‹ Correspondance de Bossuet (volume 3)Chapitre 305 sur 308 · SUR L'OPINION DU P. FR. LAMY · texte numérisé non relu

SUR L'OPINION DU P. FR. LAMY

lat me presse là-dessus, vous ne voyez pas par où je pourrai parer ce coup. »

Je le parerai, Monsieur, comme j'espère que je vas parer le vôtre : le voici.

« La peine, dites-vous, qu'on ressent à demander pardon à son égal ou à son supérieur, n'est qu'un mal d'imagination, qui ne peut naître que de l'orgueil d'un esprit hautain : nous sentons le rabaissement à proportion de notre orgueil. Mais ces sentiments ne pouvant jamais être dans Jésus-Christ, on ne peut dire raisonnablement que la demande de pardon qu'il aurait faite à son Père pour les péchés des hommes, lui eût été pénible. »

« Le P. Lamy s'efforce de prouver ici que quoique cette demande de pardon ne fût pas pénible à Jésus-Christ, elle était cependant une très grande peine et une terrible punition du péché.

« Malgré tout le zèle que D. Lamy témoignait pour la défense de la proposition du P. Malebranche, il n'eut pas la consolation de se voir applaudi, même par tous les partisans de ce philosophe. Un disciple de ce dernier fit une dissertation pour montrer que le P. Lamy avait mal pris la pensée de son maître, et que, dans son système, bien loin que la satisfaction de Jésus-Christ fût favorable aux damnés, elle leur portait au contraire un préjudice extrême, qui tournait au profit de Dieu, parce que, au lieu que, sans celte satisfaction, ils auraient été anéantis, ils sont au contraire conservés par son moyen, pour être éternellement misérables.

« Dom Lamy composa une longue lettre pour réfuter ce nouvel adversaire et prouver qu'il avait très bien saisi le sens de la proposition du P. Malebranche. Il fit plus. Pour justifier, par l'autorité de la Tradition, sa prétendue Démonstration, il analysa le premier livre du traité de saint Anselme intitulé Cur Deus homo, et différents livres de saint Augustin, s'appliquant à faire voir que leurs principes, qui supposent en Dieu un ordre essentiel, éternel et immuable, admettent en même temps l'obligation indispensable de punir le péché et la nécessité absolue de l'Incarnation » (Deforis).

Approbations données par Bossuet1.

23. — Eclaircissemens de quelques difficullez que Von a formées sur le livre « de la Sainteté et des devoirs de la vie monastique » (par l'abbé de Rancé), Paris, i685, in-4-

Après avoir lu et examiné ces Eclaircissemens, Nous les avons approuvez d'autant plus volontiers que nous espérons que tous ceux qui les liront, demeureront convaincus de la sainte et salutaire doctrine du Livre De la Sainteté et des Devoirs de la Vie Monastique, que nous approuvons de nouveau. Le profit visible que ce premier ouvrage a fait dans les Monastères où il a esté lu sans prévention, nous fait croire que celuy-cy ne sera pas moins utile, et nous nous confions en Nostre Seigneur, que des instructions si conformes à la Règle de la Foy Catholique, Apostolique et Romaine et d'ailleurs si bien soutenues par les exemples de leur Auteur, auront une particulière bénédiction pour faire refleurir par toute l'Eglise les anciennes Institutions de la Vie Monastique. Donné à Reims dans nostre Palais Archiépiscopal le premier jour de May, et à Meaux le dixième du mesme mois mil six cens quatre-vingtcinq.

Charles Maurice Ar. Duc de Reims.

J. Bénigne Evesque de Meaux.

a/j. — La Réunion des proleslans de Strasbourg à l'Eglise romaine, également nécessaire pour leur salut et facile selon leurs

Page 1