Corneille (le Cid, I, ni) avait déjà dit
Cette marque d'honneur qu'il met dans ma famille.
2. Antoine Bossuet, frère aîné de l'évêque et maître des requêtes depuis i6~5, venait d'être nommé intendant de Soissons, après Roland Le Vayer de Boutigny. Nombreuses sont, dans les registres de la secrétairerie d'Etat (Archives Nationales, C29 et suiv.), les dépèches adressées à A. Bossuet au sujet des protestants qui cherchaient à s'enfuir du royaume.
3. Tout récemment, le 19 mars, le Roi, sur la demande de deux dames protestantes, Douquetot et Delort, venait d'autoriser une conférence qui devait se tenir en leur présence entre l'évêque de Meaux et les ministres Claude, Daillé et Alix (Depping, Corresp. admin. sous Louis XIV, t. IV, p. 37^).
68 CORRESPONDANCE [avril i685
Comme il serait assez difficile de bien reconnaître en votre personne tout ce que vous faites de merveilleux et de surprenant, le Roi, qui est le prince du monde le plus sage, répand au moins ses grâces sur ceux qui vous appartiennent. Celleci sera bientôt suivie d'une autre, et l'on ne doute point que l'intendance de Soissons ne serve de degré pour monter à un emploi plus élevé4. Je prends toute la part que je dois à ce nouvel honneur.
Je suis avec beaucoup de respect, Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur.
Nicolas Payen.
A Meaux, ce Ier avril i685.
32 1. — A Henri Arnauld, évèque d'Angers, Il n'est pas permis de changer les termes de la
l\. Le même jour, Nicolas Payen écrivait avec plus de précision à Antoine Bossuet : « Cette nouvelle marque d'honneur que le Roi vient de mettre dans votre famille ne doit servir que pour vous appeler bientôt à l'intendance de Paris. » Antoine Bossuet garda l'intendance de Soissons jusqu'en i6g4; on ne voit pas qu'il ait ensuite rempli aucune fonction.
Lettre 321. — Cette réponse à une question posée par l'évêque d'Angers devait être jointe à une lettre proprement dite, qui ne nous a pas été conservée. Deforis donne ce document (t. IX, p. A79) d'après une copie que Bossuet dut compléter selon son habitude, et d'après la minute, où il a relevé des variantes négligées par les éditeurs venus après lui, et que nous allons reproduire. M. de Bausset a pris sur la minute autographe une copie que nous avons entre les mains. — On a déjà rencontré le nom de Henri Arnauld, évèque d'Angers (t. I, p. 84). Ce prélat avait consulté Bossuet au sujet de certaines expressions de la profession de foi de Pie IV, qui semblent indiquer qu'il y a une oblicjalion d'invoquer les saints, tandis que le concile de Trente s'est borné à dire que cette invocation est bonne et utile. Sans doute ces expressions avaient créé à l'évêque d'Angers des difficultés à l'égard de quelques protestants convertis, et il demandait s'il n'était pas utile de modifier les termes de cette profession de loi.
avril 1680] DE BOSSUET. 69
Profession de Foix de Pie IV, qui est reçue et jurée dans toute lEglise, et qu'on y a toujours proposée à ceux qui se convertissent. Elle s'accorde très bien avec le concile de Trente2 (Sess. XXV, Dec. de Invocat. Sanct.).
Ces participes : Invocandus, amandus, venerandus3 , souvent ne signifient autre chose que ce qui serait exprimé par ces autres mots : Invocabilis, amabilis, venerabilisi. Il est certain que ces participes n'emportent5 pas toujours un commandement ni une obligation6 de précepte : les bienséances, les convenances, les grandes utilités s'expliquent souvent en cette manière. Il en est de même de ces termes français : Il faut faire, il faut aller, il faut invoquer ; ou de ces autres 7 : L'on doit faire, l'on doit aller, l'on doit invoquer. On a en latin et en français des manières de parler plus fortes et plus précises, pour expliquer un commandement et un devoir d'obligation étroite et formelle8.
J'ai vu des rituels où l'on a traduit invocandos
1. Cette profession de foi est un résumé de la doctrine catholique telle qu'elle avait été formulée au concile de Trente, terminé le 3 décembre 1 563. Pie IV, qui fut pape du 20 décembre i559 au 9 décembre i565, l'imposa à tous les bénéficiers, qui doivent la jurer dans les deux mois à partir de leur prise de possession.
2. Var. : Aussi n'a-t-on pas besoin de changement pour accorder cette profession avec le bonum et utile du concile de Trente.