Constamment , de l'aveu de tous
5. Qu'ainsi ne soit, qu'il en soit ainsi. Cf. t. V, p. 8a et A33.
366 CORRESPONDANCE [nov. 1700
peuvent assister avec édificalion sans commettre ce qu'ils jugent être une idolâtrie?
Voici donc ce que je crois être la règle certaine de l'Eglise.
Premièrement, que l'on peut user de lois pénales plus ou moins rigoureuses, selon la prudence, contre les hérétiques.
Deuxièmement, que, ces peines étant décernées par l'autorité des princes, l'Eglise reçoit à sa communion tous ceux qui y viennent du dehors, quand elle peut présumer qu'ils y viennent de bonne foi, et que la vexation qui les a rendus plus attentifs les a aussi éclairés.
Troisièmement, qu'on ne peut présumer de la bonne foi que quand ils se soumettent également à tout l'exercice de la religion catholique.
Ce qui me fait donc penser qu'on ne doit point contraindre à la messe ceux qu'on n'ose contraindre au reste des exercices, c'est que la répugnance opiniâtre qu'ils montrent à les pratiquer, iait voir qu'ils sont indignes de la messe comme du reste.
Je n'entre point par là dans la question des dispositions nécessaires pourassister utilement à la messe ; c'est ce qu'il ne sert à rien d'examiner : il me suffît qu'on est d'accord que les mécréants manifestes ne doivent pas y être contraints, et qu'on doit prendre pour marque certaine de mécréance une répugnance invincible à se confesser premièrement, et ensuite à communier.
Je distingue pourtant ici entre exclure les hérétiques de la messe, ou les y contraindre. Je ne les en
nov. I700] DE BOSSUET. 867
exclurai pas, quand je pourrai présumer qu'ils viennent de bonne foi, et du moins avec quelque bon commencement des dispositions nécessaires.
Mais, quand je les vois déterminés à ne passer pas outre, c'est-à-dire à refuser la confession et ses suites, je prends cela pour marque évidente d'incrédulité ; et les contraindre à la messe en cet état, c'est les induire à erreur et ravilir la messe dans leui' esprit ; c'est en même temps déroger aux choses plus nécessaires, comme, par exemple, à la confession, et leur faire croire que l'exercice de la religion catholique consiste en un culte extérieur, auquel même on fait voir d'ailleurs qu'on ne croit pas. C'est ce que je crois avoir expérimenté en ces paysci ; et, sans parler des expériences, qui peuvent être différentes en différents endroits, la règle me paraît indubitable.
Il resterait à réfléchir sur le dernier ordre de la Cour ; et aussitôt qu'elle sera de retour, je me propose de représenter qu'il est un peu trop général. Car, si l'on n'excepte de cette douceur ceux qui ont tout promis pour se marier, ou pour réhabiliter leurs mariages, sans après rien exécuter de ce qu'ils ont piomis et déclaré, et que l'on n'use envers eux d'aucune contrainte, je crois pouvoir démontrer que c'est tout perdre, et que c'est autoriser une espèce de relaps qui se moquent publiquement et impunément de la religion. Je fais un mémoire* pour cela, dont je prendrai la liberté de vous envoyer copie, et que je voudrais pouvoir concerter avec vous-même.