‹ Correspondance de Bossuet (volume 3)Chapitre 59 sur 308 · A Mme DE BeRINGHEN · texte numérisé non relu

A Mme DE BeRINGHEN

A Germigny, i5 juin i685.

J ai de la peine à croire, Madame, que vos bulles puissent être retardées par le défaut d'agrégation, puisque, comme vous le remarquez, vous êtes dans la maison depuis tant d'années1 ; mais, comme cette agrégation ne peut nuire, vous pouvez la prendre

raître en particulier à M. de Meaux. Il a même réitéré que c'était rendre un service à l'Eglise que de donner cours à votre ouvrage. M. de Meaux l'a encore emporté, et il le lui remettra entre les mains à son retour de Meaux, qui sera le soir de la Pentecôte, et je serai l'entremetteur entre eux deux, ainsi qu'ils en sont convenus. Voilà, Monsieur, la substance du récit que j'aurais été vous faire, si j'avais pu aller aujourd'hui en votre quartier. Je vous baise les mains et suis à vous de tout mon cœur. » — Et d'une autre lettre de Renaudot, écrite quelque temps après, R. Simon extrait encore les lignes suivantes : « J'oubliais de vous dire que M. l'évêque de Meaux me dit que la réformation consistait en peu de choses, et je lui remis en avant qu'il n'y avait presque que le point qui regardait l'autorité que vous donnez à la grande Synagogue pour la censure des Livres sacrés, et il en convint (Ibid., p. 263). De ces lettres, il ressort que les corrections exigées par Bossuet étaient peu importantes. Cependant Renaudot ailleurs en parle autrement : «il/. Simonavait réformé entièrement son Histoire critique du Vieux Testament sur les censures de feu M. l'évêque de Meaux. Il en avait retranché tout ce qui scandalisait les catholiques et même les protestants, et j'avais été en tiers à plusieurs conférences qu'il y eut sur ce sujet. » (Préface du tome IV (1702) de la Perpétuité de la foi). Quoi qu'il en soit, Pirot ayant refusé de donner son approbation, R. Simon ne voulut pas accepter d'autre censeur (Mémoires de Batterel, t. IV, p. 263-a66).

Lettre 332. — I. Mme de Beringhen était à Faremoutiers depuis sept ans, car elle y était venue de Saint-Menoux avec sa tante, qui

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et l'envoyer à M. le Premier2, en lui marquant l'avis qu'on vous a donné de Paris. M. l'Archevêque de Reims saura bien choisir ce qui sera nécessaire, et, en tout cas, cet acte ne peut que faciliter du côté de Rome. Votre information3 est signée, et doit être envoyée aujourd'hui chez M. le Premier.

Au reste, souvenez-vous, ma Fille, de l'obligation où vous êtes de résister à votre douleur. La douleur a je ne sais quelle trompeuse douceur, à laquelle il faut s'opposer comme aux autres ; mais elle abat à la fin et rend l'âme paresseuse. Dieu veut qu'on soit vigilant, surtout quand on se prépare à entrer dans un état où l'on doit rendre compte de soi et des autres. Je prie Dieu qu'il vous remplisse de son Esprit consolateur4.

J. Bénigne, é. de Meaux.

avait pris possession le 12 juillet 1678. A la pièce, qu'on envoyait à Rome, attestant qu'elle avait fait profession au monastère de Saint- Menoux, on avait omis de joindre l'acte constatant qu'elle était passée à celui de Faremoutiers pour s'y agréger.

2. Henri de Beringhen, premier écuyer, et père de la nouvelle abbesse (\ oir plus haut, lettre 298, n. l\, p. 27).

3. L'information canonique touchant la vie et les mœurs de Pabbesse nommée. Cette information avait été faite Pavant-veille par Bossuet. « Le i3e du présent mois et an, Monseigneur Pévèque de Meaux vint ici faire son information de vie et mœurs, qui fut faite à la grille du parloir, où elle (la nouvelle abbesse) fit sa profession de foi, en suite de quoi, l'on appela Mme Le Gendre, religieuse de Saint-Meaoux, qui a élevé la dite Dame et a toujours demeuré auprès d'elle..., et aussitôt l'on envoya à Rome pour obtenir de N. S. P. le Pape Innocent onzième les bulles d'abbesse » (Bibl. Nationale, fr. Ii56q, f° 38). Les bulles arrivèrent à Faremoutiers le 2 1 août, et la nouvelle abbesse fut mise en possession le 28 du même mois par Henri Mondollot, officiai de l'évèché de Meaux.

4- Allusion à la fête de la Pentecôte, dans l'octave de laquelle cette lettre fut écrite.

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