‹ Correspondance de Bossuet (volume 3)Chapitre 29 sur 308 · LLON · texte numérisé non relu

LLON

3i2. — Au Prince de Condé.

Je suis prié, Monseigneur, par le Chapitre de Dammartin1, de supplier V. A. S. de vouloir bien donner son agrément et consentement nécessaire à la permutation cpie Me Claude Chastelain, prêtre du diocèse de Senlis, chanoine de Dammartin2,

Lettre 312. — L. a. s. Archives de Chantilly. Papiers de Condé, Série P, t. 98, f° 35o. Publiée par Floquet, t. III, p. 546.

1. Dammartin-en-Goële était un doyenné du diocèse de Meaux. Une collégiale y avait été fondée en i48o pour six chanoines. L'un d'eux, moinnié prébendier, était à la nomination du recteur du collège des Jésuites de Paris et devait être pris parmi les Chanoines réguliers de Saint-Augustin. Le doyen et les quatre autres chanoines étaient présentés par le prince de Condé, en qualité de comte de Dammartin (Voir T. Duplessis, Histoire de l'Eglise de Meaux, t. II, p. 63g; Mgr Allou, Chronique des évèques de Meaux, p. 219 et 32 1).

2. Claude Chastellain d'Arle, né à Senlis vers i646, était fils de Chastellain de Popincourt, qui exerça en cette ville, où elle Put héréditaire pendant plus d'un siècle dans sa famille, la charge de lieutenant particulier au bailliage. Il était bachelier en théologie, et il prit possession, le 18 janvier 1686, de la cure d'Epinay-sur-Orge, qu'il garda jusqu'à sa mort arrivée le 3 septembre 1687 (Registres de l'état civil d'Epinay-sur-Orge, et A. E. Genty, Epinay-sur-Orge, Paris, i8g3, in-8).

Il ne faut pas le confondre avec Claude Chastelain, savant liturgiste et chanoine de Notre-Dame de Paris. Celui-ci appartenait à une famille originaire du Beaujolais, et était le fils aîné de Claude Chastelain, secrétaire du Conseil d'État ; par sa mère, il était petit-fils de la célèbre Mme de Polallion, fondatrice de la Providence. Il mourut le 20 mars 1712, à soixante-treize ans, ayanl résigné en 1702 sa prébende à son neveu, Etienne-Marie Chastelain.

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prétend faire avec M. Pierre Valois3, prêtre du diocèse d'Evreux et curé d'Epinay-sur-Orgue, au diocèse de Paris, dont on me rend si bon témoignage que j'ai sujet d'espérer qu'il servira utilement et avec édification dans ce Chapitre. Pierre Valois a cinquante-sept ans, et Claude Chastelain en a trentehuit. Ainsi V. A. n'est nullement intéressée * dans l'agrément qu'on lui demande pour cette permutation, et d ailleurs elle donnera un bon sujet au Chapitre. C'est, Monseigneur, ce qui me fait prendre la liberté de vous demander cet agrément. La permutation se fera en la forme que vous aurez agréable, quand il vous aura plu de permettre la chose.

Je suis avec le respect et l'attachement que vous savez, Monseigneur, de V. A. S. le très humble et très obéissant serviteur.

J. Bénigne, é. de Meaux.

A Meaux, 28 décembre 1684.

3 1 3. — Pierre Janvier a Bossuet.

[1684.] Monseigneur,

Le choix qu'a fait notre judicieux monarque de Votre

3. Pierre Valois fut curé d'Epinay-sur-Orge du mois de juillet 1672 au mois de janvier 1686. — Bossuet a écrit Orgue au lieu de Orge.

!\. Intéressée, lésée. Le sujet pour lequel on souhaitait l'agrément de Condé ayant cinquante-sept ans alors que le chanoine démissionnaire en avait seulement trente-huit, il était fort probable que la mort ferait plus tôt vaquer la prébende, et que par conséquent le prince aurait plus tôt l'occasion d'exercer son droit de nomination. A ce point de vue, Condé ne perdait donc rien à la permutation proposée.

Lettre 313. — L. a. s. Inédite. Bibl. de Meaux. M. 78, fol. 2. — Pierre Janvier, né le 20 juin 1618, était fils de Roch Janvier, médecin à Meaux, et de Marguerite Le Madré, dont le père était

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Grandeur pour remplir [ ] ' dans notre Eglise de Meaux,

qui est une des anciennes de l'universelle Eglise, est une preuve de vos éminentes qualités plus certaine et plus glorieuse que tout ce qu'on en saurait dire. Ce témoignage de son estime est une louange accomplie que je n'ai garde d'affaiblir, et mon dessein est seulement de supplier Votre Grandeur de recevoir favorablement le présent que je lui fais de mes Fastes et Annales de Nosseigneurs les évêques de Meaux.

L'antiquité de l'Église 2 principe, et

comme saint Saintin3, notre premier évèque, ayant brisé les

aussi médecin dans la même ville. Il s'adonna d'abord à la peinture, mais, si nous en croyons Ledieu, n'y montra aucun talent. Il se fit ensuite ordonner prêtre, fut vicaire à Crégy en 1 653, chantre à gages à Saint-Etienne de Meaux en 1659, curé de Crégy en x665 ; il prit enfin possession de la cure de Saint-Thibault de Meaux le i5 août 1667 et la conserva jusqu'à sa mort, ig avril 1689. Ledieu le représente comme un esprit prétentieux, violent, emporté et médisant, peu estimé des évêques de Meaux, du chapitre de la cathédrale et des bénédictins de Saint-Faron, ses voisins. «Il est vrai qu'il aimait la lecture et l'histoire; mais il n'a jamais rien su exactement; son esprit brouillon et toujours passionné, étant incapable de prendre aucune idée juste, ni de se faire aucun ordre. Avec un corps puissant, une forte santé, une tête de fer et un grand loisir,... il a fait des recueils immenses dans une confusion où l'on ne voit goutte. » Il a laissé en manuscrit un ouvrage considérable par ses proportions, mais dénué de critique et rempli de traits médisants, dont nous reproduisons ici la dédicace. Ce travail aujourd'hui conservé dans la Bibliothèque municipale de Meaux (Ms. 78-88), est intitulé : Les fastes et annales des évêques de Meaux. les conciles où ils ont été, fondations, compositions de quelques vies des saints de la ville et diocèse, commençant à saint Saintin, l'an 12 après N.S., Histoire spirituelle et temporelle. Ouvrage dédié à Mgr J. Bénigne Bossuet, évèque de Meaux (i684) en 6 vol. in-f°. Son manuscrit contient d'autres essais de dédicace (Voir Revue Bossuet, juin 19 10). Sur P. Janvier, il faut voir Ledieu, dans Toussaints Duplessis, Histoire de l'Eglise de Meaux, Paris, 17^1, 2 vol. in-4, Préface ; cf. t. I, p. 700-704 ; E. Jovy, Etudes et recherches, Vitryle-Franeois, 1903, in-8, p. 282-807.

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