Ce qui suit manque aux éditions
129" — I. Cette traduction est sans doute resl»''e manuscrite.
tion sur celle aiïaire découvrira bienlôl les desseins cachés, s'il est vrai qu'il y en ait contre nous. Je suis très persuadé que le Pape est fort disposé à apaiser toutes choses ; mais vous savez, Monsieur, qu'on a envie de l'inquiéter, et que ces gens-là ne sont pas de nos amis. Ainsi il est comme obligé d'agir extérieurement contre son inclination, pour calmer les esprits.
Je ne vous dis rien de l'alFaire de la Chine; on vous en informera mieux par ailleurs : on assure qu'elle est en fort bon état, et que l'on a dressé les articles dans des termes si précis, que les jésuites mêmes, s'ils en étaient les juges, ne pourraient que les condamner.
On a enPm découvert la belle chapelle de Saint-Ignace-: il y paraît tant de richesses qu'elles font peur à nos Romains ; ils la regardent comme une forteresse, d'où la Société menace tout le monde de sa puissance. Pour moi, qui fais plus de réflexions morales que politiques, je la considère comme l'ouvrage et la merveille de l'opinion probable.
Vous savez. Monsieur, la disgrâce du P. Dias', par la défense d'approcher du palais du Pape et de parler à aucun de ses ministres ; vous savez encore avec quelle fierté il y répondit, en prétendant que cette défense ne regardait que l'Empereur, son ambassadeur, le roi d'Espagne, avec le viceroi de Naples, et non lui*. Le Pape lait agir à la cour de Madrid, afin qu'on rappelle ce religieux.
Je vous supplie d'être persuadé qu'on ne peut être avec plus de respect que je suis, votre très humble, etc.
2. Dans le transept gauclie de l'église du Gesù s'élève l'autel de Saint-Ignace, d'une richesse incomparable II est l'œuvre du P. Andréa Pozzo, S. J., architecte et peintre né à Trente en i64a, mort à Vienne en 1709. Voir Francis Wey, Rome, description et souvenirs, 4^ édit., Paris, 1880, in-fol., p. 255.
3. Sur le P. Dias, voir t. VIII, p. 2/^2, 2^4 et 43i ; t. IX, p. 84, 121, i57 et 339.
4. C'est-à-dire que cette défense était un outrage à l'Empereur et à son ambassadeur, au roi d'Espagne et au vice-roi de Naples.
SgS APPENDICE I.
i3o° UAhhé Bossuet au Cardinal de Noailles.
A Saint-Germain, ce 17^ août 1700.
Il n'y a rien à ajouter, Monseigneur, à ce que M. de Meaux se donne l'honneur d'écrire à V. É. Je suis, je l'avoue, dans la plus grande joie que j'aie eue de ma vie, voyant assuré, par ce qu'on vient de faire, tout le bien et tout l'honneur de notre assemblée. Tout a, pour ainsi dire, changé de face ce matin, et dès la première délibération sur l'impression des propositions, tout le monde a paru vouloir conspirer à terminer l'importante affaire de la censure avec honneur pour les évêques qui composent cette assemblée ^ Que V. É. juge par là de l'effet que fera sa présence ; elle gagnera tous les esprits par sa douceur, et sa fermeté donnera du courage aux plus timides. V. É. enfin aura l'honneur de tout; mais ce que je sais qui la touche uniquement, c'est qu'elle fera triompher la vérité. Je suis avec un profond respect et tout le dévouement que je dois. Monseigneur, de V. É. le très humble et très obéissant serviteur.
L'Abbé Bossuet.
i3i° Innocent XII à Louis XIV.
Charissimo in Christo filio nostro Ludovico, Francorum régi christianissimo.
Innocentius Papa XII.
Charissime in Christo Fili noster, salutem. Gum supremum
^3Q — L. a. s. inédite (Bibl. Nationale, fr. aSai^, fo ^a). On sait que, dans l'assemblée du clergé de 1700, le 26 juillet, la relation de l'affaiie des Maximes des saints composée par Bossuet avait été signée des prélats et des députés du second ordre.
i. Sur la censure, et sur l'élection de Noailles à la présidence, voir Ledieu (t. II, p. 90). — Dans une lettre du 16 août au Cardinal, l'arcbevoque de Reims s'exprimait ainsi : « M. l'évèque de Meaux aura sans doute rendu compte à V. E de ce qu'il avait bien voulu se cbarger de lui dire, de ma part, sur le fait de la venue de V. E. en notre assemblée, lorsqu'il sera question de fondre la cloclie pour la censure. Je la supplie d'agréer que |e lui répète que par mille bonnes raisons je me ferai un véritable plaisir de céder ici h V. E. la préséance qui m'y appartient » (Bibl. Nationale, f. fr 23225, p. 167).
i3io — I^e texte de ce bref nous a été conservé par Phelipeaux
LETTRES SUR LE QUIETISME. SgC)
peregrinationis nosirae diem, Deo ita disponente cujus volunlati humilitcr ac llbenter obsequimur, imminere salis inlelligamus*, molosiias quibus pro humana imbecillitate angimur ac grava tnur non paruni auget id quod ad nos Ingravescente vaietudine allatum est, videlicet majestaleni tuam commoto perlurbatoque animo magis in dies esse erga venerabilem Fralrem nostrum Emmanuelem Theodosium cardinalem Biillonium, apostolici GoUegii decanum. Quia vero indesinenter ob oculos nostros versantur gravia incommoda quae inde oriri praesenti rerum statu facile possent, te idcirco, quem eximiœ moderationis laudem merito semper assecutum fuisse novimus, ut regiam eamdem virtutem secutus, prœfatum eodem quo prius apud te loco esse velis, paternis ac extremis vocibus enixe hortamur, cum prœsertim nobis exploratuin sit et pluribus argumentis comprobatuin ipsummet cardinalem non minus laudabilis pro Dei Ecclesia zeii quam singularis in negotiis fidei ac curte ejusdem commissis, sedulitatis et addictae tibi voluntatis dignum spécimen exhibuisse, quod quidem testimonium, de ea re, nostrum tibi gratum probatumque fore conûdimus. Vefum ut animi nostri sensus latius paleant majestati tuae, cosdem nostris verbis explicandos tibi esse duximus per dilectum nostrum filium Ludovicum cardinalem de Noailles, quem ut de ea re disserentem bénigne audias exposcimus. Gaeterum majestatem tuam, erga qua n paratam nos semper gessisse voluntatem perspectum est, postremo complexi, Deum optimum maximum, cujus Ihronum adiré ejus misericordia alfecti speramus, precari non omittimus ut te diu sospitem et felicibus evenlibus, praeclpuc in christianae reipublicœ bonum, cumulatum reddat, et apostolicam eidem benedictionem amantissime imperlimur. Datum Roma? die 2[\ septembris 1700.
(t. II, p. 3o4), qui Ir dit supposé et écrit sans ordre du Pape, à la demande des cardinaux Spada, Albano et Carlo Barberini, sollicités par le cardinal de Bouillon de le réconcilier avec Louis XI\ , en profitant de la maladie du Pape.