A M"* DE Beringhen
A Paris, a octobre 1700.
Comme j'espère, Madame, être dans peu de jours dans le diocèse*, où je verrai moi-même les présentations et provisions de la cure de Faremoutiers \ je vous rendrai compte de cette affaire, et je vous prie seulement de charger quelque homme de créance de voir avec moi ce qui sera dans nos registres, afin de vous en instruire.
Quant aux pensionnaires qu'on vous propose,
Lettre 2028. — i. Nous apprenons de Ledieu que Bossuel se rendit de Paris à Meaux le vendredi 8 octobre.
2. L'«^vpque de Meaux et Mme de Beringhen ne s'entendaient pas sur le droit de nommer à la cure de Faremoutiers. Un inventaire des papiers de l'abbaye (Seine-et-Marne, H l^!^6) mentionne une lettre du II juin 1700 par laquelle Bossuet reconnaît que ce droit appartient à Pabbesse, un mémoire à consulter sur ce sujet et une protestation du i4 novembre 1700 contre la prise de possession de la cure par l'ecclésiastique qui y avait été nommé par l'évèque. Ici, Bossuet déclare qu'il s'en rapportera aux précédents, et va consulter les actes rédigés h l'occasion des différentes vacances de la cure de Faremoutiers.
ocl. 1700] DE BOSSUET. :^5i
dont l'une vous convient et l'autre non, je m'accommoderai toujours à vos sentiments, sans que vous y paraissiez qu'autant que vous le jugerez à propos ; et pour cela, il faudra que vous me mandiez les qualités de l'une et de l'autre, et les circonstances ((ui peuvent déterminer, pour fonder mon consentement ou mon refus là-dessus.
Je ne doute point, Madame, que vous et Mme d'Armainvilliers n'entriez dans nos sentiments sur la perte que nous avons faite de M. le Procureur généraP, et je vous en rends grâces très humbles.
1^029. — Le Comte de Pontchartrain a Bossuet.
A Fontainebleau, [\ octobre [1700].
Le nommé Le Prince, à qui le Roi a donné la charge de feu FéréoP, a remis ici entre les mains de M. Le Fcvre'^,
3. Arnauld de La Briffe, mort le 24 seplerabre 1700. Il possédait la terre de Ferrières, dans le voisinage de Faremouliers. Sa fille, Marg^uerite-Marie de La Briffe avait épousé, le 22 février précédent, Louis Bossuet, neveu de l'évêque et maître des requêtes.
Lettre 2029. — Inédite. Archives Nationales, 0* 4A, f"" 432. Copie. Glérembault, 563 (Bibl. Nationale), donne un texte un peu différent.
1. Antoine Ferréole, mort subitement à Saint-Germain le 2 septembre l'^oo, avait en réalité possédé deux charges de tapissier valet de chambre, l'une chez le Roi, qui fut donnée à Michel Le Prince, et l'antre chez la duchesse de Bourgogne, qui passa à Pierre Pacque. Il étnit aussi tapissier de M. de Meaux. Celui-ci lui témoignait de la bienveillance, et intervint en faveur de la veuve et des enfants, auprès du Roi, qui, le 21 septembre, accorda à la veuve Ferréole environ cinq mille francs sur le prix des deux charges de son mari (Ledieu, 1. II, p. i34 et 147).
2. Philippe Le Febvre, receveur des finances à Soissons, contrôleur de l'argenterie en i685, trésorier de la maison de la duchesse
352 CORRESPONDANCE [oct. 1700
contrôleur de l'argenterie, la somme de 3000** destinée à ses héritiers'. Prenez la peine de me mander ce que vous désirez qu'il en fasse. Au premier avis, il peut compter cette somme, à Paris, à qui vous ordonnerez. Je suis...
2o3o. — A M"* DE Beringhen.
A Germigny, 18 octobre 1700.
Je viens, Madame, de recevoir votre lettre du 1 5 octobre ; je vous envoie la confirmation de votre élection \ et je retiens M. Fouquet selon votre intention.
Quant à la pensionnaire que vous agréez, j'y consens. Je me tiendrais honoré de donner l'habit de novice à Mlle d'Helicour^; mais je me réserverai
de Bourgogne en 1698, trésorier de la maison de la Reine de 1726 à 1732, etc. Il reçut des lettres de noblesse en 1710 (Saint-Simon, édit. de Bolslisle et Lecestre, t. XXII, p. 4o3).
3. Antoine Ferréole avait épousé dans la chapelle de l'évêché de Meaux, le 18 novembre 1687, Suzanne Guérin, fille de Jean Guérin, écuyer, fourrier des logis du Roi, et de Suzanne Patron. De ce mariage étaient nées, à notre connaissance, quatre filles : Suzanne Germaine, baptisée le 12 octobre 1688 ; Louise Geneviève, baptisée le 10 mars 1690; Marianne, baptisée le 4 mai 1696, et Suzanne Madeleine, baptisée en 1698 (Registres des paroisses Notre-Dame de Ghaage et Saint-Christophe, aux archiver municipales de Meaux).
Lettre 2030. — i. D'un visiteur triennal, qu'aux termes d'une transaction du 21 février 1682, l'évèque choisissait sur une liste de trois noms dressée par l'abbesse. On va voir que Bossuet désigna le chanoine Fouquet, désiré par Mme de Beringhen (Archives de Seine-et-Marne, H 446» P- 58; cf. E. Jovy, dans le Bulletin du Bibliophile, 1918, p.
2. Mlle d'Hélicourt était Louise Antoinette Théodose Rouault. Elle fit, en e£Fet, sa profession, sous le nom de Sœur de Sainte-Félicité, entre les mains de Bossuet, le 8 novembre 1701, et le P. de La Tour, général de l'Oratoire, prêcha à cette cérémonie. Cette religieuse, connue aussi sous le nom de Mme de Gamaches, née i\ Paris,
oct. 1700J DE BOSSUET. 353
plus volontiers pour la profession, si Mme la comtesse de Gayeux l'a agréable. J'entendrais avec joie le Révérend Père général ^ ; je lui envoie tout pouvoir.
Quant* à la démission, on a peine à trouver des provisions, le cas n'étant arrivé de longtemps^ : on cherche pourtant ; et, si vous envoyez à Meaux de mardi en huit, on vous donnera connaissance de tout, mais vous voulez bien que je vous dise que c'est à vous à prouver, et que, faute de preuve de votre part, non seulement la présomption, mais le droit même est tout entier et incontestablement à l'évêque. Néanmoins je veux bien encore faire rechercher tous les éclaircissements qui vous peuvent être favorables, s'il s'en trouve, voulant toujours prendre avec vous les partis les plus honnêtes.
Je salue toute la bonne compagnie, et suis, comme vous savez, très sincèrement attaché à ce qui vous touche.
le 20 juin i683, et baptisée le 29 à Saint-Sulpice, était fille de Louise Madeleine de Loménie de Brienne et de Claude Jean-Baptiste Hyacintl-.e Rouault, comte de Gayeu, marquis de Gamaches, mestre de camp, qui fut l'un des menins du duc de Bourgogne. Son opposition à la bulle Unigenitus la fit interner par le Roi à la Visitation de Meaux (juillet 178;^), puis chez les Ursulines de Melun, où elle mourut le ii juillet 17/19 (Bibl. Nationale, fr. 11569; Ledieu, t. II, p. 246 ; Jes Nouvelles ecclésiastiques de 1784, p. i44 ; ^û Constitulion Unigenitus déférée à l'Eglise universelle , t. III, p. 556 et suiv. j Saint-Simon, t. VI, p. 357).