Bausset : étroit et formel
7o CORRESPONDANCE [avril i685
esse, (( les saints sont à invoquer » ; et les paroles suivantes : Eorum reliquias esse venerandas : « Leurs reliques sont à honorer ; » et ainsi des autres semblables. Je ne crois point nécessaire d'introduire dans la Profession de Foi une façon de parler peu naturelle à la langue9. Peut-être qu'on pourrait traduire : (( Les saints sont dignes », ou « méritent d'être honorés ou invoqués » , ou « Il est à propos d'invoquer les saints ». Mais, pour moi, je m'en tiens à la manière la plus ordinaire dont on traduit en français les participes en dus et en dum, qui est celle de les rendre par II faut ; et c'est aussi celle dont je vois qu'on se sert presque partout.
Au reste, la Profession de Foi ne s'éloigne en aucune sorte de l'esprit du concile. Il est porté dans ce même décret: Sanctorum corpora veneranda esse, imagines habendas et retinendas, eisque debitum cultum et venerationem impertiendam 10, paroles qui sont transcrites dans la Profession de Foi. Or personne n'a jamais cru que les Pères de Trente voulussent par ces paroles imposer aux particuliers plus de nécessité de faire ces choses que d'invoquer les saints : de sorte que tout cela, selon l'esprit du concile, se doit réduire au bonum et utile, qui est posé au commencement du décret comme le fondement de tout ce qui suit.
On lit aussi ces mots dans le concile : Illos vero
g. Bausset n'a pas les dix lignes suivantes, jusqu'à II est porté, etc. Mais il donne : « Les termes du concile, qui sont clairs, déterminent ce qui est douteux dans la Profession de Foi. » 10. Selon son habitude, Deforis ajoute au texte la traduction française.
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qui negant sanctos invocandos esse impie sen-
tireu : ce qui a donné lieu à dire dans la Profession de Foi : Sanctos invocandos esse, parce que, s'il est impie de le nier, il est sans doute pieux et véritable de le dire. Mais cela est toujours relatif au bonum et utile, mis pour fondement ; et le concile, selon sa coutume, ne fait ici que condamner la contradictoire de la proposition affirmative qu'il avait faite d'abord.
En tout cas, les termes12 du concile, qui sont clairs, déterminent ce qui est douteux dans la Profession de Foi ; et, quand on voudrait s'imaginer dans ces mots : Sanctos invocandos esse, quelque espèce de nécessité et d'obligation, il ne s'ensuivrait pas qu'elle fût pour tous les fidèles en particulier. Il suffirait dédire, avec les Docteurs, que l'invocation des saints est de nécessité pour toute l'Eglise en général, lorsqu'elle agit en corps ,3, puisque la tradition de tous les siècles lui enseigne à la pratiquer même dans son service public.
Si14 on demande comment l'Eglise en général est obligée à cette pratique, et si elle en a reçu un commandement exprès, je ne le crois pas i5, et je crois au