‹ Correspondance de Bossuet (volume 3)Chapitre 297 sur 308 · Jacques II · texte numérisé non relu

Jacques II

5. Le papier dont il a été parlé, page 168. On le trouve aussi imprimé dès l'année 1694 dans The portraiture of His Sacred Majesty King Charles II, willi his reusons for turning Roman Catholic.

et en faisant sur ce sujet beaucoup de réflexions. Quand j'en fus entièrement éclairci, je me trouvai engagé à examiner les autres points qui sont en controverse ; ce que je fis en me dégageant, autant qu'il était possible, de tout sentiment de partialité. L'excellent livre de l'évêque de Meaux, de l'explication de la doctrine de l'Église, m'a été d'un si grand secours, que je voudrais en reconnaissance de ce que je dois à ce digne prélat, lui baiser les pieds tous les jours. Un jésuite de piété éminente, le P. Widdrington 6 m'a témoigné en cette occasion beaucoup d'amitié et m'a été fort utile.

Ainsi il ne me restait plus qu'un scrupule, qui m'a fait différer quelque temps de me réconcilier à l'Eglise catholique : c'était la crainte que j'avais qu'on ne crût qu'à cause que le Roi est de cette même religion, je me convertissais plutôt pour lui plaire que pour le salut de mon âme, et que je serais fâché d'être ou de passer pour un homme capable de déguisement. Cependant je me suis à la fin vaincu moimême, et je me suis résolu à hasarder ma réputation, comme j'ai fait, sur ce sujet. Si cela arrive, la sainte volonté de Dieu soit faite : il peut seul vous faire connaître la joie, la paix et le contentement de mon cœur. Ceux qui me connaissent le mieux savent que j'ai d'abord prévu que je serais obligé de quitter ma charge1 ; d'autres pourront croire que je m'expose

6. Les éditeurs impriment Widrington. Robert Widdrington était entré dans la Compagnie de Jésus en 1679 et, sous le nom de Robert Watson, avait été envoyé de Saint-Omer à Milan pour y faire son noviciat. Il fut profès des quatre vœux le 2 février 1697. Il dirigea longtemps la mission de Biddleston, fut quelque temps chapelain à Widdrington Castle et mourut à Durham le 17 janvier 17/11/2, âgé de quatre-vingt-deux ans. Peut-être était-il le même que le P. Robert Widdrington, fils de lord William Widdrington et d'Elisabeth Bertie. Peut-être aussi était-il parent d'Elisabeth Joséphine Widrington, des bénédictines anglaises de Pontoise, de 171 1 à 1780 (History of the famllies of Skeet, . . . Widdrington, etc. (par J. A. Skeet), Londres, 1906, in-fol., p. 9 (Communication du R. P. J. H. Pollen, S. J., de Londres).

7. La constitution anglaise obligeait tous les magistrats ou fonctionnaires à prêter le serment du Test, lequel était contraire à la foi catholique et en particulier au dogme de la transsubstantiation.

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