Celle dont il a été parlé plus haut, p
54- Panegyris Janseniana ; Lettre à M. l'évêque de Meaux, etc. (A^o<« du ms.). — Les quatre premières propositions censurées sont tirées de VAugustiniana Ecclesiœ romanœ doctrina, des Réflexions sur les constitutions et brefs des Papes Innocent X, etc., Cologne, 1699, ^ ^'^'• in-i2, du Panegyris Janseniana... per Petrwn Aurelium (par Gilles de Witte), Grenoble (Delft), 1698, in-8, de la Lettre d'un théologien à M. iéoêque de Meaux, où l'on réfute la fausse apologie du véritable amour de Dieu..., par le sieur de Longbois (Gerberon), Cologne, 1699, in-13, de la Solution de divers problèmes très importants pour la paix de l'Église (par Quesnel), Cologne, 1699, in-12, et de la Lettre d'un théologien à M. l'évêque de Meaux, auquel on démontre que M. de Cambrai n'a pas tenu les fausses maximes.. . (par le P. Gerberon), s. 1., 1699, in-12.
55. Hilaire Dumas, de la maison de Sorbonne, avait pris le bonnet en 1668, après avoir obtenu le vingtième rang à la licence de cette même année. Il était fils de Gabriel du Mas, secrétaire du Roi, et de Clémence Chandelier. Il fut conseiller au Parlement de Paris, et se distingua dans les assemblées de la Faculté de théologie par son opposition aux doctrines jansénistes, et en particulier à la théologie du docteur Habert. Son principal ouvrage est cette Histoire des Cinq
3o/i CORRESPONDANCE [juill. 1700
impunément. Il est donc permis aux jésuites, Monseigneur, de troubler la paix de l'Église et de répandre partout des livres pleins d'erreurs et de calomnies, et, parce qu'ils ont l'oreille du Prince, ils seront assurés d'une entière impunité du coté des évoques. Est-ce l'équité.*^ Est-ce un entier éloignement de toute partialité ? Est-ce l'amour de la paix de l'Église qui inspire une semblable conduite?
Si vous êtes véritablement touché. Monseigneur, des maux de l'Église, obtenez par votre crédit auprès du Roi que S. M. lasse exécuter exactement cette loi si sage et si digne de sa piété, si propre à maintenir la paix de l'Église qui fut publiée en 1668, mais qui a été sans fruit parce qu'il a dépendu des jésuites de la violer ; qu'on impose silence de nouveau aux deux partis sur toutes les contestations qui regardent le jansénisme^^ ; qu'on punisse rigoureusement les infractions d'un ordre si nécessaire, et l'on verra dans peu qui sont ceux qui aiment la paix et qui sont ceux qui cherchent le trouble. Mais, pendant que les jésuites ont une entière liberté de publier toutes sortes de calomnies contre l'innocence et contre la vérité, que des évêques ne se déclarent pas hautement contre ceux qui sont opposés et dont ils devraient être les protecteurs !
Si vous connaissiez, Monseigneur, le cœur de ceux qui prennent la liberté de vous parler avec tant de force, vous
propositions, Liège, 1699, in-i3, à laquelle répondit Quesnel dans la Paix de Clément IX, Chambéry, 1700, in-12. Il a encore publié : Défense de l'Histoire des Cinq propositions, ou deux vérités capitales de cette Histoire défendues contre un libelle intitulé : la Paix de Clément IX, Liè}fe, 1701, in-12 ; Lettres d'un docteur de Sorbonne à un homme de qualité touchant les hérésies du XVII^ siècle. Paris, 1708-17 1 5, 4 vol. in-12. Il mourut en 171^ (et non en 1742) (Voir la Correspondance entre Boileau et Brossette, édit. Laverdet, p 5^8 et 6^9; Goujet, Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques du XVHI^ siècle, Paris, 1736, t. III, p. i36 ; Histoire du Cas de conscience, Nancy, 1705, in-12, t. VI, p. Il"] ; Mémoires de Rapin, t. III, p. /io6 ; Ledieu, t. Il, p, l\o, 82, 358 et 36i ; Ilurter, Nomenclator, t. IV, col. 1572; Rihliotlièque Nationale, Pièces originales).
56. Il y a un arrêt du Conseil d'Etat rendu dans ce sens le 5 mars 1703 (Affaires étrangères, Rome, t. /i36, f» iio).
juin. 1700J DE BOSSUET. 3o5
seriez convaincu qu'ils n'ont point d'autre intérêt que ceux de l'Église et de la vérité, et qu'ils sont remplis d'un profond respect pour votre caractère et d'une singulière vénération pour votre personne ^^.
57. « Cette première lettre sur le « fantôme », adressée à M. de Meaux même, Fut suivie peu après d'une seconde, adressée à un abbé de l'assemblée... Elle roule tout entière sur le dessein de censurer la proposition extraite de la prt'-l^ice de VAugustiniana EccJesiœ romnnx doc- Irina, où est renouvelée la doctrine de la première des Cinq propositions. L'auteur fait tous ses efforts pour justifier la proposition <iénoncée, par les anciens Pères et par les scolasliqnes... Il vient après cela à des raisons personnelles contre M. de Meaux... Cette lettre est aussi gardée en original avec la précédente dans le portefeuille noir des censures, qui est à Meaux dans l'armoire du cabinet )) (Ledieu, t. II, p. 61). La part prépondérante de Bossuet dans les délibérations de l'Assemblée lui valut encore d'être attaqué dans la Gazette de Dordrecht (/6/f/., p. 86). On sait que l'Assemblée censura quatre propositions jansénistes et cent vingt-trois autres extraites des casuistes et d'auteurs suspects de semi-pélagianisme. La disproportion numérique entre les unes et les autres a fait dire que l'on n'avait touché aux jansénistes que pour pouvoir condamner les casuistes. Cette conjecture est démentie par les propos fort vifs que tenait à cette époque Bossuet dans l'intimité sur le compte des jansénistes, et qui sont rapportés par Ledieu. Il ne tint pas à M. de Meaux que les jansénistes ne fussent plus durement traités. M. Arnauld, disait-il plus tard, méritait bien d'être condamné dans l'Assemblée de 1700, mais on avait voulu épargner la mémoire de ce grand homme et ne pas donner à M. l'abbé de Pomponne, son neveu, le déplaisir de voir son oncle censuré à ses yeux... » (Ledieu, p. 889 ; cf. p. 70 et i34)- H est vrai que l'nbbé Bossuet, resté secrètement en correspondance avec les jansénistes de Rome, leur expliquait qu'on ne pouvait condamner la morale des jésuites qu'en frappant quelque peu leurs adversaires. « On ne censure, écrivait-il, du livre dénoncé que la proposition du Fantôme, qu'on joint avec plusieurs propositions insolentes tirées d'autres libelles contre l'autorité des papes et de l'Eglise de France : l'on ne pouvait faire moins dans les conjonctures, savoir pour n'être point suspect et pour tomber ensuite avec plus de force sur les jésuites » (Lettre citée par le chanoine Davin, Bossuet, Port-Royal et la Franc-maçonnerie. Paris, s. d. (i883), p. 67 ; cf. p. 47.)
3o6 CORRESPONDANCE [juill. 1700
201 5. — N. Arnaud a Bossuet.
[1700] Monseigneur,
J'ai appris avec une joie que je ne saurais exprimer, que ceux que Dieu a établis pour conduire et éclairer son Église, pensent tout de bon aujourd'hui à faire paraître la vérité. La joie que j'ai reçue de cette nouvelle n'a pas été stérile en moi. Tout ce qu'il plaît au Prince des pasteurs de me donner de zèle, m'a d'abord inspiré d'exposer, s'il vous plaît, Monseigneur, par votre moyen aux Illustrissimes et Révérendissimes évêquesqui composent l'Assemblte^ ce qu'il plaira à l'Esprit saint de me faire écrire.
C'est une chose honteuse que tout soit problématique aujourd'hui dans la morale, et que par là l'on donne sujet à la malice des hérétiques et des athées de croire que tout est incertain chez nous. Combien de prêtres sont dans l'impuissance de connaître et de discerner la vérité, dans l'état où en sont les choses ! On ne convient pas même du premier principe que l'on doit suivre dans la décision des cas ; on ne sait pas si l'on est obligé de suivre le plus probable et le plus sûr ; on ne sait pas si l'on peut suivre l'opinion la plus probable et la moins sûre, in concursu opinionis probabilioris et tutioris ; ou si l'on doit toujours suivre tatius, id est quod magis removet a peccaio, toutes les fois qu'on n'a pas une évidence, je ne dis pas morale, mais dernière, summam, de la vérité. Que de péchés commet-on peut-être, non seulement parce qu'il y a des livres pleins de corruption et de relâchement, dont on peut se servir pour instruire les jeunes ecclésiastiques ; mais encore parce qu'il y a plusieurs livres où l'on décide en maître, sur plusieurs points, de la grièveté du
Lettre 2015. — Cette lettre et la suivante, publiées par DeToris, t. X, p. 6/^1 et suiv., ont été négligées par les autres éditeurs. — Nous ne saurions dire qui était ce M. Arnaud qui les adressa à lîossiiel. Certaines de ses expressions font supposer qu'il vivait à Toulouse ou dans les environs de cette ville.