A Mme DE BERINGHEN
A Germigny, 27 avril 1688.
J'arrivai ici heureusement, et j'ai la joie de voir ce matin que les vents s'y sont calmés à mon arrivée, tant la saison est favorable à mes promenades. Il ne faut que passer à Faremoutiers pour obtenir du Ciel tout ce qu'on souhaite.
Je vous recommande une bonne fille, qui souhaite de passer quelques jours en retraite dans votre sainte maison, si ce n'est que vous en trouviez quelques empêchements que je ne connais pas. On ne me la nomme point, mais elle retourne avec deux de vos pensionnaires ; et le P. René de Saint-Albert1,
Lettre 468. — Publiée pour la première fois, sur une copie ancienne, par le P. Ch. Somrnervogel, de la Compagnie de Jésus, dans les Éludes du mois de septembre 1875, p. 448.
1. René Le Corvaisier, baptisé à l'église Saint-Aubin de Rennes le 8 août 1610, était fils de René Le Corvaisier, seigneur de Peleine, procureur du Roi au présidial, puis conseiller au Parlement de Bretagne, et de Perrine Monnerais. Sous le nom de René de Saint-Albert, il fit profession, le 11 avril 1627, au couvent des Carmes réformés de sa ville natale, qui appartenait à la province de Touraine. Il fut successivement prieur à Angers, à Nantes, à Rennes, à Orléans, et fut mis à la tète de sa province en i665. C'est en 1669 qu'il vint à Paris en qualité de prieur du couvent du Saint-Sacrement. Il fit la connaissance de Bossuet, qui le prit pour confesseur. Il s'adonna surtout à la direction des âmes. Il mourut à Paris, le i3 décembre 1691. On verra, à cette date, une lettre de Bossuet au sujet de ce religieux. Dans son numéro du mois de décembre 1691, le Mercure galant, en faisant son éloge, rappela que le P. René de Saint-Albert était oncle de M. le marquis de Tizé, de Mme la présidente de Cornulier, de Mme la comtesse de Nétumières et de M. Frain de La Villegontier, sénéchal de Fougères. (Cf. le P. Cosme de Villiers, Bibliotheca carmelitana,
carme réformé, qui me parle pour elle, m'assure de sa vertu. C'est un homme que je crois fort.
Vous verrez, s'il vous plaît, dans la réponse à Mme de Notre-Dame, ce que j'ai pu faire pour votre prédicateur.