‹ Correspondance de Bossuet (volume 3)Chapitre 34 sur 308 · A COULOMMIERS · texte numérisé non relu

A COULOMMIERS

À Meaux, 17 janvier i685.

Mes Filles, Je vous envoie la Vie de la vénérable Mère d'Arbouze, abbesse et réformatrice du Val-de-Grdce ' ,

4- La seconde édition de la Démonstration évancjélique avait déjà paru à Amsterdam, 1680, 2 vol. in-8. La troisième édition, qui est la seconde de Paris (1690, in-fol.), diffère de la première par un petit nombre de corrections et d'additions.

Lettre 311 . — Cette lettre a paru d'abord dans les Lettres et opuscules de M. Bossuet (Paris, 17/18, in-12, t. II, p. 8), qui la donnent à tort comme destinée aux religieuses de Faremoutiers. Ces dernières, en effet, étant bénédictines comme celles du Val-de-Grâce, Bossuet n'aurait pu leur dire, comme il le Fait ici, qu'elles étaient d'un autre Ordre. ÏNous reproduisons cette lettre d'après une très ancienne copie faisant partie de la collection d'autographes de M. le comte Guillaume de La Roche-Avmon.

1. Cette Vie (Paris, 168/i, in-8) a pour auteur l'abbé Claude Fleury. La M. Marguerite de \eny d'Arbouze, dite de Sainte-Gertrude, née au château de Villemont, en Auvergne, le 1 5 août i58o, fut d'abord religieuse à Saint-Pierre de Lyon. En 1618, Louis XIII la mit à la tète de l'abbaye bénédictine du Val-de-Grâce, alors sur la paroisse de Bièvres-le-Cbâtel, à trois lieues de Paris. Elle s'efforça d'y établir la réforme. Le 21 septembre 162 1, l'abbaye fut transférée à Paris et installée au Petit-Bourbon, au faubourg Saint-Jacques, en attendant que les religieuses prissent possession des bâtiments, dont

60 CORRESPONDANCE [janv. if>85

qu'un saint prêtre a écrite, avec grand soin, sur de bons mémoires. Les exemples de piété et de régularité que Dieu produit dans nos jours ont quelque chose de plus touchant pour nous que ce que l'on peut recueillir des siècles passés ; et Dieu ne manque pas de susciter de temps en temps dans son Eglise des personnes d'une vertu éminente, afin que tout le siècle en soit échauffé. Profitez donc de cette Vie ; car, encore que la sainte abbesse dont il s'agit soit d'un autre Ordre et d'une observance plus rigide, vous y trouverez dans un haut degré les pratiques communes de la piété chrétienne et de la perfection religieuse, et vous tirerez un grand profit de cette lecture, si vous la faites dans l'esprit que je vous ai marqué dans mon ordonnance de visite2. Ecoutez sur toutes choses3 ce que vous voirez sur l'obéissance.

Je ne dois point dissimuler, mes Filles : c'est à cette vertu qu'on manque principalement dans votre maison. Je vous ai rendu ce témoignage, que je trouvais parmi vous beaucoup de commencements de piété et une grande espérance d'une moisson abondante ; mais ce sera par l'obéissance que ces

la première pierre fut posée par Anne d'Autriche, le 3 juillet i63^. Mais, dans l'intervalle, l'abbesse était morte en odeur de sainteté, le 16 août 1626, en revenant d'un voyage en Berry.

2. Le Val-de-Gràce appartenait à l'Ordre de saint Benoît, tandis que les religieuses de Coulommiers faisaient partie de la Congrégation Notre-Dame. Bossuet, qui était à Coulommiers au commencement de janvier i685, avait pu faire alors la visite de cette communauté.

Page 1