M. de La Tour, précédemment aumônier des Dominicaines
2. Sans doute Mathieu Gridé, élu en l'élection, et ses fils, dont l'un. Mathieu Bertin, était maire de Rozoy, et l'autre, Pierre, docteur de la Faculté de Paris, fut pourvu, en 1700, de la cure de Grouy-sur- Ourcq (Registres paroissiaux de Rozoy et de Crouy; Archives Nation., XiB888/i, 19 déc. 1697).
3. De janvier i65o, revalidées en février 1678 par des lettres de surannation.
juin 1700] DE BOSSUET. 267
que nous avait donné M. Léger* à Meaux, par l'ordre de Votre Grandeur. Elles ont été trouvées très bonnes, et notro arrêt" subsistant encore, en sorte que nous n'avons qu'à l'exécuter. Quand Votre Grandeur sera de retour de Saint-Germain^, nous lui présenterons nos pièces pour avoir son approbation et lui demander sa protection et sa faveur. Cependant notre communauté vous offre ses très humbles soumissions et est, comme moi, avec un très profond respect. Monseigneur, votre très humble et très obéissante fille et
servante.
S' G. DES Anges, Prieure très Indigne.
A Rozoy, ce 3 juin 1700.
2006. — DoM Jean Mabillon a Bossuet.
Ce 5 juin 1700.
J'ai reçu l'Instruction pastorale ^ de Votre Grandeur, que M. Ledieu m'a fait l'honneur de me donner de votre part. Je l'ai lue avec le même plaisir que je lis tout ce qui vient de voire main. Je ne doute pas que Dieu n'y donne sa bénédiction, et qu'elle ne soit très utile, non seulement pour nos frères errants, mais même pour les catholiques. Il y a des
4. Jean Léger, notaire à Meaux, procureur fiscal et bailli de l'évêché, « homme d'esprit, droit, ferme et accommodant)), dit Ledieu (t. II, p. 25), rendit à Bossuet de grands services pour le soin de ses affaires temporelles. Il mourut le 17 novembre 1700, laissant trois fils, dont l'un lui succéda dans son office de notaire et les deux autres furent chanoines de Meaux. Il avait aussi trois filles mariées à Paris.
5. Avant l'enregistrement des lettres susdites, un arrêt du i®"" février 1674 avait ordonné une enquête de commodo et incommodo. Depuis lors, les choses traînaient en longueur. Bossuet, après avoir donné son consentement le 8 septembre 1700, prononça le 24 janvier 1708 entre les Sœurs et le curé, et celui-ci donna mainlevée de son opposition (Arch. Nat., X»B8888, 12 d(^c. 1703).
6. Bossuet y était retenu par l'assemblée du Clergé. Lettre 2006. — i. Sur les promesses de l'Eglise.
258 CORRESPONDANCE [juin 1700
passages admirables pour la perpétuité de l'Église. Un docteur de Sorbonne me dit ces jours passés qu'il l'a trouvée si belle, cette Instruction, qu'il l'avait lue deux fois. Dieu veuille vous conserver pour le bien de l'Église, et pour la consolation de ceux qui vous honorent, comme nous faisons, Dom Thierry^ et moi. Il joint ses très humbles remercîments aux miens, pour le même présent qu'on lui a fait de votre part.
On nous mande de Rome que les livres faits contre l'édition de saint Augustin ^ ont été censurés au Saint Office le 12 du mois passé, le cardinal Garpegna y présidant à la place de M. le cardinal de Bouillon*. Je ne doute pas que Votre Grandeur ne sache le reste par Mgr l'archevêque de Reims.
Je suis avec un profond respect, etc.
2007. — A DoM Jean Mabtllon.
A Saint-Germain, 7 juin 1700.
Vous m'avez fait plaisir, mon cher et révérend Père, de me faire part de vos sentiments obligeants sur mon Instruction pastorale \ Vous savez le cas que je fais de votre approbation.
J'ai aussi été très aise du soin que vous avez pris de m'instruire de la condamnation des quatre
2. Thierry Ruinart, de qui il a été parlé au tome III, p. 267.
3. En particulier, la lettre de l'abbé allemand. Voir le texte de la censure dans D. Tassin, Histoire littéraire de la Congrégation de Saint- Maur, 1770, in-4, p. 3o6 à 3o8. Cf. D. Thuillier, Histoire de la nouvelle édition de saint Augustin, en France, 1736, in-4.
4. Le cardinal de Bouillon, doyen du Saint OFfice, favoriible aux jésuites, était alors absent de Rome.
Lettre 2001. — L. a. s., avec suscription de la main de Ledieu. Inédite ; conimuniqu(^e par M. Noël Charavay. I. Sur les promesses faites à l'EjjIise.
juin 1700] DE BOSSUET. 269
libelles contre votre édition de saint Augustin^: elle est de conséquence dans la conjoncture.
J'ai lu avec plaisir le petit traité de la sainte Larme ^ ; la tradition est bien prouvée, ce me semble,
2. La nouvelle qu'en avait donnée Mabillon était prématurée et légèrement inexacte. C'est seulement le 3 juin que la condamnation avait été prononcée, et depuis lors, il s'était écoulé trop peu de temps pour qu'on pût en être informé officiellement à Paris. D'un autre côté, le décret du Saint Office mentionnait trois, et non quatre libelles des adversaires des bénédictins (Voir plus loin, p. Sao).
3. C'est l'opuscule de Mabillon intitulé : Lettre d'un bénédictin à Monseigneur l'Évêque de Blois touchant le discernement des anciennes reliques, au sujet d'une dissertation de M. Thiers, et Mén^oire pour ser^ vir d'éclaircissement à l'histoire de la sainte Larme de Vendôme, Paris 1700, in-i3. Cet écrit a été reproduit dans les Œuvres posthumes de Mabillon, t. II, p. 361-894. C'était une réponse à la Dissertation sur la sainte Larme de Vendôme, par J.-B. Thiers, Paris, 1699, in-12. — L'abbaye bénédictine de la Trinité, à Vendôme, était un pèlerinage très fréquenté, à cause d'un reliquaire qu'elle tenait de son fondateur Geoffroy Martel (ioo6-io6i), fils de Foulques Nerra, comte d'Anjou. Ce seigneur, disait-on, 1 avait reçu lui-même de Michel le Paphlagonien, empereur de Constantinople, à la demande de qui il avait guerroyé contre les Sarrasins. C'était un petit fuseau de cristal, à l'intérieur duquel était un objet mobile en forme de larme, « qu'on regardait comme une de celles que Jésus-Christ versa sur le tombeau de Lazare. Le reliquaire était enchâssé dans un cercle d'or auquel tenait une chaîne terminée par un anneau que mettait à son doigt le religieux qui le montrait » (Ph. J. G. de Plassac, Vendôme et le Vendômois, Vendôme, 1828, in-4, p. 32). L'abbé Thiers ayant attaqué l'authenticité de la relique et accusé de mauvaise foi les religieux qui l'exposaient à la vénération publique, Mabillon prit la défense de ses confrères. Toutefois il ne chercha pas à prouver la vérité de la sainte Larme : il se borna à critiquer les règles données par Thiers pour le discernement des reliques, et à dire que le culte « ne serait pas moins légitime, quand .'objet immédiat ne serait qu'une représentation, et non pas la chose même ». Ce fut l'occasion d'une Réponse de J.-B. Thiers à la lettre du P. Mabillon touchant la prétendue sainte Larme de Vendôme, Cologne (Paris), 1700, in-12. Plusieurs pensèrent que si, en cette circonstance, Thiers manqua de ménagements, Mabillon se laissa guider par l'esprit de corps plutôt que par ses propres lumières. Mais il est étonnant qu'on se soit imaginé que Mabillon ait prétendu soutenir la vérité de la sainte Larme, tandis
26o CORRESPONDANCE [juin 1700
jusqu'à la fondation du monastère* et jusqu'au temps des derniers Grecs. Je les soupçonne souvent d'en avoir voulu donner à la simplicité des Latins % et je voudrais que vous prissiez la peine de penser à ce qui pourrait ou fortifier ou détruire ce soupçon. Quoi qu'il en soit, les miracles^ sont une espèce de
qu'il déclare positivement que ce n'est pas même son dessein de l'examiner. Quoi qu'il en soit, l'c^vêque de Blois, pris pour arbitre, n'interdit pas le pèlerinag^e, et la sainte Larme ne disparut qu'à la Révolution (Le P. Honoré de Sainte-Marie, carme déchaussé, Observations sur les larmes de Jésus-Christ, et en particulier sur celle de Vendôme, au tome III, p. 339-355, de ses Réjlexions sur les règles de la critique, Lyon, 1720, in-4 : pour cet écrivain, la sainte Larme de Vendôme vient du crucifix de l'église Saint-Pierre-le-Puellier, d'Orléans; D. Tassin, Histoire littéraire de la Congrégation de Saint-Maur, Bruxelles, 1770, in-/i, p. 258). Alex. Pinevoire, curé de Moisy, a écrit une réponse à la lettre de M. Thiers, qu'il adressa aux maire et échevins de la ville, en 1702 : cet ouvrage manuscrit était conservé dans la bibliothèque de l'abbaye de la Trinité.
4. Le monastère fut fondé en io32. Cf. J. de Launov, Inquisitio in chartam fundationis et privilégia Vindocinensis monasterii, s. I. n. d, in-8. Sur la tradition, voir : Discours comme la sainte Larme fui apportée en l'abbaye de Vendôme par le noble comte Geoffroy Martel, avec les miracles, oraisons et messe de la dite sainte Larme, Paris, i562, in-8: ce petit poème a été reproduit dans le recueil d'A. de Montaiglon, Paris, i855, t. I; Histoire véritable de la sainte larme que N.-S. pleura sur le Lazare ; comme et par qui elle fut apportée au monastère de la sainte Trinité de Vendôme ; Ensemble plusieurs beaux et insignes miracles arrivés depuis 63o ans qu'elle a été miraculeusement conservée en ce saint lieu, par un religieux bénédictin, Vendôme, 1669, in-ia ; le marquis de Rochambeau, Voyage à la sainte Larme de Vendôme, dans le Bulletin de la Société historique du Vendômois, 1873 ; l'nbbé Préville, Note historique et critique sur la sainte Larme de l'abbaye de Vendôme, dans la Semaine religieuse de Blois^ mai-juillet 1875 ; D. Germain Millet, Histoire de la sainte Larme de Vendôme, avec une préface et des notes par l'abbé Gh. Metals, Avignon, 1891, in-8.