Marin des Mahis a Bossuet
Monseigneur, Je me donne l'honneur de vous envoyer les passages qui
Orléans, 1762, in-fol., col. 676, et Revue Bossuet, du 25 décembre 1906, p. 246; Levot, Biographie bretonne, Vannes, 1 852-57, 2 vol. in-8; Frain, Mémoires généalogiques).
Lettre 469. — Publiée par Deforis, à la fin du tome X, p. 578. — Marin Groteste, sieur des Mabis (on a souvent et à tort imprimé des Marais) appartenait à une famille protestante établie dans l'Orléanais. Il était né le 22 décembre 16/19, à Paris, de Jacques Groteste de La Buffière, originaire, dit-on, de Chaumont-en-Bassigny, et d'Anne Groteste. Après avoir étudié à Saumur, à Genève et à Oxford, il fut ministre à Bionne, près d'Orléans. Mais s'étant converti au catholicisme après avoir lu les Préjugés légitimes de Nicole, il fit son abjuration entre les mains de M. de Coislin, évêque de cette dernière ville, le 27 mai 1681, et prit pour directeur le P. Quesnel. Il embrassa l'état ecclésiastique, mais, par humilité, ne voulut pas avancer dans les ordres au delà du diaconat. Il travailla à la conversion de ses anciens coreligionnaires et, en particulier, prit part à la mission de Saintonge, dont Fénelou fut le chef. Bossuet lui fit prêcher dans sa cathédrale l'octave de la Fête-Dieu, en 1691 (Revue Bossuet, juillet 1904, p- i65). Il mourut le 16 octobre i6g4, à Orléans, où il était chanoine de la cathédrale Sainte-Croix. Il a écrit des Lettres sur le schisme des protestants, Orléans, 1 685, in-12, et, après sa mort, on a publié son traité De la vérité de la religion catholique prouvée par l'Écriture sainte, Paris, 1696, 2 vol. in-12; 1713, 3 vol. in-12. Il avait une sœur mariée à l'avocat Jean Boberthon, un frère nommé Abraham, avocat, un autre frère Jacques, sieur de La Buffière, qui avait été gentilhomme de M. le Prince, et un troisième frère, Claude Groteste de Lamotlie, ministre à Lizy-sur-Ourcq, au diocèse de Meaux.
5lO CORRESPONDANCE [mai 1688
m'ont persuadé que plusieurs des anciens ont expliqué de la désolation de Rome ce que l'Apocalyse dit de Babylone1. Saint Jérôme n'était pas tout seul de ce sentiment, puisqu'il dit, sur le chapitre xlvii d'Isaïe : Quidam non ipsam Babylonem, sed Romanam urbem interpretantur, quse in Apocalypsi Joannis et in Epistola Pétri Babylon specialiter appellatur ; et cuncta cpise nunc ad Babyloiem dicuntur, illius ruinœ convenire iestantur2. Il marque, dans son épître à Algasie, pourquoi Notre-Seigneur a jugé à propos d'envelopper sous l'obscurité des visions ce qu'il a voulu faire prédire de la ruine de Rome: « Si les Apôtres, dit-il, en avaient parlé clairement, ils auraient pu donner lieu à la persécution contre l'Église naissante » : Justa causa persecutionis in orientent tune Ecclesiam consurgere videbatur2. Il est évident que cette même raison a dû obliger les Pères, qui voyaient ce sens dans l'Apocalypse, de ne le mettre pas dans leurs écrits, et même d'en entretenir peu les peuples, que leurs discours imprudents sur ces ma-
A la révocation de l'édit de Nantes, les parents de des Mahis abjurèrent le calvinisme, à l'exception de Lamothe, qui se retira en Angleterre et dont les biens confisqués furent attribués à son père. Celui-ci, ancien de Charenton, avait d'abord été relégué à Guéret, puis à Bourges ; sa conversion est relatée dans le Mercure de janvier 1686, p. 249 (Consulter : Abrégé de la vie de feu M. des Mahis, Orléans, s. d., in-12, Bibliothèque Nationale Ln27 5g55 ; Guillelmi Prousteau epistola ad nobilem virum Petrum de Porrade, Massiliensem, de obitu et virtutibus Mariai Groteste des Mahis, Orléans, 1695, in-12 (Ibid., Ln27 5g56) ; Goujet, Bibl. du XVIIIe siècle, t. III ; 0. Douen, Histoire de la révocation de l'édit de Nantes, Paris, i8g4, in-8, t. II, p. 75 et suiv. ; Archives Nation., O'iSi, f° 253; X*A 56ig, 27 janvier i638 ; X'A 5Ô2I, 19 mars i638 ; Ch. Cuissard, les Chanoines d'Orléans, dans les Mémoires de la Société archéologique de l'Orléanais, t. XXVIII (1902), p. 121; E. Jovy, Études et recherches sur Bossuet, Vitry-le-François, 1903, in-8, p. 214-219; E. Griselle, Du ton de la prédication avant Bourdaloue, Paris, 1906, in-8, p. 2y3).
1. Cecidit, cecidit Babylon illa magna quae a vino ira? fornicationis suae potavit omnes gentes. (Apocalyps., xiv, 8, cf. xvm, 1 et seq.)