Huet n'a rien changé à la préPace de sa première édition
126 CORRESPONDANCE [sept. i685
recueil de M. Le Moyne4. Il y a longtemps que j'ai conseillé à nos gens de donner la lettre de saint Chrysostome5, qu'on a supprimée mal à propos ; on a trop fait voir qu'on en avait peur. Et, après tout,
4- Etienne Le Moyne (162/1-1689) compatriote, ami et correspondant de P. Daniel Huet, était un théologien protestant et l'un des plus savants hommes de son temps. Son éloge est dans H. Basnage deBauval, Histoire des ouvrages des savants, Rotterdam, avril 1689. Voir aussi Huet, Origines de Caen, Rouen, 1702, in-8, p. 4o3, et Lettres à M. de Charsigné, édit. Gasté, Caen, igoi,in-8; Niceron, t. XIII. L'ouvrage que Bossuet exprime ici le désir de posséder est intitulé Fana sacra seu sylloge variorum opusculorurn grœcorum ad rem ecclesiasticam spectantium, grœce et latine, notis et observationibus illustrata, Leyde, i685, 2 vol. in-4.
5. Le Moyne mourut à Leyde, le 3 avril 1689, avant d'avoir pu donner le troisième volume de ses Varia sacra, où il devait parler de cet opuscule de saint Jean Chrysostome. C'est une lettre adressée au moine Césaire, et dont Pierre Martyr avait fait connaître un fragment qui paraissait peu favorable à la doctrine catholique de la transsubstantiation. Aussi lorsque le savant Êmeric Bigot, qui en avait retrouvé le texte complet, voulut le donner au public, des théologiens de Paris (R. Simon dit que ce fut à l'instigation du docteur Faure) firent supprimer cette édition (Cf. Nouvelles de la République des Lettres, juin i685, p. 5g2 et suiv. ; R. Simon, Lettres choisies, t. I, p. n5). Bossuet, animé d'un esprit plus scientifique, regrette cette mesure. L'ouvrage parut peu après en Hollande : Divi Chrysostomi epistola ad Csesarium monachum, Rotterdam, 1687, in-8, et fut réimprimé parles soins de Jacques Basnage à Utrecht, 1687, in-8 (L'exemplaire de la Bibliothèque Nationale, C 2674 porte une dédicace autographe de Bigot à Huet). W. Wake l'inséra, avec la préface de Bigot, dans A second Défense of the Exposition of the doctrine of the Church of England. Londres, 1688, in-4- Le savant et paradoxal P. Hardouin, jésuite, en donna aussi une édition, Paris, 1689, in-4, et l'année suivante, publia une Défense de la lettre de saint Chrysostome à Césaire adressée à l'auteur de la Bibliothèque universelle, Paris, 1690, in-4. Le P. M. Le Quien. dans la troisième de ses Dissertationes damascenicœ (mises en tête de son édition des œuvres de saint Jean Damascène (1 7 1 2) a montré que cette lettre ne peut être de saint Jean Chrysostome, et que l'auteur est sûrement postérieur au Concile de Chalcédoine [P. G., t. XC1V, p. 3i5-322] (Cf. P. Batiffol, Études d'Histoire et de théologie positive, 2e série, in-12, Paris, 1905, p. 323).
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je ne vois pas qu'il y ait rien dans cette lettre qui doive faire plus de peine que les passages de Théodo ret et de Gélase6.
Selon les nouvelles que j'ai eues de M. de Montausier7, il doit être entièrement guéri.
Aimez-moi toujours, Monsieur, et croyez que personne ne vous sera jamais plus acquis que moi, ni n'estime davantage vos rares talents.
J. Bénigne, é. de Meaux.
Suscription : à Monsieur Huet, abbé d'Aunay, à Caen8.