Cont. Petrobr. [P. L., t. CLXXXIX, col
75. De Scripturis et Scriptoribus sacris, cap. vi [P. L., t. GLXXV, col. i5 et 16].
2/46 CORRESPONDANCE [mai 1700
ex VI. Pierre Comestor, auteur de V Histoire scolastique (contemporain de Pierre Lombard, fondateur de la théologie scolastique), va jusqu'à corriger en critique le texte du passage de saint Jérôme, dans sa Préface de Judith, où il y a que Judith est entre les hagiographes chez les Hébreux, et que son autorité n'est pas suffisante pour décider des controverses. Pierre Comestor veut qu'au lieu (ï hagiographa, on lise apocrypha, croyant que les copistes, prenant les apocryphes en mauvais sens, ont corrompu le texte de saint Jérôme : Apocrypha horrentes, eo rejecto, hagiographa scripsere''^. Il semble que le passage de Strabus sur Tobie a donné occasion à cette doctrine.
CXVII. Dans le treizième siècle fleurissait un autre Hugo, dominicain ''^ premier auteur des Concordances sur la sainte Écriture, c'est-à-dire des allégations marginales des passages parallèles, fait cardinal par Innocent IV. On a de lui des vers, où, après le dénombrement des livres canoniques suivant l'antiquité et les protestants, on trouve ceci :
Lex vêtus his libris perfecte tota tenetur ; Restant apocrypha : Jésus, Sapientia, Pastor, Et Machabœorum libri, Judith atque Tobias. Hi, quia sunt dubii, sub Canone non numerantur ; Sed quia vera canunt, Ecclesia suspicit illos.
CXVIII. Nicolas de Lyre, fameux commentateur de la sainte Écriture, du quatorzième siècle, commençant d'écrire sur les livres non canoniques, débute ainsi dans la Préface de Tobie : Jusqu'ici f ai écrit, avec l'aide de Dieu, sur les livres canoniques ; maintenant je veux écrire sur ceux qui ne sont pas dans le canon. Et puis : bien que la vérité écrite dans les livres canoniques précède ce qui est dans les autres, à l'égard du temps dans la plupart et à V égard de la dignité en tous, néanmoins la vérité écrite dans les livres non canoniques est utile
76. Histor. scholastic. [P. L., t. CXCVIII, col. ili-jb, i/i3i j cf. col. 1260].
77. Hug^ues de Saint-CUer, Post. in Jos., prol., dans ses Opéra omnia, Lyon, 1669, In-fol., t. I, p. 178.
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pour nous diriger dans le même chemin des bonnes œuvres, qui mène au royaume des cieux'^.
CXIX. Dans le même siècle, leglossateur du Décret, qu'on croit être Jean Semeca", dit le Teulonique, parle ainsi : La Sagesse de Salomon, et le livre de Jésus fils de Sirach, Judith, Tobie et le livre des Machabées sont apocryphes. On les lit ; mais peut-être n'est-ce pas généralement^^.
CXX. Dans le quinzième siècle, Antonin, archevêque de Florence, que Rome a mis au nombre des saints, dans sa Somme de théologie^^ (p. III, tit. 18, c. 6, i^ 2), après avoir dit que la Sagesse, l'Ecclésiastique, Judith, Tobie et les Machabées sont apocryphes chez les Hébreux, et que saint Jérôme ne les juge point propres à décider les controverses, ajoute que saint Thomas, in secunda secundœ, et Nicolas de Lyre, sur Tobie, en disent autant; savoir, qu'on n'en peut pas tirer des arguments efficaces en ce qui est de la foi, comme des autres livres de la sainte Écriture. Et peut-être, ajoute Antonin, quils ont la même autorité que les paroles des saints approuvées par VÉglise.
GXXI. Alphonse Toslat, grand commentateur du siècle qui a précédé celui de la Rélbrmation, dit dans son Defensorium (p. II, ch. 28), que la distinction des livres du Vieux Testament en trois classes, faite par saint Jérôme dans son Prologus galeatus, est celle de VÉglise universelle ; quon Va eue des Hébreux avant Jésus-Christ, et qu'elle a été continuée dans VÉglise^^. Il parle en quelques endroits comme saint Augus-
78. Prœfat. in Tob., dans la Glossa ordinaria, Anvers, i63/i, in-fol., t. II, col. 1499.
79. Jean Zemeke, appelé Lux decretorum, mort vers 1 243. Voir l'article de Schnlte dans la Zcitschrifl fur Kirchenrecht de Dove, t. XVI p. 107-182; Panzirola, Dedans legum Interpretibus,\enise, 1687, in-4> lih. III, cap. VI ; Quétif-Échard, Script. Prœdicat., 1. 1, p. ^89; P. Taisand, Vies des plus célèbres jurisconsultes, Paris, 1787, in-Zj, p. 5i2.
80. Dist. XVI, can. 8, dans le Corpus juris canonici glossis diversorum illusiratum, Lyon, 1671, in-fol., t. I, p. 60.