Lettres et opuscules : d'humiliation
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temps où l'Eglise exerce sur elle un si sévère jugement. Si vous vous mettez en cet état les jours que vous serez privées de la communion, vous en viendrez bientôt à la communion fréquente, où vous trouverez en Jésus-Christ le repos de vos âmes. Les inquiétudes trop vives, les violentes agitations seront dissipées ; Dieu fera couler sur vous un fleuve de paix, dont les eaux rejailliront à la vie éternelle12.
Lisez et relisez cette lettre : ce que Dieu dicte aux supérieurs est le vrai remède des maladies d'une maison, surtout quand ils sont instruits, comme je le suis, de ce qui se passe, et que vous les voyez occupés du soin de votre salut. Leurs soins et leur vigilance vous doivent faire sentir combien vos âmes leur13 sont chères et précieuses; et celle pour qui son évêque veille a le cœur bien dur, si elle n'est sollicitée de veiller sur elle-même.
Veillez donc et priez, parce que vous ne savez pas ni le jour ni l'heure à laquelle l'Époux viendra n ; et malheureuses les vierges qui trouveront les portes fermées, et auxquelles il dira : Je ne vous connais point15, et enfin qu'il exclura éternellement des délices nuptiales. Ah ! que mes filles de Coulommiers ne soient point de ces vierges folles 16, que l'huile ne leur manque pas, que leurs lampes soient allumées,
12. Bossuet songe aux paroles rapportées par saint Jean, iv, i4 : Fons aquœ salientis in vitam aeternam.
i3. Lettres et opuscules : lui sont chères.
i4- Matth., xxv, i3.
i5. Matth., xxv, 12.
16. Bossuet s'inspire ici de la parabole des vierges sages et des vierges follpSj qui se lit au chapitre xxv de saint Matthieu.
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que leurs vertus et leurs bonnes œuvres soient devant Dieu et devant les hommes, afin qu'on glorifie en elles le Père céleste ! C'est la grâce que je vous souhaite en vous donnant ma bénédiction à toutes et à chacune en particulier, et je suis, en la charité de Notre-Seigneur, mes Filles, votre bien affectionné serviteur.
J. Bénigne, é. de Meaux.
3 1 8. — Le Prince de Gondé a Bossuet.
fa5 janvier i685]
J'ai reçu la lettre que vous avez pris la peine de m'écrire touchant la démission pure et simple que le sieur Chastelain veut faire entre mes mains du canonicat qu'il a dans le Chapitre de Dampmartin. 11 y a déjà plusieurs années qu'il me fait demander la même chose par des personnes de toutes conditions : à quoi je n'ai jamais voulu entendre, pour plusieurs raisons. Mais, puisqu'il me paraît que vous y prenez part, j'accorde très volontiers ce que j'ai jusques à présent refusé à tout le monde, étant bien aise d'avoir cette occasion de vous marquer la considération particulière que j'ai pour vous. Il n'y a qu'une chose à prendre garde, qu'il ne se passe rien de mal à propos, comme cela arrive souvent en ces sortes d'affaires, et j'en décharge absolument ma conscience sur la vôtre, et, comme vous êtes homme de bien et fort
Lettre 318. — Publiée pour la première fois par la Revue Bossuet, janvier igo3, p. 26, d'après la minute conservée à Chantilly, Papiers Gondé, Série P, t. 99, fol. 176. C'est la réponse du prince, non à la lettre du 28 décembre i684, que nous avons lue plus haut, mais plutôt à une lettre subséquente que nous n'avons pas; car il est ici parlé de démission pure et simple, et non plus de permutation,
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éclairé, je suis persuadé que vous ne souffrirez pas qu'il se passe rien qui ne soit selon Dieu et selon le monde. Je suis tout à vous.
Au dos de la minute: A. M. l'Évêque de Meaux, 25 janvier i685.