‹ Correspondance de Bossuet (volume 3)Chapitre 33 sur 308 · Cette phrase a été omise dans les éditions · texte numérisé non relu

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58 CORRESPONDANCE fjanv. i685

3 1 6. — A P. Daniel Huet.

A Coulommiers, u janvier i685.

Je me chargerai volontiers, Monsieur, d'obtenir les permissions nécessaires1 pour le livre2 que vous avez dessein de faire venir. J'espère être à Paris avant qu'il soit arrivé. Je suppose que nous en aurons chacun un exemplaire. Je trouve très à propos, si c'est sur les apocryphes3 qu'on vous attaque et qu'il y ait des raisons qui méritent d'être relevées, que

Lettre 316. — L. a. s. Bibl. Laurenziana. Publiée par M. Verlaque et par M. Guillaume en 1877 (Cf. t. I, p. 208).

1. C'est au lieutenant de police La Reynie, que Bossuet s'adressait pour obtenir ces sortes de permissions. Ce n'étaient pas seulement des livres hétérodoxes que le gouvernement interdisait la circulation et le débit en France : plusieurs ouvrages du grand Arnauld dirigés contre les protestants et imprimés en Hollande furent l'objet de semblables prohibitions. (Voir t. II, p. (\%!\).

2. Une lettre d'Etienne Le Moyne à Huet, du 10 août précédent, nous permet d'affirmer qu'il s'agit de V Antididagma de Scultet, dont Bossuet lui-même nous parlera dans sa lettre du 5 septembre i685. « Je ne sais, écrivait El. Le Moyne, si le nouveau censeur de votre Démonstration évangélique est plus honnête que le P. Ffrassen], qui, hors de son couvent, ne trouve guère de gens qui lui applaudissent. Ce dernier est un docteur de Hambourg, qui a réfuté le livre de M. de Condom et en même temps a répondu à ce que vous avez avancé dans votre ouvrage touchant les livres que nous (les prolestants) appelons apocryphes... On m'écrit de Hambourg même que cet ouvrage vient de paraître. » (Bibl. Nationale, f. fr. i5i8p,, f° 235.)

3. Bossuet veut ici parler de certains livres de l'Ancien et du Nouveau Testament appelés deutérocanoniques, parce qu'ils ont été insérés après les autres (protocanoniques) dans le canon ou liste officielle des saintes Ecritures. Les catholiques, les considérant comme inspirés, leur accordent la même autorité qu'aux autres Livres Saints; mais les protestants sont d'avis différent et les appellent apocryphes. (Voir Vigouroux, Dictionnaire de la Bible, Paris, 1899, in-4, t. H, col. i3" .)

janv. i685] DE BOSSUET. 59

la réfutation en soit renfermée dans la seconde édition de votre docte et excellent ouvrage \

Je suis, Monsieur, comme vous savez, très parfaitement à vous.

J. Bénigne, é. de Meaux.

Suscription : A Monsieur l'abbé Huet, à Paris.

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