DUPRÉ
A Florence, ce i8 juillet 1699.
Permettez-moi d'assurer M. l'abbé Philipeaux de mes obéissances, et de me réjouir avec lui de ce que les grands dangers que l'on court en voyageant la nuit sont présentement passés. La saison vous favorise entièrement, et, si mes souhaits sont exaucés, il en sera de même de toutes les autres choses que vous pouvez jamais entreprendre.
Je ne dois pas oublier de vous présenter les respects de mon neveu*.
123** M. du Pré à l'Abbé Bossuet.
Je n'ai pas de plus grande joie. Monsieur, que lorsque je puis trouver quelque occasion de vous rendre service, pour petit qu'il soit, et j'ai bien de l'obligation à M. l'évêque de Meaux de ce que, supposant que vous m'aurez informé de votre marche, il a bien voulu m' adresser encore cette lettre pour vous. Je vous supplie de l'en bien remercier pour moi, n'osant pas prendre la liberté de le faire, ce qui ne servirait qu'à lui faire perdre quelque moment très inutilement. Je trouverais les miens très bien employés, s'ils pouvaient l'être à vous donner de bonnes preuves de la passion respectueuse avec laquelle je suis. Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
DuPRÉ.
A Florence, ce 21 juillet 1699."
I. Ce neveu était Antoine Guillaume Percy, fils de Jean-Baptiste Percy de Monchamp et de Marguerite du Pré. Il a été parlé de lui, I. VII, p. /iio.
123" — L. a. s. Collection E, Levesqiu'. Inédite.
12^" Louis Bossuet à son Frère.
Paris, lundi, i3 juillet 1699.
J'ai reçu votre lettre du 28 juin. J'ai appris par votre lettre à M. de Meaux du 29 que vous partiez le lendemain. Les chaleurs me font peur pour les voyages. Si on peut juger du chaud qu'il fait en Italie par celui qu'on a ici, cela doit être extrême. Je compte que vous ferez le mieux que vous pourrez, que vous aurez aussi consulté là-dessus, ayant eu le mal que vous avez été obligé de faire percera Enfin gouvernez bien votre santé, mon cher Frère. Je ne saurais vous dire autre chose, étant à trois cents lieues de vous.
M. de Meaux et Mme Foucault se portent à leur ordinaire.
Vos deux lettres de change tirées sur Laplanche ^ seront acquittées. Quand celle que vous dites qui sera de mille livres viendra, cela sera pareillement acquitté. Vous faites fort bien d'avertir là-dessus et de donner quelques termes, car cela fait qu'on prend ses mesures.
M. de Meaux ne peut à présent entrer dans tout cela. Il dit qu'il le fera à loisir. Enfin je ferai de mon mieux. Je vois bien la nécessité d'avoir de l'argent. Il n'en faut manquer, surtout dans la situation où vous êtes. Je crois que vous n'avez pas pris vos mesures si justes que vous puissiez manquer d'argent^. Car le point de conséquence, c'est de ne se
i24'> — L. a. u. s. Inédite. Collection E. Levesque.