, comme le prince, sensible au bruit de tant de jets d'eau qui ne se taisaient ni jour ni nuit. Lorsque M. de Bissy mit en cause les héritiers de son prédécesseur, à l'occasion des bassins de Germigny, qu'il prétendait n'avoir pas été entretenus, Ledieu protesta. « On ne manque pas de dire que feu M. Bossuet n'y a rien fait ; ce qui est faux, car il a dépensé dix mille livres aux deux conduites des fontaines, où il a mis des tuyaux de grès à la place des chênes percés de terelles et joints les uns aux autres, qui y étaient dès le commencement, et il a tout entretenu » (Journal, t. IV, p. io5 ; cf. t. III, p. 357 et 35g).

3. Nous n'avons plus cette lettre, écrite depuis que Bossuet avait présenté ses neveux au prince (Cf. dans l'appendice, p. 54o, la lettre d'Antoine Bossuet, écrite un peu avant le 19 octobre i684)-

!\1 CORRESPONDANCE [oct. i684

3o6. — Un faussaire a Bossuet.

Corneille Zwol1, imprimeur et marchand libraire, demeurant à Amsterdam, en Hollande, sur le Dam, à l'enseigne du Mercure, fait savoir à M. Bossuet, évêque de Meaux, qu'on lui a mis entre les mains, moyennant cent pistoles, un manuscrit composé avec grand esprit, lequel a pour titre : Histoire2, etc.. Il ne l'a achetée qu'afin de la remettre à l'ordre dudit sieur évêque, à cause du respect qu'il a pour lui ; sur quoi il attendra sa volonté3.

Corneille Zwol.

A Amsterdam, ce 28 octobre i684-

3oy. — Au Duc de Noailles.

A Meaux, 3i octobre i684-

Vous vous souviendrez, Monsieur, de la grâce que vous m'avez faite, de me promettre d'écrire à

Lettre 306. — Sur cette lettre, voir (p. 54 et 55) celle de M. de Castorie, du 4 janvier 1680.

1. Corneille Jansz Zwoll était l'éditeur d'une des Gazettes de Hollande (E. Hatin, Les Gazettes de Hollande. Paris, i865, in-8, p. i3g, i45). Un inconnu s'était servi de son nom pour écrire à Bossuet.

2. « Le reste du titre a été effacé dans la lettre, et si fortement qu'il est impossible d'y rien découvrir. » (Note de Deforis, t. IX, p. 477).

3. « M. Bossuet a écrit de sa main au bas de la lettre ces mots : « Mémoire d'une liistoire qu'on imprimait sous mon nom. L'importance de la matière me fit informer de la vérité par M. de Castorie, qui me fit réponse que chez ce libraire on n'avait point ouï parler de cette lettre. » (Note de Deforis).

Lettre 301. — Publiée pour la première fois par Lâchât (tome XXVI, p. 34o) sur l'original, aujourd'hui détruit, de la Bibliothèque du Louvre.

oct. 1684] DE BOSSUET. 43

M. le Premier président1 de Toulouse en faveur de M. de [Varès], frère du défunt abbé de [Varès] 2, pour le faire capitoul3. Je vous supplie d'agréer que celui

1 . Ce Premier président était Gaspard de Fieubet, qui fut en charge depuis l'année i653 jusqu'à sa mort, en 1686.

2. Lâchât a lu Naves, mais très probablement il y avait dans l'autographe Vares. En effet, les de Yillette de Naves, originaires de Saint- Antonin, en Rouergue, étaient protestants, et aucun abbé de Naves n'était sorti de cette famille (Cf. Revue de l'histoire du protestantisme français, t. XXV, p. 277). Au contraire, le défunt abbé de Varès est cet ami dont la mort affligea vivement Bossuet (voir les lettres 296, 297, 3oo, 3o3). M. de Varès, frère du défunt abbé, serait peut-être Jean de Varès, qui habitait Toulouse et épousa, le 26 juillet 1660, Isabeau de La Borde (Voir p. 16, note 3). Le 10 février i685, ce Jean de Varès fît son testament, où il déclare vouloir être enseveli dans le cimetière de Saint-Etienne de Toulouse (Bibl. Nat., Chérin). Nous n'avons pu cependant trouver la preuve que ce Jean, fils de Gabriel de Varès, fut certainement le frère de notre abbé. Il y avait à Toulouse plusieurs familles de ce nom, apparentées entre elles, et notamment un autre Jean de Varès, fils de Gilles de Varès, seigneur de Pieds.

3. Les capitouls étaient les magistrats municipaux de Toulouse et siégeaient, à ce titre, au Capitole de cette ville. Us étaient au nombre de huit. Leur dignité était très recherchée, parce qu'elle était regardée comme le premier échelon vers les grandeurs publiques, et qu'une seule année d'exercice conférait la noblesse.

« Pendant toute la durée de ses fonctions, le Premier président Fieubet n'avait cessé d'être le grand électeur de capitouls ; il s'était habilement servi du crédit de son frère à la Cour et du passage de Louis XIV à Toulouse pour faire nommer, par lettre de cachet, huit sujets à sa discrétion, et comme, chaque année, la liste de présentation était dressée par les capitouls en charge, il suffisait de se trouver maître du point de départ et de surveiller régulièrement ses créatures pour disposer, sans contestation, de tous les choix ultérieurs. Si la première présidence eût été aux mains d'un personnage moins dévoué, le ministère n'aurait pas toléré une pareille domination. Mais Fieubet, protégé de Colbert, dont il servait docilement toutes les volontés, faisait un tel usage de son influence qu'on jugea inutile de l'amoindrir... Pendant vingt-cinq ans, Fieubet fut donc le maître à l'hôtel de ville de Toulouse. Il faisait et défaisait les officiers subalternes, il stimulait ou décourageait à son gré l'ambition des aspirants, etc. » A sa mort (fin de l'année 1686), le ministère jugea plus sûr de confisquer la nomination des capitouls. Chacun des capitouls

Ml CORRESPONDANCE [nov i684

qui aura l'honneur de vous présenter cette lettre 4 vous présente en même temps un mémoire pour l'accomplissement de cette affaire. C'est un homme qui a toutes les qualités requises, et je n'aurai pas moins de joie de lui procurer votre protection que si son frère était vivant5.

Je suis, Monsieur, comme vous savez, votre très humble et très obéissant serviteur.

J. Bénigne, é. de Meaux.

3o8. — A François Diroys.

A Meaux, il\ novembre i68^.

J'ai reçu, Monsieur, l'expédition de la Pénitencerie '. Je n'ai pas su encore de celui qui la demandait ce qu'elle a opéré, et si elle a tout à fait calmé sa conscience. J'ai joint à cette expédition l'endroit de votre lettre2 où vous dites tout ce qu'il faut pour lui ôter tout scrupule. Je vous rends grâces de tout mon cœur de tout le soin que vous avez pris de cette af-

en charge présentait trois sujets, et, sur la liste ainsi dressée, le ministre choisissait à son gré (Histoire générale du Languedoc, par

D. Cl. Devic et D. J. Vaissète, t. XIII, in-4 (continuation par

E. Roschach). Toulouse, 1876, in-4, p- 5g4 et suiv.).

4. M. de Varès lui-même, venu sans doute à Paris après la mort de son frère.

5. M. de Varès ne figure pas sur la liste des capitouls (Abel et Froidefont, Tableau chronologique des noms de MM. les Capitouls de la ville de Toulouse, Toulouse, 1786, in-8). La recommandation de Bossuet ne pouvait guère avoir d'effet pour l'année suivante ; et, en i680, celui de qui dépendait la nomination, Gaspard de Fieubet, mourait.

Lettre 308. — 1. Relative à l'affaire dont Bossuet a parlé p. 9. 2. Cette lettre ne nous est point parvenue.

nov. i684] DE BOSSUET. 45

faire. J'attends avec impatience ce que vous me faites espérer.

J'ai vu un traité imprimé en Espagne contre nos Articles : je ne me souviens pas s'il porte le nom du P. d'Aguirre3 ; mais il a bien le caractère que vous lui donnez, d'être, surtout pour ce qui regarde la temporalité, beaucoup plus outré et plus emporté que Bellarmin4. J'ai su aussi par une relation assurée

3. C'était la Defensio cathedrœ sancti Pétri adversus declarationem cleri gallicani, Salamanque, i683, in-fol. Cet ouvrage était, en effet, du bénédictin Joseph Saenz d'Aguirre (1630-1699), qui fut depuis créé cardinal.

4- La temporalité, c'est-à-dire le pouvoir attribué au Pape sur le temporel des rois. Sur Bellarmin, voir tome II, p. 317. Dans ses Disputationes de controversiis fidei (Ingolstadt, 1 586-0,3, 3 vol. in-fol.), et plus tard, à la demande du Pape Paul V, dans son De potestate Summi Pontificis in rébus temporalibus adversus Gulielmum Barclaium (Cologne, 1610, in-8), il avait soutenu la thèse du pouvoir indirect. Dans cette théorie, la société temporelle et la société spirituelle sont reconnues distinctes et parfaites, chacune dans sa sphère ; mais elles ne sont pas entièrement indépendantes : leurs fins étant subordonnées, leurs pouvoirs le doivent être aussi. En vue de son autorité directe et ordinaire sur les choses spirituelles, le Pape doit donc pouvoir écarter ce qui serait un obstacle à la fin de la société spirituelle, et par là, d'une façon indirecte et extraordinaire, quand le salut des âmes l'exige et dans la mesure où il l'exige, intervenir dans les choses temporelles, déposer les rois, annuler des lois civiles, etc. Telle est la doctrine de Bellarmin et de Suarez. Les gallicans, au contraire, proclamaient l'indépendance absolue des souverains et refusaient au Pape le pouvoir indirect aussi bien que le pouvoir direct sur le temporel (Voir J. de La Servière, de Jacobol, Anglix rege, cum Cardinali Roberto Bellarmino S. J. super potestate cum regia... tum pontificia disputante. Paris, 1900, in-8). Une théorie intermédiaire, dont on voit le germe dans Leibniz, a été soutenue par Fénelon (De Summi Pontificis autoritate) et développée par À. Gosselin (Pouvoir du Pape au Moyen Age, Paris, l845, in-8.). Dans cette théorie, de droit divin le pouvoir pontifical est renfermé dans la sphère des intérêts spirituels; mais le droit public du Moyen Age avait donné au Pape dans la chrétienté la mission de surveiller et au besoin de déposer les rois (J. Turmel, Histoire de la théologie positive, t. Il, liv. II, chap. v). Sur la constitution des deux

46 CORRESPONDANCE [déc. i684

que cet écrit, c'est-à-dire celui que j'ai lu, avait été défendu par une ordonnance du conseil d'Espagne5 ; si vous en savez davantage, vous me ferez plaisir de me l'écrire.

Je me prépare à aller saluer le Roi à Versailles, où il arrivera demain6. Je vous supplie d'assurer Son Eminence de mes respects, et de la reconnaissance que j'ai de la part qu'elle prend aux affaires de mes amis que je recommande.

Je suis à vous, etc.

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