Nicolas Payen a Bossuet
Monseigneur, Sur les avis que j'ai donnés touchant la tenue des consis-
Lettre 319. — Publiée pour la première Fois, avec quelques inexactitudes, sur une copie faite par l'auteur lui-même (Biblioth. de Meaux, Ms. 121, f° 16), dans Bossuet, deux lettres inédites et documents nouveaux pour servir à l'histoire de son épiscopat à Meaux, édit. A. Gasté, Gaen, 1890, in-8, p. it\. — Nicolas Payen, seigneur de Saint-Germain, d'Annet-sur-Marne, etc., était né, vers i63g, de Mathieu Payen, secrétaire du Roi, président au grenier à sel de Meaux, et de Marguerite Le Roy, sa première femme. Il avait un frère, Payen de Montmort, maître d'hôtel du Roi, et une sœur, Anne Payen, femme de Jean Pintrel de Montoury, capitaine des gardes. Nicolas Payen fit de grands vovages et publia une description succincte des pays qu'il avait visités : Les Voyages de Monsieur Payen, où sont contenues les descriptions d'Angleterre, de Flandre, de Brabant, d'Holande, de Dennemarc, de Suède, de Pologne, d'Allemagne et d'Italie, oh l'on voit les mœurs des nations, leurs maximes et leur politique, la monnaie, la religion, le goût, les intérêts de chaque pays, avec une table nécessaire pour la commodité des voyageurs. Paris, i663, in-12; 2e édition, 1667. En i665, il devint lieutenant général au bailliage et présidial de Meaux, et, en 1672, épousa Marie Hélène Le Féron, fille de Jean Le Féron grand maître des eaux et forêts de Flandre et procureur du Roi à Compiègne. Il eut au moins six enfants : Charles Paul, conseiller au Chàtelet, puis maître en la Chambre des Comptes ; Jean-Baptiste Mathieu, sieur de Montmort, maître d'hôtel du Roi, puis chanoine de Paris ; Paule Marguerite Hélène, qui épousa Louis Arnault de Lauzières-Thémines, maire de Meaux ; Pierre Nicolas Gabriel, sieur de Fercourt et de Sancy ; et une fille qui était religieuse à la Visitation de Meaux, en 1701. Nicolas Payen a laissé un registre manuscrit appartenant aujourd'hui à la Bibliothèque municipale de Meaux et contenant, entre autres choses, la copie de lettres adressées par lui à divers personnages ;
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toires à Lizy et à La Ferté-au-Col * , je reçois de M. de Seignelay2 la lettre dont je vous envoie la copie3. Vous verrez que, pour peu que l'on veuille appuyer ma proposition, il sera facile d'obtenir des défenses de tenir des consistoires ailleurs que dans les lieux où il y a un exercice public de la R. P. R. M. le Syndic du clergé de ce diocèse4, auquel j'ai communiqué la réponse de M. de Seignelay, n'a encore reçu aucun ordre de sa part5.
M. Gasté en a tiré un certain nombre de pièces concernant l'évêque de Meaux : Bossuet, deux lettres inédites et documents nouveaux, etc.
(Voir à la Bibliothèque Nationale, les Pièces originales et les Dossiers bleus, au mot Païen ; à l'état civil 'de Meaux, les registres de la paroisse Saint-Nicolas ; et, dans le Livre, année i885, p. 196 et suiv., un intéressant article de M. de Longpérier-Grimoard, à propos d'un Ovide, édition d'Amsterdam, i683, 3 vol. in-8, donné par Bossuet à l'un des enfants de Nicolas Payen. Voir aussi dans le Mercure, mars 1682, p. 10 et suiv., un éloge de Nicolas Payen, qui doit être de la plume même de ce magistrat).
1. On se souvient que le droit des protestants à avoir des temples ailleurs qu'à Nanteuil-les-Meaux, avait paru douteux à Bossuet et à l'intendant Menars (Voir la lettre du 28 décembre 1682, dans notre t. II, p. 3^2). Depuis lors, Nicolas Payen avait appelé l'attention du gouvernement sur les consistoires de Lizy-sur-Ourcq et de La Ferté-au-Col.
2. Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seignelay, étant secrétaire d'État, chargé de la maison du Roi, du clergé, etc., eut à s'occuper des affaires du culte réformé.
3. Voici cette lettre, qui était du 6 février i685. « Monsieur, sur ce que vous me mandez, qu'à Lizy et à La Ferté-au-Col, il n'y a qu'exercice personnel, et qu'ainsi il ne doit y être tenu consistoire, j'écris au Syndic du clergé du diocèse de Meaux de faire ses diligences pour empêcher, s'il y a lieu, la tenue des consistoires dans ces deux lieux » (Archives Nationales, 0*29, f° 110). Le même jour, Seignelay écrivit dans le même sens au lieutenant général de Melun, au sujet du temple de Mortcerf, aussi dans le diocèse de Meaux (Ibid.~).
l\. Le syndic d'alors était peut-être le chanoine J.-B. de Vitry, que Ledieu, en 1705, qualifie d'ancien syndic (t. III, p. 210).
5. Cependant Seignelay, le même jour, lui avait écrit: « Monsieur, le lieutenant général de Melun commis pour assister au consistoire de Mortcerf, qui se trouve dans le diocèse de Meaux, m'ayant écrit que le temple de ce lieu est nouveau, Sa Majesté m'a ordonné de vous en donner avis, afin que, s'il y a lieu, vous fassiez vos poursuites pour le faire démolir. Je dois aussi vous avertir que le lieutenant général de
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Je ne saurais, Monseigneur, vous rendre assez d'actions de grâces des bons témoignages que vous avez bien voulu rendre de moi à M. le Contrôleur général6. Je crains seulement que l'inclination que vous avez à me vouloir du bien ne vous ait engagé à dire des choses que je ne puisse soutenir.
Je suis avec un profond respect, Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur.
Nicolas Paten.
A Meaux, ce n février i685.